Sur mes brizées

Où il est, surtout, question de livres !


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« La maison où je suis mort autrefois », Keigo HIGASHINO

maison où je suis mortUn an après la mort de son père, Sayaka Kurahashi trouve dans ses affaires une étrange clé à tête de lion et un plan. Elle comprend qu’il s’agit du lieu mystérieux où il se rendait occasionnellement, seul et contacte l’homme avec lequel elle vécut naguère pour lui demander de l’accompagner sur place. Sayaka espère y découvrir la raison pour laquelle elle n’a aucun souvenir de son enfance avant l’âge de huit ans …

J’ai fait la connaissance de Keigo Higashino avec « L’équation de plein été », dont je garde un bon souvenir (assez précis, curieusement, alors que tant de livres s’effacent). J’étais donc curieuse de découvrir ce titre, le plus connu de l’auteur je crois. Le roman est court, raison pour laquelle je me suis abstenue de vous délivrer trop d’informations en vous le présentant (il y en a beaucoup plus sur la quatrième de couverture), autant vous laisser le plaisir de la découverte. Il démarre assez lentement, en particulier lors de l’exploration des différentes pièces de la maison, que je commençais à trouver un peu fastidieuse (oui, je ne suis pas très patiente quand je lis un roman noir, j’attends que ça avance plus vite dans ce type de littérature). Mais ma réserve est tombée au fur et à mesure que, comme les deux jeunes gens dans les lieux, je tâchais de rapprocher les indices fournis par la maison pour reconstituer ce qui s’y était joué.

L’atmosphère est pesante et la personnalité perturbée de Sayaka, qui se révèle au fil des pages, finement abordée. « La Maison où je suis mort autrefois » est un (bref) roman sombre à souhait qui méritait bien un détour !

J'ai bien aimé !« La Maison où je suis mort autrefois », Keigo HIGASHINO
Titre original Mukashi hokuga shinda ie (1994)
Traduit du japonais par Yutaka Makino
Editions Actes Sud (254 p)
Paru en 2010


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« L’équation de plein été », Keigo HIGASHINO

équation plein étéKyohei Esaki, jeune garçon de dix ans, est envoyé par ses parents à Hari-Plage, où il doit passer une semaine chez son oncle et sa tante. Dans le train, il rencontre le professeur de physique Yukawa, qui décide finalement de séjourner dans l’auberge de son oncle. Yukawa fait partie des personnes qui doivent se réunir autour du projet d’exploitation minière des fonds marins au large de la station balnéaire, qui se heurte aux opposants locaux, refusant de risquer d’endommager leur patrimoine naturel. Parmi eux, Narumi, la fille des aubergistes.
Le soir de l’arrivée de Yukawa, l’autre client de l’auberge disparaît. Le corps est retrouvé et on croit tout d’abord à un accident, mais l’homme en question est un ancien policier et un de ses amis de Tokyo n’entend pas s’arrêter à cette explication. Il lance deux enquêteurs sur l’affaire, en concurrence avec la police locale. Ceux-ci font, à nouveau, appel à Yukawa …

J’étais curieuse de lire un roman policier japonais et son titre m’intriguait (bon, il n’y a aucune équation à résoudre au sens propre du terme, je me demande ce que dit le titre original, mais il y a effectivement un aspect scientifique dans certaines explications et pas d’inquiétude à avoir, c’est à la portée d’un enfant). Je me figurais que ça risquait d’être très lent (qui a dit que j’avais un a priori parce que c’était japonais ?) et au début, quand l’auteur nous détaille le menu de Kyohei, j’ai pensé que ça allait être le cas. Et puis non ! Ce n’est pas trépidant, mais il se passe des choses. On a d’un côté l’enquête au sens classique menée par les deux policiers tokyoïtes. De l’autre, le fameux Yukawa qui donne un coup de main à Kyohei pour les devoirs qu’il a à faire, expérimentations (à la mode mac Gyver) à l’appui. Yukawa demeurera un outil au service de l’enquête et on ne saura rien de lui, tout au plus percevra-t-on, au travers de sa manière d’agir, l’humanité du personnage. D’autres protagonistes, en revanche, liés au disparu, seront vus d’un peu plus près, mais là aussi ce sont leurs actions qui permettent de les approcher. A noter que, compte tenu du peu d’éléments fournis sur les enquêteurs et Yukawa, qui sont présentés sans aucun arrière-plan les concernant (famille, vie personnelle etc.), on peut sans problème se lancer dans cette lecture sans avoir lu les précédents romans au sein duquel les deux policiers ont déjà eu recours (peut-être aussi à distance, comme c’est le cas ici, et en toute discrétion) au physicien.

J’ai apprécié cette immersion dans une petite station côtière japonaise un peu délaissée au bord d’une mer encore préservée, les gestes quotidiens à l’auberge, le tout sur fond d’investigations policières qui font ressurgir une histoire du passé, avec des conséquences et un dénouement que je n’avais pas vu venir.
Pas mal du tout !

J'ai bien aimé !« L’équation de plein été », Keigo HIGASHINO
Titre original Manatsu no Hoteishiki (2011)
Traduit du japonais par Sophie Refle
Editions Actes Sud – collection actes noirs (365 p)
Paru en mai 2014


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« Kafka sur le rivage », Haruki MURAKAMI

Un jeune homme de 15 ans décide de quitter le domicile où il vit avec son père, chacun ignorant plus ou moins l’autre. Il a préparé sa fugue de longue date, conseillé en cela par « le garçon nommé Corbeau », qui s’adresse régulièrement à lui . Il change de nom et adopte celui de Kafka. Dans la ville où il arrive, il entame pendant quelques jours une vie routinière, consacrée en particulier à la lecture dans une très ancienne bibliothèque. Jusqu’à ce qu’un événement vienne bouleverser cet ordre des choses précaire et lui rappeler la prédiction qui pèse sur sa destinée…

En 1944, dans une province japonaise, un curieux incident s’est déroulé, qui a été classé secret défense. Une dizaine d’enfants, emmenés par leur institutrice en randonnée dans la montagne, se sont en effet évanouis et n’ont repris connaissance (tous, sauf l’un d’eux) que deux heures plus tard. Ils n’auraient apparemment eu aucune séquelle de cet incident.

Nakata, l’enfant qui était resté dans le coma, n’est revenu à lui que deux mois plus tard. Mais tout ce qu’il savait jusque là s’était effacé de son esprit. Et il n’a plus été en mesure d’y imprimer quoi que ce soit, lecture, écriture etc. Il a maintenant une soixantaine d’années, bénéficie d’une pension et arrondit ses fins de mois en retrouvant les chats égarés. Il y parvient sans trop de difficultés, parce qu’il connaît le langage des chats (mais ça, il ne l’a dit à personne).

Un terrible accident va le contraindre à quitter la ville où il coulait des jours paisibles.

Ainsi commence cet étrange roman.

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