Sur mes brizées

Où il est, surtout, question de livres !


23 Commentaires

Livres (aussi) lus en 2016 (2ème semestre) : pour mémoire

Le temps passe et, visiblement, il y a un certain nombre de livres lus au cours du deuxième semestre 2016 que je ne chroniquerai pas sur ce blog.
Comme je souhaite néanmoins garder la trace de ces lectures (mon blog me servant d’aide-mémoire), voici la liste de ces ouvrages, avec juste quelques annotations les concernant. J’ai indiqué pour chacun d’eux la date de parution (entre parenthèses) et essayé de les mettre dans l’ordre dans lequel je les ai lus.

quinze-premieres-vies-dharry-august_2841« Les quinze premières vies d’Harry August », Claire NORTH (2014)
Une uchronie personnelle (mais pas que) repérée grâce au Guide de l’uchronie. Vraiment beaucoup aimé.

« Plaguers », Jeanne-A DESBATS (2010)
De l’auteur, j’avais lu « La vieille Anglaise et le continent », un coup de cœur.
Ce titre-ci ne m’a pas autant emballée. Qui plus est, bien qu’il ne soit pas paru dans une collection spécifique Young Adult, pour moi il relève de cette catégorie (ce qui ne me gêne pas forcément, mais là, si). J’ai trouvé que le postulat de base (des jeunes gens exerçant un pouvoir, plus ou moins contrôlé, sur l’un ou de l’autre des quatre éléments, dans une terre qui se meurt) relevait davantage du fantastique que de la SF et j’ai eu du mal à croire à l’histoire, même si son aspect merveilleux est séduisant.

« L’incandescente », Claudie HUNZINGER (2016)
De l’auteur, j’avais adoré « La langue des oiseaux ».
La magie n’a pas opéré avec ce roman-ci, les tourments de l’héroïne et sa manière d’appréhender la vie ne me parlaient guère. J’étais davantage intéressée par la figure, évoquée seulement en filigrane, de son amie (la mère de Claudie Hunzinger).

« La terre bleue de nos souvenirs », Alastair REYNOLDS (2015)
Premier tome des « Enfants de Poséidon ». Space opera lu sans déplaisir, avec certaines choses qui m’ont beaucoup plu. Mais la narration a une structure en mode de quête façon jeu vidéo (d’un indice à l’autre) qui m’a gênée car je l’ai trouvée artificielle.
Je ne me suis pas laissée tenter par la suite, parue en 2016.

defaite-des-maitres-et-possesseurs« Défaite des maîtres et possesseurs », Vincent MESSAGE (2016)
Tellement difficile d’en parler sans trop en dire que j’ai fini par y renoncer (pour une fois que j’avais une bonne excuse !) !
Un conte philosophique (c’est ainsi que le qualifie l’auteur) dont l’écriture autant que le propos m’ont captivée. Je ne saurais trop vous en recommander la lecture

« Sommes-nous trop bêtes pour comprendre l’intelligence des animaux », Frans de WAAL (2016)
Un essai intéressant repéré grâce à l’émission La tête au carré sur France Inter, à laquelle l’auteur était invité. Bon point de situation sur la question de l’intelligence animale.

« Le Nexus du docteur Erdmann », Nancy KRESS (2016)
Premier livre que je lis de la nouvelle collection des éditions Le Bélial, Une Heure Lumière (livres au format court de type novella) et ce ne sera pas le dernier –
Un ancien professeur de physique, maintenant en maison de retraite, ressent un beau jour une soudaine douleur au cerveau … et d’autres pensionnaires à leur tour vont être affectés. Plaisant et bien mené, même si le dénouement ne m’a pas plus convaincue que cela. Ce qui ne m’empêchera pas de lire, de cet auteur que je découvrais ici, « L’une rêve et l’autre pas », repéré depuis un moment.

« Le tropique des serpents », Marie BRENNAN (2016)
Deuxième tome des Mémoires de Lady Trent (j’ai chroniqué le premier ici). Toujours aussi agréable à lire mais Apophis avait raison, la recette reste un peu trop la même, donc pas sûr que je me laisse tenter par la suite.

« Une porte sur l’été », Robert HEINLEIN (1957)
Premier livre de Robert Heinlein que je lis. Une histoire menée tambour battant, avec un inventeur génial (mais pas très malin par ailleurs), entouré d’une belle et d’un ami pas trop fiables et qui va chercher à oublier ses déboires en se faisant cryogénéiser pour faire un bond dans le futur … Récit très plaisant (dans le genre lecture détente) et dont la construction est top !

« De chant et d’amour », Virginie THARAUD (2016)
Récit romanesque évoquant l’histoire d’Adélaïde de Beaumesnil et qui permet de découvrir le milieu de l’opéra parisien autour de 1766. Des choses très intéressantes mais j’ai eu l’impression que l’auteur se laissait déborder par la masse d’informations qu’elle détenait sur le sujet (spécialiste universitaire), ce qui nuit un peu à l’ensemble.

« Existence », David BRIN (2016)
De l’auteur, j’avais déjà lu et bien aimé « Jusqu’au cœur du soleil » et je savais qu’ « Existence » était quelques bonnes coudées au-dessus + hard SF, bref tout pour me plaire (avec d’excellentes critiques lues à son sujet).
J’ai donc plongé dans la lecture de ce pavé (737 pages !), persuadée que je serais conquise … mais je me suis rarement autant ennuyée dans une lecture (ça m’a rassurée de constater sur Goodreads que je n’étais pas la seule). Parvenue (eh oui, j’ai tout bien lu !) au bout, j’ai eu en plus une impression de « Tout ça pour ça » (genre cerise sur le gâteau inversée) et pas le courage d’aller argumenter-justifier ce ressenti dans un billet. Si nombre d’éléments présents dans le roman m’ont intéressée, j’ai trouvé que la narration était particulièrement hachée (avec en plus ces extraits divers concluant de courts chapitres qui ont fini par me devenir insupportables tant ils nuisaient au rythme déjà insuffisant à mon goût), sans réelle tension narrative et j’ai regretté que les personnages ne réussissent pas à capter plus que cela mon attention.
Peu auparavant, j’avais heureusement (ça aurait été dommage d’être déçue deux fois par des œuvres de SF arrivant chez nous avec une belle réputation) beaucoup aimé « Le problème à trois corps ».

« Les plus qu’humains », Theodore STURGEON (1953) – relecture d’un classique SF que j’avais énormément aimé adolescente. Très bien (mais un tout petit cran en dessous de mon souvenir).plus-quhumains

cristal_qui_songe« Cristal qui songe », Theodore STURGEON (1950) – comme pour « Les plus qu’humains », relecture d’un classique SF lu adolescente et que j’avais adoré. Aussi bien que dans mon souvenir !

 

« La peste », Albert CAMUS (1947)
Même pas une relecture (ou alors, ma mémoire n’a rien enregistré de la lecture initiale, qui remonterait à quelques décennies …), donc il était temps de découvrir ce classique.


6 Commentaires

« La Sonate à Bridgetower (Sonata Mulattica) », Emmanuel DONGALA

sonate-a-bridgetowerPrésentation de l’éditeur (extrait) :
N’en déplaise à l’ingrate postérité, la célèbre Sonate à Kreutzer n’a pas été composée pour le violoniste Rodolphe Kreutzer, qui d’ailleurs ne l’a jamais interprétée, mais pour un jeune musicien tombé dans l’oubli. Comment celui-ci est devenu l’ami auquel Beethoven a dédié l’un de ses morceaux les plus virtuoses, voilà l’histoire qui est ici racontée.
Au début de l’année 1789 débarquent à Paris le violoniste prodige George Bridgetower, neuf ans, et son père, un Noir de la Barbade qui se fait passer pour un prince d’Abyssinnie. Arrivant d’Autriche, où George a suivi l’enseignement de Haydn, ils sont venus chercher l’or et la gloire que devrait leur assurer le talent du garçon …

Que voilà un récit passionnant évoquant une partie de la vie de ce jeune violoniste (le roman s’arrête alors qu’il est âgé de 23 ans) dont je n’avais jamais entendu parler ! Je ne connaissais pas l’auteur non plus, Emmanuel Dongala, né d’un père congolais et d’une mère centrafricaine et résidant maintenant aux Etats-Unis, où il enseigne la chimie et la littérature francophone et j’ai été sensible à la qualité de son écriture.
L’immersion dans le Paris d’avril à juillet 1789 (pas le meilleur moment pour y débarquer), à commencer par le milieu musical, est très réussie. L’auteur profite de la présence de ses deux principaux protagonistes pour évoquer aussi nombre de figures de l’époque, politiques ou scientifiques, le risque étant que cela paraisse artificiel mais il s’en sort plutôt bien. Il m’a permis ainsi d’apercevoir une certaine Théroigne de Méricourt, figure de la Révolution qui m’était totalement inconnue.

George Bridgetower

George Bridgetower

Mais ce coup de projecteur braqué sur le début de la Révolution (qui pousse les personnages à partir pour Londres) n’est qu’un des aspects du roman. Au premier plan, il y a nos deux héros, George et son père, dont les personnalités sont finement étudiées. George est un jeune garçon faisant déjà preuve de beaucoup de maturité et la suite du récit le verra capable de prendre ses distances avec un père un peu trop envahissant. Le père, quant à lui, Frederick de Augustus, est un homme tiraillé entre sa volonté de réussir à tout prix grâce à son fils et son refus des compromis. Son parcours illustre à quel point il était difficile, même pour un homme doté comme lui de talents hors du commun (il parle plusieurs langues et le prince Esterhazy, au service duquel il se trouvait, avait recours à lui comme interprète), de s’insérer durablement dans des milieux qui, à un moment ou à un autre, lui rappellent que sa condition noire l’ostracise.
George autant que Frederik, malgré ses défauts, sont des êtres attachants et on suit leurs pérégrinations avec un intérêt qui ne se dément pas, avec le plaisir de baigner dans l’environnement musical de l’époque, en côtoyant au passage certains de ses grands compositeurs (Haydn, Beethoven).
Un très bon moment de lecture !

Extrait :

Le père et le fils pénétrèrent finalement sous les arcades du Palais et se mirent à la recherche d’un restaurant. Sous chaque cintre d’arcade était suspendu un réverbère et tant de lampes éclairaient l’endroit que l’on avait l’impression de se déplacer dans une espèce de demi-jour. La place grouillait de monde. Les gens circulaient dans les galeries, s’asseyaient devant les cafés, devant les grands carreaux virés des devantures. Il y avait des scènes insolites, ainsi ce poète qui beuglait ses vers devant une librairie, indifférent au brouhaha incessant de l’endroit, ou ces joueurs d’échecs qui continuaient à pousser leurs pions comme si la foule bigarrée et bruyante autour d’eux n’existait pas, ou encore ce petit groupe d’hommes autour d’un orateur perché sur un escabeau, réclamant haut et fort la liberté d’opinion et l’abolition des lettres de cachet. Tournant son regard vers le jardin central, Frederick de Augustus découvrit des femmes habillées de façon plutôt voyante, la plupart non accompagnées, en train de prendre des rafraîchissements à des tables placées en plein air dans un espace agrémenté de parterres de fleurs. La lueur artificielle des réverbères leur conférait une sorte d’aura qu’il n’avait pas trouvée aux filles des maisons de la place du Graben à Vienne, les célèbres Grabennymphen. N’eût été la présence de son fils, il serait non seulement resté plus longtemps à les observer, mais il se serait certainement approché davantage d’elles. L’idée lui vint de revenir en cet endroit une prochaine fois sans l’encombrante compagnie de son fils. On disait que si Paris était la capitale de la France, le Palais-Royal était la capitale de Paris. Comme cela était vrai !

J'ai beaucoup aimé !« La Sonate à Bridgetower (Sonata Mulattica) », Emmanuel DONGALA
Editions Actes Sud (334 p)
Paru en janvier 2017


9 Commentaires

Une fois n’est pas coutume …

Parce que :challenge-lunes-dencre
– je ne peux pas résister au logo (j’adore les couvertures des anciens pulps de SF !)
– le Défi SFFF & diversité de Lhisbei va très bientôt s’achever (et je m’y suis pas mal débrouillée)
– le blogueur-organisateur, A.C de Haenne, participe régulièrement à mon propre challenge (Pavé de l’été)
– je connais et apprécie la collection Lunes d’encre, dont j’ai déjà lu pas mal de titres

(vous avez vu comment j’éprouve le besoin de me justifier !)

je m’inscris au Challenge Lunes d’encre dudit blogueur (inscription pour laquelle ce petit billet est nécessaire) qui consiste à lire des livres publiés dans la collection Lunes d’encre des éditions Denoël, dans leur version d’origine (il y en a beaucoup dans les médiathèques que je fréquente) ou dans leur reprise en format poche (Folio SF, là aussi il y a matière à). Et on a toute l’année 2017 pour réussir le challenge.

Ça, c’est fait !


15 Commentaires

« Vie de ma voisine », Geneviève BRISAC

vie-de-ma-voisineAlors qu’elle a récemment emménagé dans son nouvel appartement, Geneviève Brisac est abordée par une de ses voisines, une vieille dame qui souhaite parler avec elle de Charlotte Delbo, qu’elle connaissait.
Au fil des rencontres qui suivront et de leurs déambulations parisiennes en forme de pèlerinages, l’écrivain découvrira la vie de cette femme, étayée par tous « les documents, les papiers, les coupures de journaux, les photocopies, les lettres, les dossiers » qu’elle a conservés.
Eugénie, surnommée Jenny, est née en France en 1925 de parents polonais juifs et athées. Adhérents du Bund, organisation marxiste juive révolutionnaire, ils avaient émigré dans l’espoir d’une vie meilleure, sans se douter qu’un jour le pays qui les avait accueillis les exilerait : en 1942, Jenny échappe de justesse à la rafle du Vel d’Hiv, mais eux ne reviendront jamais de leur déportation. Battante, forte des convictions qu’ils ont ancrées en elle, la jeune fille se construira malgré tout. Son parcours, narré sous forme de fragments ponctué d’extraits de ses conversations avec l’auteur, reflète son implication dans les luttes de son temps, ainsi que son engagement professionnel en tant qu’institutrice.

L’auteur restitue parfaitement la vivacité de ses échanges avec Jenny, lui laissant d’ailleurs très souvent la parole. Ce qui m’a frappée, c’est que, alors que je croyais tout connaître au sujet de la manière dont les juifs ont été en traités en France sous l’Occupation (on est aux 2/3 du livre à la fin de cette période), je l’ai redécouvert ici : ce que raconte Jenny rend en effet les événements particulièrement proches, on les (re)vit avec elle, au sein de sa famille, et on partage son effarement à voir le processus de mise à l’écart se déclencher au quotidien (avec des précisions concrètes que j’ignorais) puis les rouages cliqueter jusqu’aux camps de la mort.

Récit aussi dynamique que celle qu’il dépeint, « Vie de ma voisine » dépasse l’évocation d’un destin individuel, celui d’une femme chaleureuse et clairvoyante, déjà intéressante en elle-même, pour retracer les contours d’une époque.
Merci à Geneviève Brisac de nous avoir permis à notre tour de côtoyer et d’écouter une personne comme Jenny, qui a tant à nous dire.

Extraits :

(c’est l’auteur qui parle)
– Certaines choses ayant été vécues, on ne peut plus avoir peur de rien. Je ne les ai pas vécues, et oui, j’ai peur. J’y pense énormément, à cette Charlotte Delbo au sourire éclatant, dont quelqu’un m’a dit un jour qu’elle prenait un soin extrême à préparer chacun de ses repas, et j’imagine un napperon, une carafe, deux verres de cristal alignés, celui de l’eau et celui du vin, une serviette en lin, et deux œufs à la coque avec du pain grillé.
Je pense aussi sans cesse à celle qui vit deux étages au-dessus de moi.
Je pense à la lumière et à la fraîcheur qui émanent d’elle.
Un frêle esquif a traversé le siècle.

– A cette époque, grâce à un ami, Roger Hessel, le frère de Stéphane Hessel, je découvre les auberges de jeunesse. J’adhère au mouvement des A.J. Ce sont des jeunes gens qui souvent ont été résistants : ils n’étaient pas suspects aux yeux des nazis, qui y voyaient une organisation de jeunesse tournée vers le sport et la nature. Jouant longtemps double jeu, ils ont pu faire des choses magnifiques. Nombre d’entre eux ont été déportés, nombre d’entre eux sont morts. C’est, en 1948, une organisation qui allie l’esprit de 36 et le goût des vacances partagées, entre jeunes gens. Un monde joyeux peuplé de bicyclettes, où l’on s’habille en short, chemise retroussée aux coudes, aux pieds des grosses chaussures, à la bouche les chants de marche et les chants révolutionnaires , les chants traditionnels et les chansons d’amour.

– Jenny aurait voulu être archéologue. Elle aurait pu être une mathématicienne géniale. Elle proteste et me frappe, quand je dis cela, mais je l’ai entendue cent fois regretter de n’avoir pas fait davantage d’études, au lieu de quoi elle a passé sa vie à apprendre à lire à des enfants ; elle y a mis toute son intelligence, toute sa passion.
Encore aujourd’hui, il lui arrive de prendre à son bord un enfant réticent.
Les livres sont les meilleures armes de la liberté. Et la liberté s’apprend. Dans une classe, par exemple. Dans tes classes, dit une élève, on était libres de ne rien faire, et on travaillait comme des fous.

J'ai beaucoup aimé !« Vie de ma voisine », Geneviève BRISAC
Editions Grasset (180 p)
à paraître le 4 janvier 2017
lu en numérique via NetGalley


17 Commentaires

« Sauveur & fils – saison 2 », Marie-Aude MURAIL

sauveur-2Six mois après la fin de la saison 1 de Sauveur & fils, nous retrouvons le médecin psychologue Sauveur Saint-Yves (d’origine antillaise, avec un physique à la Idris Elba) et son jeune fils Lazare et c’est à nouveau un vrai bonheur (comme le retour d’une série TV qu’on aime) ! Une fois de plus, Marie-Aude Murail a l’art et la manière de nous concocter un récit branché sur son temps mais sans jamais se départir, même lorsque les personnages évoqués vivent des situations graves, de son tonus et de son humour habituels. On s’intéresse à tous les protagonistes, souvent des adolescents, certains souffrant des maux de notre époque (hyperactivité, addiction au jeu vidéo etc.), une autre cherchant son identité fille ou garçon, pour ne citer qu’eux, mais aussi à quelques adultes. La petite famille de Sauveur n’est pas oubliée, qui déborde le cadre restreint de lui + son fils (dans la droite ligne de la saison 1) et je ne parle pas que des hamsters (oui, je sais, il y a des cochons d’Inde sur la couverture). Sauveur est toujours aussi chaleureux et proche des gens (pour un peu, on souhaiterait avoir des problèmes pour aller le consulter … bon, enfin peut-être pas ! (de toute façon, c’est mort, la place est prise …) ). La fin du livre arrive, on s’y est senti comme chez soi, des chaos et des émotions, la vie quoi et on est triste de quitter tout ce petit monde (d’autant qu’on laisse certains en fâcheuse posture) : vivement la saison 3 !

J'ai beaucoup aimé !« Sauveur & fils – saison 2 », Marie-Aude MURAIL
Editions L’école des loisirs (313 p)
Paru en octobre 2016


31 Commentaires

« Un bruit étrange et beau », ZEP

un-bruit-etrange-et-beau-couvertureWilliam s’est retiré dans le monastère de La Chartreuse de la Valsainte depuis maintenant 25 ans. Il y est devenu Don Marcus, un moine dont la vie silencieuse et contemplative, strictement encadrée par les règles de son ordre, est consacrée à la prière. La mort de sa richissime tante, Elise Tumelle, qui n’a jamais accepté ce qu’elle considérait comme une fuite du monde, le contraint à refaire une incursion dans celui-ci : parce que le monastère manque de ressources, Marcus doit aller prendre possession de ce qui lui a été légué …

Il a fallu qu’une sympathique bibliothécaire, lors d’une non moins sympathique rencontre autour des nouveautés BD, présente cet album pour que je me décide enfin à y jeter un œil (eh oui ! je m’étais arrêtée à « Ouais, c’est Zep … », en plus la couverture ne m’attirait pas plus que ça). Quand elle l’a évoqué, le sujet m’a tout de suite séduite et la BD aussi, à peine ouverte. Le dessin délicat, en nuances de couleurs claires, est au diapason d’une approche sensible mais qui n’exclut pas l’humour, d’un personnage et d’une situation atypiques : un moine chartreux saisi dans son quotidien, hors duquel il est soudain propulsé. De quoi remettre en question ses choix antérieurs ?

Tout m’a plu dans cette histoire, originale et profondément humaine, qui peut trouver écho chez le lecteur (en tout cas elle en a trouvé un très fort en moi). La démarche consistant à s’enfermer dans une cellule (le mot en représente bien la réalité) monacale en se vouant à un silence hors du temps, nous est étrange et étrangère, à l’opposé de ce que nous vivons. Lorsque William reprend pied dans notre quotidien, il nous semble soudain plus proche, plus accessible. Mais comprenons-nous pour autant les choix qu’il fait ? Peut-être, dans la mesure où au final sa quête rejoint la nôtre, quand nous cherchons à donner un sens à notre existence.
Un album, mêlant (notre) attachement au terrestre et (notre) besoin de transcendance, que j’ai trouvé magnifique !bruit-etrange-page-miroir

Marquant !« Un bruit étrange et beau », Zep
Editions rue de Sèvres (84 p)
Paru en octobre 2016

L’avis de Noukette.


23 Commentaires

« Nos âmes la nuit », Kent HARUF

nos-ames-la-nuitUn beau jour, Addie vient frapper à la porte de Louis, qui habite non loin de chez elle, pour lui demander s’il accepterait de dormir en sa compagnie, pour le seul réconfort que cette présence à ses côtés lui apporterait. Louis donne suite à cette requête surprenante et c’est ainsi que commence, entre ces septuagénaires veufs tous les deux, une relation inattendue et qui leur fait du bien …

D’habitude, je fuis les romans mettant en scène des personnes âgées (enfin, tout est relatif, disons plus âgées que 50/60 ans), car j’ai l’impression que nombre d’entre eux s’acharnent à se vouloir décalés/truculents alors que je ne trouve rien de drôle, a priori, au fait de vieillir. J’ai fait une exception pour ce roman-ci, qui m’avait été recommandé et dont je ne savais pas grand-chose (j’ai zappé la quatrième de couverture).
J’ai été séduite par sa petite musique toute simple, autant que son histoire. Le style est sans fioriture, avec une majorité de dialogues. Chacun, en s’exposant au fil d’un récit de soi en forme de confidences de part et d’autre du lit partagé, offre à l’autre ce qu’il a été, sans fard. Leurs couples respectifs n’ont pas été heureux, on le comprend au fur et à mesure de ce qu’ils en révèlent. Chronique quotidienne d’une rencontre entre deux adultes qui ont déjà longtemps vécu et se découvrent (ils se connaissaient à peine) en s’appréciant, « Nos âmes la nuit » fait chaud au cœur en montrant que, tant que la vie n’est pas finie, elle peut encore surprendre et apporter à certains ce qu’ils n’ont pas connu.

Il m’a été impossible de comprendre, en revanche, la réaction des voisins et des habitants de la petite ville où vivent Addie et Louis, qui tiquent en les voyant se rapprocher (de quoi se mêlent-ils ?). Impossible aussi d’accepter la réticence de la fille de Louis (pourquoi ne se réjouit-elle pas de voir son père heureux ?) et j’ai trouvé le comportement du fils d’Addie, Gene, inacceptable. De quoi me rendre difficilement supportable le dénouement du roman : j’ai eu l’impression que, pour sacrifier à un réalisme dans lequel je ne me reconnais pas (non, je ne suis pas comme ces gens qui sont ici représentés et je ne pense pas être la seule, tout le monde n’est pas mesquin à ce point), l’auteur privait le lecteur du bonheur d’un happy end. Dommage pour un roman qui aurait sans cela pu se classer dans la catégorie de ceux qui font du bien (bon, ne me faites pas non plus dire ce que je n’ai pas dit, la fin n’est pas tragique, juste très triste).

J'ai bien aimé !« Nos âmes la nuit », Kent HARUF
Editions Robert Laffont (168 p)
Paru en septembre 2016

Les avis de : Keisha, Jérôme, Belette (Cannibal Lecteur) …


4 Commentaires

« LES ROBOTS FONT-ILS L’AMOUR ? Le transhumanisme en 12 questions », Laurent ALEXANDRE et Jean-Michel BESNIER

les-robots-font-ils-lamourCe titre racoleur (le choix de l’éditeur, disent les auteurs) recouvre un essai percutant sur le transhumanisme, repéré grâce à l’émission de vulgarisation scientifique « La tête au carré » sur France Inter.
Le transhumanisme, pour ceux d’entre vous qui l’ignoreraient, c’est un « projet inédit, prométhéen, sans précédent […] : modifier l’homme, l’améliorer, l’augmenter. Le dépasser. » Il est rendu possible « par la convergence de quatre disciplines qui évoluaient jusque-là séparément : les nanotechnologies, qui manipulent la matière à l’échelle de l’atome ; les biotechnologies, qui modèlent le vivant ; l’informatique, en particulier dans ses aspects les plus fondamentaux ; et enfin les sciences cognitives, qui se penchent sur le fonctionnement du cerveau humain. » On appelle cet ensemble les NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et Cognitique).
Du domaine de la science-fiction (où il m’était déjà familier), le transhumanisme est passé à celui de préoccupation de nos sociétés modernes. Enfin, disons qu’il devrait l’être ! Au cours de l’émission à laquelle je faisais allusion ci-dessus, les auteurs déploraient en effet (ils y reviennent dans l’ouvrage) que le pouvoir politique, dénué de vision prospective, ne s’empare pas de ce qui constitue un des principaux enjeux de notre avenir.
Pour porter ce débat hautement sensible dans la sphère publique, ils ont publié ce petit livre en forme d’entretiens entre eux deux, autour de 12 questions clés, qui vont de « Faut-il améliorer l’espèce humaine ? » à « Doit-on craindre un « meilleur des mondes » ? », en passant par « Le transhumanisme est-il un eugénisme ? » et « L’intelligence artificielle va-t-elle tuer l’homme », pour ne citer qu’elles. Leurs positions divergent ou convergent, c’est selon, en tout cas elles sont argumentées et abordent les problèmes sous leurs différents angles. Il faut dire que Laurent Alexandre et Jean-Michel Besnier ont des profils complémentaires : le premier est chirurgien et spécialiste des biotechnologies et le second philosophe spécialiste des nouvelles technologies.

A la lecture de leur essai, on prend conscience de ce que les progrès récents laissent entrevoir de notre proche futur. Dans le domaine médical, l’ingénierie joue un rôle de plus en plus important, au point qu’on peut s’interroger sur la place qui sera dévolue au médecin, exécutant au service de la machine, incapable sans son aide de trier les innombrables données que celle-ci lui fournira. Quant au patient, son corps est pris en charge, mais « l’humain n’est pas simplement un vivant dont il faut assurer la survie » et cette approche mécanique, qui ne le considère pas dans toutes ses dimensions, ne correspond pas à ce qu’il attend lorsqu’il est soigné.
Pour rester dans le domaine de la santé, la diminution spectaculaire du coût du séquençage ADN va le rendre de plus en plus accessible. De là à vouloir sélectionner en amont le bébé idéal, ce que la fécondation in vitro (qui d’après les auteurs, s’universalisera) permet déjà de manière discrète, puisqu’il s’agit de trier des embryons en éprouvette, il n’y a qu’un pas. Vous avez dit eugénisme ? Revers de la médaille (si médaille il y a), « notre patrimoine génétique a vocation à se dégrader continûment sans sélection darwinienne. Cela veut-il dire que nos descendants vont tous devenir débiles en quelques siècles ? Evidemment pas ! Les bio-technologies vont compenser ces évolutions délétères. » On le voit, une question en entraîne une autre et d’aucuns sont déjà prêts à y répondre à notre place, sans craindre de nous embarquer malgré nous dans un cercle vicieux, voire de nous transformer en cyborgs, ces mélanges composites homme-machine qui nous permettraient de prolonger sans cesse notre vie. Nombre de têtes pensantes de la Silicon Valley, dont certains dirigeants de Google, sont en effet des transhumanistes convaincus, passionnés par l’essor des NBIC auquel ils contribuent. Ils soutiennent notamment le développement exponentiel de l’intelligence artificielle (IA), qui n’est pas sans danger :
« A cours terme, l’arrivée de cerveaux faits de silicium est un immense challenge pour la plupart des professions : comment exister dans un monde où l’intelligence ne sera plus contingentée ? Jusqu’à présent, chaque révolution technologique s’est traduite par un transfert d’emplois d’un secteur vers un autre – de l’agriculture vers l’industrie, par exemple. Avec l’IA, le risque est grand que beaucoup d’emplois soient détruits, et non transférés. Même les emplois très qualifiés ! » Bref, « il faut mener une réflexion mondiale sur l’encadrement des cerveaux faits de silicium ».

On le voit, cet essai tonique, dont je ne vous ai donné qu’un aperçu, fourmille de données et d’interrogations. Nul doute qu’en éclairant le lecteur et en alimentant sa réflexion personnelle, il lui permette de devenir partie prenante de ce qui se joue, c’est la moindre des choses pour des problématiques qui nous concernent tous à plus ou moins brève échéance.

J'ai beaucoup aimé !« LES ROBOTS FONT-ILS L’AMOUR ? Le transhumanisme en 12 questions », Laurent ALEXANDRE et Jean-Michel BESNIER
Editions Dunod (137 p)
Paru en septembre 2016


18 Commentaires

« Dans les pas du fils », Renaud et Tom François

dans-les-pas-du-filsA partir du moment où j’ai su que le dernier Laurent Mauvignier, « Continuer », s’inspirait d’une histoire vraie qui avait elle-même donné lieu à un livre-témoignage des deux protagonistes, je me suis dit que, tant qu’à faire, c’est plutôt cet ouvrage-ci que je lirais. Et comme la lecture des premières pages m’a tout de suite accrochée, j’ai accompagné Renaud (le père) et Tom (le fils) jusqu’au Kirghizstan, pour un périple équestre de trois mois censé à terme les reconnecter.

Rien n’est gagné d’avance entre ces deux-là, que la séparation du couple Renaud-Valérie, alliée aux longs déplacements à l’étranger de Renaud, a éloignés depuis un bon moment. Du côté de Tom, les signaux d’alerte sont au rouge : il redouble sa première et ne fiche rien, il est agressif avec les profs et accro à ses doses de cannabis. L’idée de Renaud, acceptée par Valérie et le corps enseignant, est donc d’extraire Tom de son milieu et de le confronter à un environnement radicalement étranger pour qu’il reprenne ses marques. Randonner à cheval mettra le père et le fils à égalité car aucun des deux n’est cavalier.
« Le contact avec la nature sauvage et la solitude m’ont renforcé dans l’idée que Tom avait besoin d’une rupture, de quelque chose d’original qui transformerait nos rapports. Une sorte de voyage initiatique, à la fois pour améliorer notre relation et pour le faire grandir, le faire passer de l’adolescence à l’âge adulte. […] Dans notre société déconnectée du monde réel où l’argent a remplacé les rêves, où l’on parle d’écologie comme d’un concept, nous sommes nombreux à chercher des solutions d’éducation alternative pour aider nos enfants à devenir adultes, à affronter le monde et à vivre heureux. »

« Dans les pas du fils » est un document passionnant, autant pour les relations entre le père et le fils que pour la découverte du Kirghizstan et qui se lit comme un roman. Des semaines de préparation (où la passivité de Tom manifeste son hostilité au projet) à celles qui suivront le (difficile) retour en France, l’aventure est narrée chronologiquement par le père et le fils qui prennent la parole alternativement. Pas de langue de bois, les choses sont dites telles qu’elles ont été vécues et ressenties et tout sonne vrai. On constate à quel point le pari de Renaud était fou (c’est ainsi qu’il le qualifie) quand on mesure l’agressivité de Tom (verbale mais aussi, à un moment, physique) à son égard. On se dit qu’il va bien finir par se passer quelque chose entre eux deux (sinon il n’y aurait sans doute pas eu de livre) mais le rapprochement sera lent et, pour ce qui concerne Tom, l’éventualité d’une rechute réelle lorsqu’il réintègrera le lycée et retrouvera ses amis.

Au final, le bilan de l’expérience s’avèrera plus que positif, mais (Renaud en a conscience sur place) l’équipée était quand même à haut risque car n’importe quel accident aurait pu la faire capoter (bon, me direz-vous, si on mesurait tous les dangers courus, on ne partirait jamais à l’aventure !). Chacun en a tiré profit, non seulement le fils, mais aussi le père :
« Je n’imaginais pas à quel point cette épreuve allait le transformer et, par la même occasion, me changer et m’apaiser. Tom m’a beaucoup appris sur moi-même. Avec le recul, j’ai le sentiment qu’en ayant aidé mon fils, j’ai soigné mon enfant intérieur. »

Extraits :

– A aucun moment on ne m’a dit : si votre fils ne va pas bien, il va falloir travailler sur vous-même si vous voulez qu’il aille mieux. On charge trop le gamin, j’en suis intimement convaincu. Or cette situation est révélatrice d’une souffrance familiale. Il est donc indispensable que moi, en tant que parent, je sois directement impliqué dans cette démarche.

– Tout autour de nous, la nature fait silence et nous sommes au bout du monde en train de nous dire des vérités jusque-là truquées par les uns, par les autres et par nous-mêmes. Je rêvais de moments comme celui-ci, et il a fallu qu’on parte seuls pendant un mois pour commencer à échanger. J’espère qu’il y aura d’autres occasions car nous avons encre tant de choses à nous dire. Dans les familles, les vérités cachées, ça ne manque pas. Nous sommes nombreux à porter des masques, face à nos parents ou à nos enfants, par crainte qu’ils ne voient nos souffrances, nos peurs et nos culpabilités.

– Je reste surpris de le voir s’intégrer si facilement à la vie de ce pays, même dans les situations les moins confortables. Où est le Tom qui traînait au lit, qui refusait de se lever avant onze heures, qui languissait sur le canapé, qui refusait de participer aux activités familiales ? Ce Tom-là a disparu et je découvre une nouvelle facette de mon fils.

J'ai beaucoup aimé !« Dans les pas du fils », Renaud et Tom François (avec Denis Labayle)
Editions Kero (256 p)
Paru en mai 2016
Lu en numérique via NetGalley


18 Commentaires

« Une illusion d’optique », Louise PENNY

illusion-doptique« Dans cette affaire de meurtre, il est question de contrastes, dit Gamache d’une voix douce. De sobriété et d’alcoolisme. Des apparences et de la réalité. De changement, en bien ou en mal. De jeux d’ombre et de lumière. » J’ajouterais qu’il est aussi beaucoup question de pardon.
Three Pines, les amateurs de Louise Penny (pour ma part, je n’en suis qu’à ma deuxième lecture de l’auteur, après « Révélation brutale ») ont pu le constater comme l’inspecteur-chef Gamache, est un petit village perdu du Québec (inutile de le chercher sur une carte, on a oublié de l’y faire figurer) où régulièrement, la mort s’invite sous sa forme la plus violente.
Ici, le meurtre est celui d’une inconnue, découverte dans le jardin de Clara Morrow, artiste peintre dont une exposition au Musée d’art contemporain de Montréal venait enfin de reconnaître le talent. Dans son prolongement, une fête avait eu lieu chez elle, mais aucun des participants ne reconnaît la mystérieuse victime assassinée cette nuit-là.
Gamache mène l’enquête, aidé de son bras droit, l’inspecteur Jean-Guy Beauvoir. Celui-ci peine davantage encore que son chef à se remettre des événements tragiques évoqués dans l’épisode précédent (« Enterrez vos morts », que je n’ai pas lu et dont je découvre a posteriori qu’il formait un diptyque avec « Révélation brutale », trop tard puisque maintenant je sais tout). Les séquelles sont là et le trouble qu’elles génèrent chez lui parcourra tout le roman (au point de me donner envie de ne pas rater l’épisode suivant pour savoir ce qu’il adviendra de Jean-Guy et de l’investigation relative à certaine cassette vidéo, mais je m’éloigne du sujet proprement dit).
« Une illusion d’optique » est un roman policier de facture classique (avec une scène finale de résolution de l’énigme à la Agatha Christie) que je qualifierais de reposant, parce qu’il n’y a rien de glauque (bon, OK, il y a quand même un meurtre, mais pas avec une mise en scène macabre, des mutilations et autres réjouissances dont le polar actuel est friand). On navigue dans le monde de l’art, où c’est une critique dans la presse qui est capable d’assassiner un artiste. Au point que, sa vie détruite, il peut finir par se retrouver aux Alcooliques Anonymes. Ces deux environnements, nous les fréquenterons pour les besoins de l’enquête et ils ne manquent pas d’intérêt.
Gamache, la cinquantaine bien sonnée (il n’est pas loin de la retraite) est un policier intelligent et bienveillant (pas de héros torturé chez Louise Penny, encore que Jean-Guy dont je parlais plus haut en prenne le chemin) qui mène ses investigations de manière posée et méticuleuse. Le roman tisse tranquillement sa toile autour du lecteur. Même si on est curieux de la découvrir, l’identité du meurtrier (les candidats sont nombreux et il n’y aura pas de révélation ébouriffante lors du dénouement) importe moins que l’examen attentif d’un petit groupe d’individus (dont le couple Clara et Peter) dont on se souciera tout du long.

J'ai bien aimé !« Une illusion d’optique », Louise PENNY
titre original A Trick of the Light
traduit de l’anglais (Canada) par Claire Chabalier et Louise Chabalier
éditions Actes Sud – collection Actes Noirs (428 p)
paru en novembre 2017