« Le dernier bain », Gwenaële ROBERT

Paris, 13 juillet 1793 ou plutôt 25 messidor, an II de la République française, c’est la date à laquelle Marat a été assassiné, dans sa baignoire, par Charlotte Corday. Cet événement, le peintre David l’a immortalisé par un tableau devenu célèbre, qui a durablement marqué les imaginaires.
Gwenaële Robert, usant de la liberté conférée par la collection « Les Passe-Murailles », chez Robert Laffont, où les œuvres d’art sont revisitées « à travers des romans ou récits à cheval entre rêve et réalité », s’est plu à marcher dans les pas de Charlotte Corday arrivant à Paris. Elle imagine son parcours croisant celui de deux autres personnages : Jane, une jeune Anglaise venue elle aussi à Paris pour rencontrer Marat ; dans un appartement proche, d’où il l’observe,Théodose, moine renégat qui a abjuré sa foi pour échapper à l’échafaud et fait maintenant office d’écrivain public, prêtant notamment sa plume à tous ceux qui envoient au député Marat, l’ami du peuple, les lettres dénonçant ces ennemis de la République qu’il enverra à la guillotine. On les suit durant trois jours, au cours desquels on fera aussi la connaissance de Mathilde, la lingère de Marie-Antoinette emprisonnée au Temple et on croisera le peintre David, ami de Marat.

Le roman est court, mais l’immersion totale. On est plongés au cœur de cette période de la Révolution comme si on y était. On apprend (enfin, moi, je l’ignorais) pourquoi Marat, en proie à un eczéma virulent (que David a bien gommé de son tableau), est contraint de passer son temps dans des bains de soufre et l’odeur qui s’en dégage n’est pas la seule qu’on sentira au fil de ces pages pleines de ferveur et de fureurs, de soupçons et de débordements de colère. La jeune République ne coule pas des jours paisibles et tout le talent de l’auteur consiste à nous la représenter, au travers de personnages saisis dans le vif de leurs convictions ou de leurs doutes, dans son furieux bouillonnement.
David nous a laissé un tableau mémorable et Gwenaële Robert, en écho, nous dépeint avec brio trois jours emblématiques : une réussite !

« Le dernier bain », Gwenaële ROBERT
éditions Robert Laffont – collection Les Passe-Murailles (233 p)
paru en août 2018

4 commentaires sur “« Le dernier bain », Gwenaële ROBERT

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  1. Bonjour Brize, ce roman est recommandé par pas mal de libraires. Je l’ai noté d’autant plus que je suis très intéressée par toute la période de la Révolution française. Bonne après-midi.

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