« Le livre des sœurs », Amélie NOTHOMB

Florent et Nora s’aiment d’un amour exclusif et même le quotidien du mariage ne parvient pas à briser la force de ce lien. On leur conseille d’avoir un enfant (en pensant que leur union un peu trop parfaite s’en retrouvera amoindrie), ce qu’ils font. Tristane naît et comprend rapidement qu’il lui faut se faire silencieuse, pour ne pas gêner ses parents, toujours centrés sur eux-mêmes. Mais quand, cinq ans plus tard, Laetitia rejoint la petite famille, elle lui voue un amour passionné : une aubaine pour le père et la mère, qui se reposent entièrement sur elle dans la prise en charge de leur second enfant …

« Le livre des sœurs » est l’histoire non pas d’une maltraitance mais d’une « non traitance » parentale, défaut de soins dans le sens le plus absolu du terme. C’est une espèce de conte cruel, où Tristane, par opposition à Laetitia (« joie », en latin), porte bien son nom. Petite fille, elle découvrira un jour qu’elle est perçue comme « terne », car ses parents ont su dès son plus jeune âge étouffer toute lumière en elle, un qualificatif traumatisant dont elle ne parviendra pas à se défaire. Heureusement, Laetitia vient apporter à son existence cet éclat qui lui manquait et Tristane n’a de cesse de lui transmettre les nombreuses connaissances qu’elle a acquises seule et en toute discrétion (lire et écrire en premier lieu).

Le récit est plaisant car porté par la plume enlevée et piquante d’Amélie Nothomb et la volonté de Laetitia, dès l’enfance, de monter un groupe de rock (Les pneus) en y incluant Tristane. J’ai trouvé qu’il s’achevait un peu abruptement, mais ce point final, qui n’est qu’un point de suspension dans la vie des deux sœurs (elles sont encore jeunes) intervient à un moment significatif pour Tristane, donc pourquoi ne pas s’arrêter là.

« Le livre des sœurs », Amélie NOTHOMB
éditions Albin Michel (198 petites pages)
paru en août 2022

20 commentaires sur “« Le livre des sœurs », Amélie NOTHOMB

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    1. Pas une priorité chez moi, ça dépend du thème et de l’accessibilité du roman (ici, c’était facile, j’ai pu le lire via le Prêt Numérique en Bibliothèque).

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  1. A une époque, je lisais tous ses titres dès leur parution (avec un dico à portée de main !)… et puis je me suis lassée de la mécanique répétitive de ses intrigues, et de leur superficialité, comme l’évoque Sandrine. Je me suis débarrassée la semaine dernière seulement des ouvrages que j’avais gardés (une bonne vingtaine), comme quoi, j’avais dû m’y attacher un peu !

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      1. J’en ai lu quelques-uns et il faudrait même que j’en relise certains comme : « Hygiène de l’assassin » entre autres et aussi ses œuvres biographiques quand elle était au Japon (Ni d’Eve ni d’Adam, Stupeur et tremblements) 🙂

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