Sur mes brizées

Où il est, surtout, question de livres !


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« Petites scènes capitales », Sylvie GERMAIN

petites scènes capitalesEnfant, « Le jour où son père lui annonce la mort de cette inconnue [sa mère] qui lui est d’une intimité lancinante et dont elle attend le retour avec une patience inébranlable, elle ne dit rien, ne demande rien, elle court faire de la balançoire à en perdre le souffle ».
C’est la deuxième de ces « Petites scènes capitales », des moments fixés à jamais, dans leur brièveté et leur intensité, dans le tissu de son existence.

J’ignorais, en commençant ce livre, qu’il porterait sur toute la vie de son héroïne et j’ai d’abord cru, peut-être parce que sa capture d’instantanés me rappelait « Enfance« , de Nathalie Sarraute (et je me disais qu’il ne parviendrait pas à le détrôner), qu’il ne dépasserait pas cette période. Mais je me trompais et le roman court bien au-delà de ces premières années. Lorsque j’ai compris qu’on allait me raconter une vie, j’ai alors redouté sa banalité (que voulez-vous, quand on a découvert les familles des romans avec John Irving, les autres risquent de ne pas être à la hauteur !). Là aussi, je me trompais. Parce que cette vie est jalonnée, précisément, d’incidents ou d’événements hors du commun.

C’est donc l’histoire d’une lecture que j’ai commencée par simple curiosité (j’allais enfin lire un roman de Sylvie Germain) et, plus j’avançais, plus j’étais captivée tant j’aimais ce que je lisais, le contenu comme le contenant : l’écriture-sculpture de moments de vie répond aux exigences de la romancière, passeur d’un récit au travers duquel chacun, en fonction de son âge, me semble-t-il, distinguera en échos des traces de son propre parcours.

Une lecture-surprise et un texte (dont je vous avais donné un extrait ici) que je relirai, je le sais déjà.

J'ai beaucoup aimé !« Petites scènes capitales », Sylvie GERMAINPriceminister 2013RD
Editions Albin Michel (247 p)
Paru en août 2013


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« A quand les bonnes nouvelles ? », Kate ATKINSON

De nos jours, à Edimbourg.

Le très sympathique Dr Joanna Hunter mène une existence heureuse, entre un époux aimant et un bébé adorable. C’est du moins ce dont est persuadée la jeune Reggie, la nounou du bébé. Car Reggie ignore le terrible drame qu’a connu le docteur alors qu’elle n’était qu’une enfant et les incidences qu’il va continuer à avoir, trente ans après, sur le cours de sa vie. Tout comme Joanna Hunter ne sait pas que Reggie, seize ans, vit seule depuis que sa mère, peu de temps auparavant, est morte.

Jackson Brodie, détective de son état, est en recherche de paternité. Mais sa vie va dérailler.

Louise Monroe, inspectrice de police que Jackson connaît bien, s’est mariée depuis peu mais se sent très mal à l’aise dans cette nouvelle peau. Elle s’acharne à retrouver le mari d’Alison Needler, dont la folie destructrice s’est soudain abattue sur sa famille. C’est aussi elle qui vient informer Joanna Hunter d’un événement capital.

Des individus qui tous cachent des drames passés et dissimulent leurs failles, dont les destins vont se croiser au fil de ce roman, sombre mais pourtant incroyablement tonique…

Il a fallu pas moins de quatre blogueuses (voir les liens ci-dessous) pour me convaincre d’essayer à nouveau de lire un roman de Kate Atkinson, après une rencontre manquée en 1996 très précisément : j’avais acheté son premier roman, « Dans les coulisses du musée » et, je ne sais plus pourquoi, je n’avais pas accroché et j’avais rapidement interrompu ma lecture. Depuis j’observais, de loin, Kate Atkinson publier régulièrement, en me disant que ce qu’elle écrivait n’était pas pour moi…

Mais là, franchement, ces quatre billets me donnaient tous l’impression que ce roman (et, dans ce cas, les deux qui l’avaient précédé) avait des chances de me plaire !

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