« Aquamarine », Andreas ESCHBACH

Australie, 2151
Saha Leeds habite à Seehaven, une ville côtière tenue par les néo-traditionnalistes. Elle suit les cours d’un lycée où sa tante travaille en tant que femme de ménage. De là à dire qu’elle y est acceptée, c’est une autre affaire. En réalité, Saha se tient à l’écart de ses camarades parce que, contrairement à eux, elle ne partage pas l’engouement général pour la mer qui les entoure. Les étranges cicatrices, plaies jamais refermées, qu’elle dissimule de chaque côté de son torse, lui interdisent en effet de participer aux activités nautiques : elle a peur de l’eau et s’en tient à l’écart. Mais lorsque certains de ses condisciples la poussent à la mer et déguerpissent, elle s’aperçoit qu’elle a survécu à une immersion prolongée. Et si ses cicatrices, en réalité, s’avéraient être tout autre chose ?

Il ne faut pas être grand devin pour se douter (et si vous ne voulez pas en savoir davantage, ne lisez pas la suite) que ces cicatrices sont en réalité des branchies, ce qui nous est rapidement révélé dans le récit. Saha va donc devoir affronter cette réalité et prendre la mesure de ce qu’elle implique, avec des choses très positives mais aussi un risque majeur : celui de se voir, avec sa tante, exclue de Seehaven. Car les néo-traditionnalistes, dans cette société du futur qu’évoque l’auteur (un point intéressant du livre) ne tolèrent pas les manipulations génétiques.
Le roman navigue entre chronique personnelle (comment Saha se fait un ami et aussi, avec l’aide d’un professeur qui l’apprécie, apprend à s’affirmer auprès de ses condisciples et à s’intégrer à un groupe) et récit d’aventures : la découverte faite par Saha concernant son anatomie spéciale s’intègre, de fait, dans un contexte plus vaste qu’elle va finir par appréhender, au terme de recherches dont nous sommes nous aussi curieux de connaître les résultats. Les péripéties qui s’ensuivront, liées aux enjeux économiques représentés par les fonds marins, accélèrent le rythme de la narration.

Même si j’ai toujours eu un peu l’impression d’avoir un temps d’avance sur ce qui allait se passer, j’ai bien apprécié cette lecture divertissante (d’un auteur que je connaissais déjà pour avoir lu, de lui, « Des milliards de tapis de cheveux » et « Maître de la matière »). Certes, je ne fais clairement pas partie du public ciblé (Young Adult) mais, par goût personnel, il m’est impossible de résister à une histoire mettant en scène un ou des humains capables de respirer sous l’eau et de s’y déplacer avec autant de facilité que des créatures marines, une telle possibilité me fait trop rêver 🙂 .

Le roman s’achève sur une fin ouverte mais satisfaisante, car le lecteur peut s’imaginer la suite. Renseignement pris, il s’avère que l’auteur l’a écrite, cette suite, mais elle n’est pas traduite en français et l’éditeur n’envisage pas pour le moment de le faire.

« Aquamarine », Andreas ESCHBACH
Titre original Aquamarin (2015)
Traduit de l’allemand par Claire Duval
Editions L’Atalante – collection La Dentelle du Cygne (331 p)
Paru en 2017

2 commentaires sur “« Aquamarine », Andreas ESCHBACH

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