« American Gods », Neil GAIMAN

A 31 ans, Ombre sort de prison après y avoir purgé une peine de 3 ans. Sa femme Laura l’attend ainsi qu’un boulot offert par un de ses potes, Ronnie. Mais peu avant sa sortie, il pressent une catastrophe. Et elle arrive, effectivement, avec la mort dans un accident de voiture de sa femme et du pote. De quoi laisser au mystérieux Voyageur, cet homme qui se retrouve comme par hasard sur le chemin d’Ombre, soudain vidé de toute perspective, l’opportunité de l’embaucher comme homme à tout faire, sans toutefois lui préciser la nature de ses projets.
Ombre se retrouve ainsi embarqué dans un long périple au cœur des Etats-Unis, ponctué de curieuses rencontres (à commencer par celle de sa défunte épouse), et se découvre pris au milieu d’un conflit de taille : celui que les dieux anciens, venus d’Europe, mènent contre les modernes, ancrés dans le mode de vie américain …

Je serais bien en peine si je devais résumer ce roman à quiconque ! Il est annoncé comme la lutte des dieux anciens contre les modernes et on s’attend à un combat de type super héros, mais le conflit réel n’éclate qu’à la toute fin, trois ans après le moment où Ombre a été recruté. Quant aux protagonistes, autant les dieux anciens sont présents (mais, bon, si on ne connaît rien dans ce domaine-là, faut se débrouiller avec la mythologie viking et tutti quanti), autant les modernes brillent par la faiblesse de leur (re)présentation, qui m’a semblé par trop allusive.
Malgré tout, et j’en suis la première surprise, le roman se laisse lire. La mise en page très agréable réalisée par les éditions Au Diable Vauvert dans leur version papier de 2018 a largement contribué à faciliter ma lecture (et c’est une adepte de la lecture numérique qui le dit), portée par la sympathie que j’éprouvais pour le personnage d’Ombre. Du coup, j’étais prête à l’accompagner dans ses improbables pérégrinations, lui, l’homme que le destin a rendu fataliste et qui se moque des dangers qu’il va courir, à partir du moment où j’avais suspendu mon incrédulité et décidé de suivre le mouvement.
Dans le quotidien du voyage puis du séjour d’Ombre dans une petite ville isolée, l’étrange fait irruption, avec des situations déroutantes et certaines scènes spectaculaires. Quelques parenthèses narratives émaillent un récit où je ne me suis pas ennuyée : j’en aimais bien l’ambiance et il y avait le minimum de tension nécessaire pour avoir envie de poursuivre en se demandant ce qu’il allait advenir de notre héros malgré lui. Et puis, l’idée de la survie des dieux anciens, forgés autrefois avec tous leurs pouvoirs par les hommes, tombés depuis dans l’oubli et condamnés à subsister comme le commun des mortels à partir du moment où ceux-ci ne se préoccupent plus d’eux, est originale et piquante.

Au final, un bilan en demi-teinte (et un roman que je ne m’amuserais pas à recommander tant il peut, à mon avis, aussi bien vous tomber des mains que vous plaire), mais au moins, dans la mesure où « American Gods », qui a obtenu (c’est pas rien !) les prix Hugo, Locus et Nebula en 2002, semble faire partie des lectures incontournables dans le domaine de l’imaginaire, je peux dire que « ça, c’est fait ! ».

Récapitulatif ici.

« American Gods », Neil GAIMAN
titre original American Gods (2001)
traduit de l’anglais par Michel Pagel (2002)
éditions Au Diable Vauvert – 2018 – 654 pages

12 commentaires sur “« American Gods », Neil GAIMAN

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  1. J’avais commencé à le lire et avais été assez bluffée par l’immersion de l’ambiance ! Je ne sais plus pourquoi je l’avais arrêté… Mais je compte bien le reprendre bientôt ! 🙂 Merci pour ton avis !

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  2. Je n’ai lu que « Neverwhere », de cet auteur, et j’avais beaucoup aimé (il y imagine une sorte de monde parallèle installé dans le métro londonien) et j’hésitais pour celui-là, mes je crois que je vais passer, tes bémols me retiennent. Et le hasard fait que je suis aussi dans un roman SF où il est question de « Voyageurs » (Dreamericana de Fabrice Colin, pas mal du tout, mais il lui manque quelques pages pour en faire un pavé !).

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  3. Moi je l’adore (comme c’est surprenant 😁). J’aime beaucoup sa manière d’imbriquer les petites et les grandes histoires. Ceci dit je pense qu’il est survendu comme conflit entre les dieux alors que ça relève plus du road-movie (enfin road-book… enfin voilà quoi) avec une couche de mythologie.

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  4. Personnellement, j’adore ce livre que je trouve prenant et fascinant, j’adore le voyage proposé, la rencontre avec les dieux anciens, les grandes et petites histoires… Par contre, je n’ai absolument pas adhéré à Anansi Boys qui se déroule dans le même univers, mais avec une tonalité totalement différente !

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