« American rigolos – Chroniques d’un grand pays », Bill BRYSON

     Parti jeune homme des Etats-Unis, le journaliste américain Bill Bryson y revient en 1995, soit une vingtaine d’années plus tard , qu’il a passées en Angleterre, où il s’est marié (avec une Anglaise, bien sûr) et a eu des enfants.

   Le choc culturel est de taille ! Et les chroniques hebdomadaires qu’il rédige alors au profit d’un magazine britannique, rassemblées dans ce livre, en témoignent.

   Cela faisait très longtemps que je me promettais de lire un livre de Bill Bryson et pourquoi pas celui-ci, dont je n’avais entendu dire que du bien. J’ai fini par l’acheter au Salon du Livre, en pensant que c’était tout à fait le type d’ouvrage à avoir dans sa table de chevet : une ou deux chroniques le soir avant de s’endormir (moins de risque de ne pas éteindre la lumière qu’en lisant un thriller !), ça mettrait le temps que ça mettrait, mais je n’étais pas pressée puisque je ne l’avais pas emprunté à la bibliothèque.

   Mais, finalement, je l’ai lu très rapidement. Parce que plonger dans ces chroniques, c’est comme attaquer une plaquette de chocolat : on se dit « Juste un carré ! » et puis, c’est tellement bon, qu’on en reprend un autre… Rarement j’aurai autant gloussé de rire qu’en lisant certains passages de ces articles ! Si je devais faire un « best of » (florilège, en français, mais vous me pardonnerez cet anglicisme compte tenu de l’objet de mon propos), j’y glisserais la description de l’élan, celle de l’affrontement ordinateur-bipède qui l’a acheté, la redécouverte exaltée, par l’auteur, de l’abondance de malbouffe dans les supermarchés, qui sont autant de morceaux de bravoure.

  Les thèmes abordés sont nombreux, de la publicité (dans les boîtes aux lettres ou à la télé, dans les deux cas, elle est pléthorique), au gaspillage d’énergie (l’Américain ne connaît pas la marche à pied, même pour les distances les plus réduites), en passant par le nombrilisme (situer un pays étranger relève de l’exploit), le fréquent manque de sens de l’humour, la folie du shopping, les procès à tout va, la liberté de choix par les Etats de leurs programmes éducatifs (qui permet à d’aucuns de mettre en doute la théorie de l’évolution) etc., la liste est trop longue pour que je puisse en dresser ici un aperçu exhaustif.

  Le trait est souvent appuyé mais l’apparente caricature ne fait bien des fois que refléter la seule réalité et, surtout, l’humour est omniprésent. Quant à l’auteur, il ne se ménage nullement, n’hésitant pas à se mettre lui-même en scène et à être, si besoin est, la cible de ses quolibets, non qu’il se reconnaisse dans les défauts des Américains types mais plutôt parce qu’il a les siens propres, en particulier une incroyable maladresse !

  « American rigolos » est un portrait caustique et haut en couleurs d’un pays fascinant mais que l’auteur croque sans complaisance (on notera d’ailleurs qu’il finira par retourner vivre avec sa famille en Grande Bretagne en 2003), tout en reconnaissant que « les gens sont [y] vraiment sympas », en appréciant la beauté de l’environnement (au sujet duquel il s’inquiète) et la quiétude du lieu où il vit, dans le New Hampshire.

Enlevées et férocement drôles, ses chroniques composent une analyse sociologique passionnante (et qui se lit sûrement beaucoup plus facilement qu’une étude de ce genre en bonne et due forme).

   Intelligent et tonique, cet ouvrage est à découvrir sans hésiter pour peu que la question du mode de vie et du caractère des Américains titille votre curiosité !

« American rigolos – Chroniques d’un grand pays« , Bill BRYSON

Petite Bibliothèque Payot (371 p)

Les billets de Manu , Kesalul , Fantasio .

(réédition d’un article paru le 21/03/2009)

8 commentaires sur “« American rigolos – Chroniques d’un grand pays », Bill BRYSON

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  1. (J’en ai parlé aussi, mais dans un billet commun avec un autre livre du même auteur)(que je te conseille, ainsi que celui sur l’Australie)(ne me remercie pas). je vois que tu lui as mis une tarte entière, ça va, je te cause toujours, alors… ^_^

  2. Trop contente que tu me causes toujours 🙂 !
    (blague à part, j’ai l’intention de poursuivre avec cet auteur, en lisant au moins celui qu’il a écrit sur l’Australie : une Australienne rencontrée récemment dans le cadre des « Greeters » m’a dit qu’elle l’avait trouvé excellent !)

  3. J’avais aussi adoré et la lecture de ton billet me rappelle des souvenirs et surtout me fait me rendre compte que beaucoup de choses sont vraies. Moi qui rentre des Etats-Unis, je devrais le relire (et je me suis aperçue que NY n’a rien à voir avec le reste des USA ! )

  4. J’adore cet auteur et son humour 🙂 Je crois bien que j’ai ce titre en VO mais je ne l’ai pas encore lu ! C’est pourtant bien une lecture de vacances, ça 🙂

  5. Rebonjour Brize, cette lecture fut un grand moment de plaisir et j’ai rarement autant ri. Depuis, j’en ai lu deux autres: Nos voisins du dessous et Motel Blues et trois autres m’attendent dans ma PAL. Bon dimanche.

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