« Cartographie des nuages », David MITCHELL

cartographie des nuagesDéception avec cette Cartographie des nuages, repéré depuis un certain temps maintenant, au point que j’avais zappé son adaptation cinématographique l’année dernière parce que je ne l’avais toujours pas lu. Je n’avais vu que de bons échos à son sujet (en survolant les avis, pour avoir le plaisir de la découverte, si bien que je savais seulement qu’il s’agissait de plusieurs histoires liées, avec un aspect SF) et je me réjouissais de découvrir l’auteur (lui aussi repéré, mais l’apparente densité de ses romans m’avait retenue de franchir le pas).
Bref, me voilà partie toute guillerette dans la première histoire, Journal de la traversée du pacifique d’Adam Ewing, un récit de voyage qui se passe au 19ème siècle, pourquoi pas. Il s’interrompt abruptement pour laisser la place aux Lettres de Zedelghem. Cette fois, on est en 1931 et l’épistolier s’avère un jeune compositeur sans le sou qui veut approcher un compositeur très célèbre et très vieux. Histoire là aussi inachevée et qui me plaît bien. On enchaîne avec Demi-vies, la première enquête de Luisa Rey, pas désagréable mais un petit air d’Erin Brokovich, quand même. Cette histoire-ci a une fin (provisoire ?).

Et là, j’en suis à la page 202, je m’apprête à attaquer (un peu moins guillerette, il faut l’avouer) la quatrième histoire et je fais le point (= j’ouvre un fichier word pour noter mes impressions à chaud). J’ai l’impression de lire une suite de nouvelles. Même si je perçois un lien entre les histoires, il est décidément trop ténu et je ne discerne pour l’instant aucun dessin/dessein d’ensemble. Certes, les histoires sont intéressantes (ce ne sera pas le cas de la suivante, L’épouvantable calvaire de Timothy Cavendish, qui m’a saoulée, dans le genre calvaire elle portait bien son nom), mais il faut à chaque fois se replonger dans un nouveau contexte (comme dans un recueil de nouvelles, or je n’étais pas partie pour lire un recueil de nouvelles). Mais, bon, j’ai lu trop d’avis positifs pour m’arrêter en chemin et puis c’est un challenge, alors j’irai jusqu’au bout (en plus, j’ai acheté le bouquin, en poche certes, mais il ne sera pas dit que je l’ai acheté pour rien !).

La quatrième histoire achevée (enfin, pas vraiment, du coup je suis allée regarder la table des matières tout à la fin pour me rassurer sur la suite des événements), on passe à L’oraison de Sonmi~451, de la SF, tant mieux, suivie de La croisée d’Sloosha pis tout c’qu’a suivi, SF post-apocalyptique avec érosion du langage qui rend le texte pénible à lire. Ensuite, on redescend l’escalier des histoires que j’ai citées, dans l’autre sens et cette fois elles trouvent une fin.

Bilan (après 714 pages) ?
Je comprends parfaitement l’engouement suscité par cette Cartographie des nuages, auquel je reconnais sans conteste moult qualités. Chaque histoire a son propre style, ce qui permet à l’auteur de nous montrer à quel point il est à l’aise dans différents registres. Le lecteur s’implique dans sa lecture pour ne rien rater des indices qui lui sont fournis et lui permettent, au fur et à mesure, d’apercevoir ce fameux dessein d’ensemble qui ne saute pas d’emblée aux yeux (ce serait moins ludique). Bref, j’ai apprécié le talent littéraire et l’habileté dont l’auteur fait preuve.
Je suis en revanche plus réservée quant au fond puisque quasiment aucune des histoires ne m’a vraiment emballée, je crois que je ne les ai pas trouvées particulièrement originales (même si l’architecture du roman l’est, originale). Je ne me suis pas ennuyée non plus, je n’irais pas jusque-là, mais ce fut sans plus et la thématique qui sous-tend l’ensemble était trop tirée par les cheveux pour me séduire.

Il semble, d’après le seul avis négatif que j’ai pu lire sur internet au sujet du roman (ici) et dans lequel je retrouve beaucoup de mes propres réticences, que le film soit construit différemment, en croisant en permanence les fils des récits qui, dans le livre, se succèdent.

J'ai aimé un peu« Cartographie des nuages », David MITCHELLpavé 2015-petit Mle 180
Titre original Cloud Atlas (2004)
Traduit de l’anglais par Manuel Berri
Paru en 2007 aux éditions de l’Olivier
et en 2013 dans la collection Points (714 p)

Des tas d’avis positifs sur Babelio.

18 commentaires sur “« Cartographie des nuages », David MITCHELL

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  1. je trouve que ton analyse est fort pertinente et je reconnais bien mes impressions quand je veux m’accrocher à un roman conseillé par des blogs que j’apprécie. Je suis presque certaine que je penserai comme toi alors je laisse passer ce pavé…..

    1. Je n’ai rien à redire aux critiques que j’avais lues au sujet de ce roman, mais on va dire que je n’ai pas adhéré plus que ça à l’ensemble et là, il n’y a qu’en essayant qu’on peut savoir. En tout cas, si tu ne l’avais pas déjà repéré, tu fais bien de passer ton chemin, tant d’autres t’attendent 🙂 !

  2. C’est vrai que j’ai un peu souffert avec le récit de Timothy… parce qu’il faut prendre son temps pour lire et comprendre ce qu’on lit. J’ai fait le lien entre toutes les histoires, mais j’ai l’impression que j’ai été longue à la détente (mais après, c’était pour moi, assez jouissif). L’adaptation est un peu comme un mise en bouche : il donne une bonne idée de la tonalité cinématographique au lecteur (qui du coup, comprend tout ce qui se passe) mais peut frustrer un peu le spectateur n’ayant pas lu le livre ; qui se demande où il va et s’il y a vraiment une fin.

  3. J’ai envie de voir le film (je l’ai chez moi) mais j’attendais de lire le livre mais maintenant avec ton billet, je pense pouvoir aller direct au film.

    Pauvre Keisha !! 😉

    1. Rassure-toi, si ça ne se laissait pas lire, j’aurais laissé tomber en chemin. Mais il m’arrive (rarement, c’est vrai !) de mettre un point d’honneur à achever une lecture que je m’étais promis de faire (et aussi de m’assurer que je n’ai pas raté quelque chose en n’allant pas au bout).

  4. Je comprends tes réserves … Et comme toi, l’histoire de Cavendish m’a déplu ! Mais j’en garde un excellent souvenir … et je m’attache souvent aux « pavés » malgré leurs imperfections (j’y passe tellement de temps 🙂 ) Le film m’a moins plu …

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