« Anne, de Green Gables », Lucy Maud MONTGOMERY

Fin du XIXème siècle, sur l’île du Prince Edward, au Canada.
Marilla et Matthew Cuthbert, frère et sœur d’âge mûr, décident d’adopter un jeune orphelin pour les aider aux travaux de la ferme de Green Gables. Or, au lieu d’un garçon, c’est une fillette qui arrive. Elle s’appelle Anne, avec un « e » (très important à ses yeux !), les noie sous le déluge de ses propos enthousiastes en découvrant son nouvel environnement … avant de s’abîmer dans le plus profond des désespoirs en comprenant qu’elle va devoir les quitter car c’est un garçon qu’ils attendaient.
Mais le taciturne Matthew a d’emblée été charmé par la personnalité hors du commun de notre jeune héroïne et sa sœur va finir par accepter de la garder, à l’essai, avec eux …

Cela fait longtemps que j’avais entendu parler de ce roman, connu sous le titre de « Anne, la maison aux pignons verts » et je savais que c’était un classique de la littérature jeunesse anglophone. Sa parution aux éditions Monsieur Toussaint Louverture, dans une nouvelle traduction et un habillage au top (l’objet livre, relié cartonné et soigné dans les moindres détails, est superbe !), représentait l’occasion idéale pour le découvrir.

Anne s’est avérée un personnage extraordinaire et je ne m’étonne pas qu’elle ait marqué des générations de lecteurs ! Elle fait preuve d’un bel appétit de vivre, alors que la vie ne lui a pas fait de cadeaux. Le roman fait seulement allusion aux années qui ont précédé son arrivée à Green Gables mais on comprend que, dès qu’elle a été en mesure d’en assurer les fonctions, elle n’a été considérée que comme une servante logée et nourrie en échange des très nombreuses tâches domestiques qui lui étaient confiées, en particulier la charge de veiller sur une tripotée d’enfants en bas âge. Dans de telles conditions, il faut une sacrée force de caractère pour conserver un esprit positif et battant. Chez Anne, il se double d’une imagination dont elle joue en permanence comme d’une baguette magique pour enchanter ce qu’elle vit et ce qui l’entoure, parant ainsi les lieux proches (déjà magnifiques, si on en croit les descriptions données) de noms féérico-romantiques.
Anne est aussi dotée d’un franc parler qui pourra lui occasionner quelques soucis, tout comme sa tendance à ne pouvoir réfréner les torrents de mots sous lesquels elle engloutit ses interlocuteurs, mais elle fait partie de ces êtres rayonnants qui ne peuvent laisser leur entourage indifférent. Matthew y est immédiatement sensible et la rude, voire rêche Marilla, en fera l’expérience, qui finira par s’adoucir quelque peu à son contact.

Lucy Maud Montgomery (1874 – 1942) a publié « Anne de Green Gables » en 1908 et c’est le premier s’une série. La suite, « Anne d’Avonlea », devrait paraître en février 2021 aux éditions Monsieur Toussaint Louverture, toujours dans une nouvelle traduction, mais ce premier tome se suffit déjà à lui-même. Les heurs et malheurs du quotidien d’Anne dans ses jeunes années (de onze à dix-sept ans) s’y égrènent au fil de pages pétillantes et lumineuses, où l’amour de la nature le dispute à celui de son prochain (… et des manches bouffantes, car Anne a aussi des préoccupations très terre à terre concernant la coupe de ses vêtements et la grande désolation causée par la couleur rousse de ses cheveux !) : un chouette roman !

« Anne de Green Gables », Lucy Maud MONTGOMERY
Titre original Anne of Green Gables
Traduit de l’anglais (Canada) par Hélène Charrier
Editions Monsieur Toussaint Louverture (382 p)
Paru en octobre 2020

24 commentaires sur “« Anne, de Green Gables », Lucy Maud MONTGOMERY

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    1. J’avais commencé mais me suis arrêtée en route, ayant l’impression que certains thèmes abordés étaient un peu trop modernes pour avoir été évoqués dans le roman (effectivement, il n’en est pas question dans le livre).
      Il y a aussi le physique de la jeune actrice qui, à mon sens, ne colle pas tout à fait. Avant d’avoir lu le roman, j’avais juste l’impression qu’Anne ressemblait à Fifi Brindacier. Après avoir fait sa connaissance à travers les descriptions qu’en fait l’auteure, je constate que, dans le livre, elle n’a pas un physique ingrat : ses vêtements ne la mettent pas à son avantage (c’est le moins qu’on puisse dire), mais elle a un joli visage classique et sa beauté ira en s’affirmant.

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  1. Il me tente beaucoup. Je l’ai dans une ancienne édition, la couverture de celle-ci me fait regretter de ne pas avoir attendu avant de l’acheter. Il y a une série Netflix qui adapte cette histoire.

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  2. Je viens mettre mon petit bémol : enthousiasmée par l’objet-livre (magnifique), je me suis laissée tenter … mais j’ai abandonné … Anne est mignonne mais tout ça est un peu trop cucul pour moi … (pas taper !)

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