Sur mes brizées

Où il est, surtout, question de livres !


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« Room », Emma DONOGHUE

Je m’appelle Jack. J’ai cinq ans (aujourd’hui !) et des journées très occupées dans la Chambre avec Maman. J’ai aussi le droit de regarder Madame Télé, mais pas trop longtemps car maman dit que ça moisit le cerveau. On y voit des tas de gens et de choses qui n’existent pas pour de vrai.
Le soir, je vais me coucher dans Petit Dressing et Maman ferme bien les portes parce que Grand Méchant Nick va venir : il sait que je suis là mais Maman ne veut surtout pas qu’il me voie. J’entends le bip bip de madame la Porte et Grand méchant Nick arrive et apporte les choses qu’on lui a demandées, enfin pas toutes. Maman a une drôle de voix quand elle lui parle, elle a peur de lui, je crois.
Un jour, Grand Méchant Nick donne à Maman des a-mal-gésiques exactement comme ceux dans Madame Télé.
Alors, Maman m’explique, parce que je suis devenu plus grand et que je pose beaucoup de questions, que les choses dans Madame Télé existent en vrai, derrière les murs de la Chambre…

La première partie du livre est consacrée à la description minutieuse des journées dans la Chambre, riches de la multitude de micro-activités que la mère de Jack a su créer. J’ai eu un peu peur que cela s’éternise et que je me lasse, mais ce ne fut pas le cas. Passée cette étape d’exposition, en effet, la situation évolue et avec elle le cadre initial. Si bien que je n’arrivais pas à décoller du livre, captivée par un récit que je vous laisse découvrir, raconté par un gamin attachant et d’une grande vivacité d’esprit, dont l’auteur a su rendre la voix très crédible.
Il offre au lecteur, au-delà du plaisir lié à la tension dramatique de l’histoire elle-même, des tas de pistes d’approche : perception de la réalité (la caverne de Platon n’est pas loin), mensonge et vérité, de l’art d’éduquer (ou l’imagination au pouvoir) , de l’art d’aimer et de transmettre, l’éveil d’une intelligence et du sens critique, la force de la vie malgré tout ; la résilience et l’amour encore, qui permet de dépasser les souffrances et de continuer sa route.

Sur un sujet qui a priori ne m’attirait pas car je lui trouvais un côté glauque et voyeur rédhibitoire, Emma Donoghue a construit un roman passionnant et d’une rare sensibilité.

« Room », Emma DONOGHUE
Editions Stock, collection La Cosmopolite (400 p)
Paru en août 2011

Les avis de Emeraude , Enna, Choco, Joelle, Val-m-les-livres, Zarline, Véronique,  In Cold Blog et Kathel : merci à tous ces blogueurs qui ont fini par me donner envie de lire ce roman (sans eux, j’aurais raté quelque chose).
L’avis d’Aifelle (qui l’a lu à peu près en même temps que moi).


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« La Mascotte », Mark KURZEM

Mark Kurzem, historien australien, raconte dans ce livre l’histoire de son père, telle qu’il l’a découverte alors qu’il était déjà adulte.

Alors qu’il fait ses études à Oxford, il a la surprise, un beau jour, de voir son père arriver sans prévenir d’Australie. Pour tout bagage, il dispose d’une « petite valise marron cabossée ».

« Il [mon père] s’était toujours montré protecteur envers cette mallette – la règle tacite qui prévalait était que personne à part lui n’était autorisé à y poser la main. Il l’emportait partout où il allait, la tenant si serrée sous son bras qu’elle devait s’être greffée à sa cage thoracique.

Elle contenant tout ce que mon père avait ramené d’Europe à la fin de la Seconde Guerre mondiale : des maigres souvenirs de son enfance en Russie et en Lettonie.

Aussi loin que je m’en souvienne, la petite valise avait figuré en bonne place dans notre vie de famille. Même si nous savions qu’elle contenait des photographies, des documents et autres réminiscences de son passé, aucun d’entre nous n’avait jamais été autorisé à regarder à l’intérieur. » Lire la suite


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« Wisconsin », Mary RELINDES ELLIS

En 1967, aux Etats-Unis, dans une ferme du Wisconsin. Bill a 8 ans et joue aux jeux de son âge. Il admire son grand frère James qui, lui, veut échapper à l’emprise d’un père alcoolique et violent, auquel sa femme ne parvient pas suffisamment à s’opposer. James décide donc de s’enrôler comme volontaire pour partir faire la guerre au Vietnam.

Son départ laisse le jeune Bill désemparé, malgré le soutien apporté par le couple voisin des Moriseau.

Quant à James, il découvre la guerre et entame une correspondance avec Bill …

Il est des romans qui vous happent dès la première page, pour ne plus vous lâcher. Pour moi, « Wisconsin » appartient à cette catégorie. J’ai commencé à le lire et sa musique s’est immédiatement insinuée en moi. Lire la suite