« Le bestiaire fantastique de Mme Freedman », Kathleen FOUNDS

bestiaireMme Freedman est une jeune professeur de lettres capable de donner à ses élèves le devoir suivant :
Écrivez une histoire d’une page dans laquelle votre créature fantastique préférée résout le plus grand problème sociopolitique de notre époque.
Mais lesdits élèves ne sont pas toujours faciles à gérer ! Mme Freedman a craqué et elle est maintenant internée à Passerelles. Établissement psychiatrique innovant, Passerelles pratique à l’égard de ses patients-hôtes une forme d’économie basée sur les Points Bien-être : on en obtient en participant « à des activités engendrant l’optimisation émotionnelle » (aquagym, journal intime thérapeutique etc.), on en perd en cas d’attitude négative (larmes, agressivité …) et c’est avec ces points qu’on achète entre autres le droit de recevoir des lettres ou des visites.
Janice Aurelia Gibbs, qui fut l’élève de Mme Freedman, s’inquiète du sort de son professeur et lui écrit. Mais l’échange épistolaire sera brutalement interrompu, car celui que Mme Freedman  surnomme Docteur Ben Laden décide de sanctionner son comportement en la privant de son courrier …

« Le bestiaire fantastique de Mme Freedman » s’ouvre sur les histoires rédigées par ses élèves dans le cadre du devoir évoqué ci-dessus et le roman se place d’emblée sous le signe de l’originalité, de l’inventivité et de l’humour (souvent grinçant). La suite, alerte, est un patchwork mêlant les courriers des divers protagonistes, les extraits du journal de Mme Freedman ou de courts textes de fiction des uns et des autres. On y suit tout autant la vie de Janice que celle de Mme Freedman, le présent croisant un temps les retours en arrière.

Si j’ai globalement été séduite par ce roman tonique et foisonnant, à la structure hors du commun, certains de ses aspects ont un peu bridé mon engouement.
Parmi les textes présentés, la plupart m’ont plu mais quelques uns, malgré leur humour décalé à mon goût, ont fini par m’ennuyer, sans compter que leur hétérogénéité les liait parfois au récit de manière un peu trop artificielle.
Je m’attendais à ce que le roman se focalise sur Mme Freedman et, tout compte fait, Janice y occupe une place équivalente. Ceci dit, le parcours de l’adolescente puis de la jeune fille ne manque pas non plus d’intérêt, tout comme celui de Cody Splunk, écrivain en herbe à jamais amoureux d’elle, autre personnage important du récit.
Pour revenir à Mme Freedman, je l’ai présentée comme une jeune femme mais, en réalité, je n’ai saisi que tardivement quel était son âge, l’indication fournie à ce sujet m’ayant échappé (j’ai mal saisi la chronologie), ce qui a nui à ma perception de l’histoire (je m’étais imaginé qu’il s’agissait d’un professeur d’une quarantaine d’années). Par ailleurs, il y a dans l’évolution psychologique de Mme Freedman un virage important (que je ne peux pas évoquer sans spoiler) qui m’a gênée car je ne le trouve pas cohérent par rapport à ce qu’on nous avait exposé du personnage. Enfin, l’histoire de Mme Freedman proprement dite, dont la tonalité s’avère de plus en plus sombre, aboutit à un dénouement trop ambigu pour que je sois sûre de l’avoir compris (et ce n’est pas faute d’avoir relu les dernières pages).

Malgré ces réserves, « Le bestiaire fantastique de Mme Freedman » est un roman (dont j’adore la couverture) que j’ai eu plaisir à lire car j’en ai apprécié l’originalité, le piquant et l’écriture protéiforme (le style variant en fonction des types d’écrits et des rédacteurs).

J'ai bien aimé « Le bestiaire fantastique de Mme Freedmann », Kathleen FOUNDS
titre original When Mystical Creatures attack ! (2014)
traduit de l’anglais (États-Unis) par Caroline Bouet
éditions Plon (304 p)
paru en mai 2016
lu en numérique via NetGalley

Les avis (enthousiastes) de Cathulu et Cuné (qui rapproche le livre de « Bernadette a disparu », mais personnellement je ne trouve pas les romans comparables, sans compter que j’ai préféré celui de Maria Semple)

7 commentaires sur “« Le bestiaire fantastique de Mme Freedman », Kathleen FOUNDS

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    1. J’ai vu, dans les commentaires, que ce rapprochement avait son importance pour les lecteurs de « Bernadette a disparu », raison pour laquelle je me suis permis de souligner que je ne l’aurais pas fait.
      J’espère que tu auras la possibilité de lire le roman en bibliothèque, pour te faire ta propre opinion et parce qu’il est suffisamment original pour qu’on s’y intéresse.

    1. Oui, j’ai vu (dans les commentaires chez Cuné, je crois) que tu l’avais abandonné en cours de route, ce que je comprends car c’est un roman particulier, donc ça peut ne pas passer.

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