« La dynastie des Weber », Geneviève SENGER

dynastie WeberAlsace, 1870.
La jeune Louise Heim s’apprête à épouser Lazare Weber, l’ex-fiancé de sa sœur Lucile, qui s’est enfuie en Louisiane avec un homme dont elle est tombée éperdument amoureuse. Elle n’a pas le choix et doit accepter ce mariage de raison auquel son père la contraint. Sans héritier mâle, il a en effet à cœur de transmettre sa manufacture de tissage à un homme que sa qualité de polytechnicien rend apte à diriger.

Ainsi s’ouvre ce roman qui nous conte la saga de la dynastie Weber jusque dans les années 60, famille dont les membres connaîtront les guerres et les exils, car leur histoire est intimement liée à l’Histoire de ces décennies …

Gros roman qui se lit sans peine, « La dynastie des Weber », à partir de ce traumatisme fondateur (Louise ne pardonne pas à Lucile de l’avoir abandonnée et condamnée à une union que ni elle ni son mari n’ont souhaitée), déroule le fil des vies des membres de la famille et de quelques proches. De fil, il sera toujours question, puisque Lazare, hanté par l’image de la blonde chevelure de Lucile, s’est mis en tête d’arriver à créer un fil aussi doré que résistant, Graal qu’il poursuivra durant toute son existence. Mais il sera aussi question d’hommes et de femmes en proie à leurs tourments personnels, chacun mû par ses propres passions, pas toujours compatibles avec les conventions ou les nécessités de l’époque (à ce titre, Lucile représente une personnalité hors du commun, qui a misé sa vie entière sur un coup de tête).

En s’attachant aux pas des personnages, au long de chapitres rythmés et qui n’hésitent pas à franchir allègrement, de l’un à l’autre, quelques années, le roman s’inscrit résolument dans les périodes qu’il traverse. On tourne ainsi les pages de l’histoire de l’Alsace, ballottée entre la France à l’Allemagne, en même temps que celle des mouvements ouvriers, puisque les manufactures de tissage de la famille Weber sont au centre du récit.

J’ai lu ce pavé, qui est aussi une déclaration d’amour à cette belle région qu’est l’Alsace, avec autant de plaisir que j’en aurais eu à regarder une bonne série télévisée, m’intéressant aux héros successifs et aux personnages secondaires en appréciant le talent de conteuse de l’auteur (dont les récits n’ont rien de prévisible) et sa capacité à mêler intelligemment distraction et culture.

J'ai bien aimé !« La dynastie des Weber », Geneviève SENGERdernier pavé, lu fin août/début septembre
Editions Calmann-Lévy (816 p)
Paru en mai 2015
Lu en numérique via NetGalley

Repéré chez Sandrine et Martine

6 commentaires sur “« La dynastie des Weber », Geneviève SENGER

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  1. C’est un livre que j’ai dû lire, et avant de l’ouvrir je pensais bien qu’il n’était pas dans mes cordes. Et j’ai été finalement agréablement surprise, les 800 pages se mangent avec plaisir, c’est une saga qui se tient, la consistance historique est efficace sans être étouffante.

    1. Je ne savais pas que tu avais dû le lire, je comprends mieux maintenant comment cette lecture inhabituelle chez toi s’est retrouvée sur ton blog 🙂 !

  2. Je ne connaissais pas du tout et sans ton billet, je n’y aurais probablement pas fait attention mais pourquoi pas. Un saga familiale, ça passe bien de temps en temps et avec le contexte de l’Alsace, ça peut effectivement être intéressant.

  3. Je vois à peu près quel genre de livre ça donne et je n’ai rien contre de temps en temps. J’en lisais beaucoup quand j’étais jeune, j’adorais les sagas familiales.

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