« Dans la gueule de l’ours », James A. McLAUGHLIN

Depuis six mois, Rice Moore est le gardien et responsable scientifique d’une réserve naturelle et privée de 7000 arpents, à Turk Mountain, en Virginie. C’est à dessein qu’il a choisi ce poste isolé, en espérant que ceux qui sont à sa recherche ne seront pas en mesure de l’y retrouver.
Mais l’irruption d’un visiteur inopiné, un ramasseur de champignons aux allures de vagabond, qui n’a rien à faire sur la réserve, va l’obliger à sortir de sa tanière. L’homme le conduit en effet auprès d’une carcasse d’ours et lui assure en avoir vu plus d’une douzaine d’autres, toutes privées de l’extrémité de leurs pattes avant et de leur vésicule biliaire. Rice découvre ainsi l’existence d’un trafic illégal lié à une demande asiatique et décide d’y mettre un terme. Mais il ne mesure pas les difficultés et l’hostilité qu’il va rencontrer en tentant de s’opposer aux rudes chasseurs et braconniers du coin, qui n’ont jamais accepté l’existence de la réserve …

Ambiance nature et rednecks pas commodes garantie, avec ce polar qui a remporté en 2020 le Grand Prix de littérature policière et que j’ai eu grand plaisir à audiolire.
Le comédien Guillaume Orsat prête au livre sa voix de conteur, grave et agréable, modulée pour s’adapter, lors des dialogues, au ton des divers interlocuteurs. Je ne suis pas bien accoutumée à la lecture audio et je crains toujours de perdre le fil en laissant mon esprit s’évader, bercé par la voix qu’il finit par entendre au lieu d’écouter. Ici, ça ne pouvait pas être le cas car la lecture était captivante : les notations descriptives, sans être trop abondantes (au point de lasser le lecteur qui attend la suite de son récit), permettent de se sentir sur place, dans cette réserve dont on perçoit les frémissements et respirations, les aspérités et rugosités aussi, on vit à son écoute, à l’image de Rice, au point que celui-ci, d’ailleurs, finit par moments par être emportée par elle, comme dans des espèces de transes chamaniques.
Rice sera rejoint par Sarah, la précédente gardienne du domaine, qui a dû quitter son poste dans des circonstances dramatiques. Tous deux se livreront à une incursion dans un endroit préservé et normalement interdit, au sein de la réserve, en prenant des risques tels que le lecteur ne pourra que frémir en écoutant le récit de leur progression.
Ce ne sera pas l’unique moment d’inquiétude, dans ce roman sous tension où, régulièrement, un bref retour en arrière nous permet de comprendre dans quel guêpier s’était fourré Rice pour finir ensuite en prison (on a eu un aperçu de son séjour, assez trash, dans le prologue).

« Dans la gueule de l’ours » est un roman policier réussi à tous points de vue : écriture de qualité, récit rythmé, personnages dignes d’intérêt et intrigue sortant de l’ordinaire dans un cadre naturel remarquable. Une belle découverte !

« Dans la gueule de l’ours », James A. McLAUGHLIN
titre original Bearskin (2018)
traduit de l’anglais par Brice Matthieussent
éditeur d’origine : éditions Rue de l’échiquier (437 p – 2020)
AUDIOLIB – 11H07 – paru en août 2022
lu par Guillaume Orsat

16 commentaires sur “« Dans la gueule de l’ours », James A. McLAUGHLIN

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  1. J’audiolis aussi (que ce néologisme est pratique !) car j’utilise beaucoup mes mains (jardinage, bricolage) et que mon esprit est alors libre. J’écoute des livres libres de droit dégotés sur le net et lus par de brillants amateurs : jamais été déçue, et ça me permets de « lire » des classiques. Quand on voit la durée annoncée parfois, 10 heures, 15 heures (67 heures pour « Les Misérables » !), on se dit que ça va être long, qu’on n’a pas tout ce temps… mais je crois qu’on ne mesure pas le temps qu’on passe à lire…

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    1. Tu as raison, on ne se rend pas compte, mais on y passe des heures et des heures 😀!
      Je regardais justement l’autre jour ce qui existait en livres lus par des amateurs, et je me demandais ce que ça donnait au niveau de la qualité. Sinon, je peux emprunter en médiathèque, mais il faut passer par le support CD et je n’ai plus de lecteur CD sur mon ordi ; qui plus est, même quand j’en avais un, la seule fois où j’avais essayé j’avais trouvé ça laborieux au niveau de la manipulation des fichiers puis du suivi de leur écoute.

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      1. C’est comme d’emprunter un livre électronique à la bibliothèque : il faut avoir la foi, accepter d’y passer un très certain temps et télécharger des logiciels qu’il faut… il est bien plus simple de voler un livre électronique sur Internet et tant que ça sera comme ça, le piratage aura de beaux jours devant lui.

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        1. Inutile de mettre tout le monde dans le même sac, Sandrine, je ne suis pas incapable de me débrouiller avec des logiciels (la prochaine fois, j’éviterai toute discussion, ça m’épargnera ce genre de remarque ! ) !

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  2. j’ai essayé une fois l’audiolecture, et je n’avais pas accroché (pourtant c’était Les liaisons dangereuses, que j’ai ensuite lu et que j’ai adoré), même si j’aime beaucoup écouter des fictions radiophoniques (il y en a vraiment des supers!). Alors ,je ne sais pas trop pour la version audio, mais je note en tout cas le titre…

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  3. L’audiolire, je n’ai pas encore franchi le cap, pour le moment, je ne suis pas intéressée (il suffirait peut-être de l’essayer pour l’adopter 🙂 ).

    Ce roman, je l’avais lu en grande édition et j’avais adoré ! Les ambiances étaient… très Amérique profonde, qui adore la chasse et les armes. Un très bon roman 🙂

    Aimé par 1 personne

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