« Premier sang », Amélie NOTHOMB

Stanleyville, ex-Congo belge – entre août et novembre 1964.
Patrick Nothomb, vingt-huit ans, consul de Belgique dans le Congo qui vient de conquérir son indépendance, fait partie des otages retenus par les rebelles marxistes au Palace Hôtel depuis le mois d’août. Malgré son art consommé des palabres, il n’a pas pu éviter l’exécution aléatoire de quelques-uns parmi eux. Et maintenant, c’est à son tour de se retrouver face au peloton d’exécution.
Alors qu’il respire à pleins poumons, vivant ce qu’il pense être les derniers instants de son existence, Patrick revoit des images de son enfance…

« Le » Nothomb de cette rentrée littéraire (Amélie est une auteure prolifique qui produit bien davantage que ce qu’elle fait paraître chaque année, je l’apprécie, bien que n’ayant lu qu’une petite partie de ses œuvres, tant pour la qualité de ses écrits que pour sa spontanéité) fait partie de ses romans au contenu autobiographique, même si dans le cas de « Premier sang » le narrateur, s’exprimant à la première personne, est son père, mort depuis peu et auquel elle a voulu rendre hommage.
« Premier sang », titre se référant au fait que Patrick s’évanouit à la vue du sang, revient sur un épisode marquant de la vie de son père (au sujet duquel on découvre d’ailleurs à la fin du roman qu’il a écrit un livre), mais il  n’est finalement que peu évoqué, pas assez en tout cas pour assombrir la tonalité du texte, c’est surtout un tremplin pour partir vers une exploration des terres de l’enfance puis de la jeunesse.

J’étais curieuse de lire ce roman, touchée par le fait qu’Amélie Nothomb écrivait sur son père. Les avis unanimement positifs (c’est rare !), pour ne pas dire enthousiastes, des critiques du « Masque et la Plume », m’avaient donné à penser qu’il y avait du coup de cœur dans l’air, mais non, pas d’emballement extatique de mon côté. Cela ne m’a pas empêchée de bien aimer ce (très) court roman (90 pages dans sa version numérique), texte coloré et plein d’allant, parcourant les souvenirs en demi-teinte (sa mère, jeune veuve portant à jamais le deuil de son mari) ou lumineux que Patrick, gamin puis adolescent attachant, a de son enfance, en particulier des séjours destinés à l’endurcir chez la farouche « tribu » des enfants Nothomb, dans les Ardennes belges, au sein d’un vieux château où le grand-père, poète affable, est aussi l’ogre glouton qui ne laisse que des croûtons aux plus jeunes.

« Premier sang », souvent pétillant, parsemé d’amusantes anecdotes, se lit tout seul et avec bonheur. La prise d’otages, dont neuf otages sur dix réchappèrent, n’y est qu’effleurée, surtout sous l’angle des palabres, Patrick s’avérant le « nouveau Shéhérazade » apte à distraire les ravisseurs pour les écarter du « démon de la gâchette ».
Un joli petit plaisir de lecture, affectueux témoignage d’amour d’une fille à son père.

« Premier sang », Amélie NOTHOMB
éditions Albin Michel (180 p)
paru en août 2021
lu en numérique grâce au Prêt Numérique en Bibliothèque (PNB)

9 commentaires sur “« Premier sang », Amélie NOTHOMB

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    1. Celui-ci te plaira, je n’ai aucun doute là-dessus, même s’il est faussement autobiographique puisqu’il s’agit de la vie de son père et non de la sienne.

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