« Petites chroniques d’une maison d’hôtes », Véronique CAMBIER

Véronique Cambier, je la connais en tant que blogueuse littéraire (La Pyrénéenne, sur Les livres de l’Arrajou). Je sais qu’elle tient avec son mari une maison d’hôtes et j’avais déjà pu me rendre compte, au travers de quelques-uns de ses partages sur facebook, que ce n’était pas toujours une partie de plaisir. J’en ai eu la confirmation en me plongeant dans le livre qu’elle vient juste de publier.

Après un début qui décoiffe, où l’on constatera que l’on peut être dans la merde quel que soit le boulot, ces « Petites chroniques » déclinent avec verve et humour les heurs et malheurs de qui tient une maison d’hôtes, pour le cas présent dans les Pyrénées et depuis 12 ans (la durée critique ? se demande l’auteur, qui s’interroge sur l’avenir d’une entreprise dont elle rappelle en quelques chapitres la genèse). Ménage, lessives et repassage sont les incontournables corvées liées au job : on s’en serait doutés mais le livre met les points sur les i et calmera les rêveurs qui auraient une vision romanesque de la chose (genre : « J’ai des chambres libres, si j’ouvrais une maison d’hôtes ? ça sera cool, tous ces contacts humains. »). Il y a aussi la cuisine (pour le petit-déjeuner et éventuellement la table d’hôtes), autre tâche pas non plus facile à gérer.
Et puis, bien sûr, il y a les hôtes ! Eh oui, sans eux, pas de maison d’hôtes, mais si seulement ils pouvaient se décliner à partir d’un modèle unique, courtois et respectueux de ceux qui les hébergent et des lieux qu’ils habitent provisoirement. La collection d’anecdotes rapportées par l’auteur (je vous laisse le plaisir de les découvrir !) vous prouvera que tel n’est pas le cas, on voit de tout même à la montagne (que je croyais, en toute naïveté, fréquentée par des vacanciers forcément sains et sportifs). A côté de ces spécimens plus ou moins indélicats (pour certains, l’adjectif est un euphémisme et le dernier cas évoqué craint), il y a heureusement les autres, avec lesquels on vit parfois des petits moments d’exception : visiteurs venus de partout, ils invitent au voyage et d’aucuns deviendront des amis. 

Enlevées et piquantes, voire caustiques, ces chroniques d’un quotidien plus ou moins ordinaire offrent une bonne vue d’ensemble d’un métier exigeant, où l’on (se) donne beaucoup et où l’on reçoit aussi, en fonction des hôtes.
A la fin du livre, vous saurez tout sur l’envers (et parfois l’enfer) du décor, vous disposerez des éléments nécessaires pour confirmer (ou pas) votre éventuelle envie d’ouvrir une maison d’hôtes … ou pour déterminer si, oui ou non, vous êtes l’hôte idéal !

Extrait :

Tenir une maison d’hôtes ce n’est pas qu’accueillir, loin de là…
Il faut être carrément multicartes comme on disait autrefois des VRP, une remarque qui ne me rajeunit pas, tiens, en passant…
Une femme de ménage irréprochable, une lavandière (comme me surnomme parfois Hervé) scrupuleuse, une repasseuse confirmée, une sportive accomplie (trois étages, oui la maison est grande, à monter et descendre à longueur de journée, ça fait les mollets) une standardiste professionnelle, une bonne petite secrétaire (il y a des contrats de location à envoyer, des papiers à gérer, des factures à établir) une gestionnaire de planning efficace (attention aux doublons sur les différents sites de réservation) une comptable mais aussi une boulangère, pâtissière, confiturière, cuisinière (pouce : en cas de tables d’hôtes c’est mon mari le chef) une serveuse et encore une guide touristique, une conseillère sur les sujets les plus divers, une spécialiste de la vallée, une animatrice, une oreille attentive voire une psychologue… voilà, c’est TOUT ça qu’il faut être à la fois !

« Petites chroniques d’une maison d’hôtes (j’ai tenu une maison d’hôtes 12 ans et j’ai survécu) », Véronique CAMBIER
éditions Librinova (157 p)
paru en janvier 2018

L’avis de Kathel et celui d’Alex-mot-à-mots .

26 commentaires sur “« Petites chroniques d’une maison d’hôtes », Véronique CAMBIER

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  1. Il m’attend ! je me souviens moi aussi d’histoires pas piquées des hannetons racontées sur FB. Je fréquente les chambres d’hôtes, j’espère ne pas me retrouver dans la catégorie la plus épouvantable .. ,-à

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  2. J’imagine très facilement les difficultés de ce métier. Pour moi il mélange deux genres difficilement compatibles. Celui public d’hôtelier et privé dune relation plus ou moins amicale.

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    1. C’est vrai que c’est particulier : on reçoit chez soi mais beaucoup ne font pas la différence avec un hôtel, alors que l’esprit est différent même si les prestations semblent similaires.

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  3. Merci Brize pour cette chronique dont je sais que tu l’as voulue le plus juste possible ! Beau doublé et belle surprise avec l’avis de Kathel, publié ce matin aussi 🙂 Comme à elle , je te demanderais d’avoir la gentillesse de laisser un avis sur le site marchand sur lequel tu as acheté le livre (et de me dire lequel) c’est important pour moi, pour lui donner de la visibilté…Merci encore !

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    1. De rien, Véronique :).
      J’ai acheté mon exemplaire (numérique) sur le site de la librairie Dialogues, où je viens de déposer ma chronique.
      Je souhaite tout le succès qu’elles méritent à tes Petites Chroniques, témoignage tonique et sans langue de bois qui devrait en intéresser plus d’un.

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    1. Choisir l’hébergement en chambre d’hôtes est une démarche spécifique : on ne va pas à l’hôtel mais chez des gens comme toi et moi, donc normalement c’est qu’on attend et qu’on est prêt à donner autre chose qu’un sourire poli à l’arrivée et au départ. Enfin, en théorie !

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  4. Je viens juste de découvrir que vous avez écrit un livre, je vais me précipiter pour l’acheter et le lire.. Un de mes rêves étaient (je dis bien était) de tenir des chambres d’hôtes. Rien qu’en lisant l’extrait ci-dessus, je me rends compte que ce n’est pas pour moi, je n’aime pas la lessive et le repassage. Naïvement, je me voyais accueillir les personnes, leur préparer un thé, papoter, agrémenter leur chambre d’un joli bouquet de fleurs fraîches… le monde des bisounours en quelque sorte.
    De toute façon, sans maison, sans suffisamment d’argent pour en acheter une (je ne suis pas malheureuse pour autant) je passe au rêve suivant : équiper un véhicule pour sillonner les routes de France et d’ailleurs quand mon chéri sera à la retraite.

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