« La fille au revolver », Amy STEWART

Etats-Unis, été 1914, aux alentours de New York
L’automobile du riche industriel de la soie, Henry Kaufman, percute la carriole des trois sœurs Kopp. Plus de peur que de mal chez celles-ci, mais une carriole inutilisable et dont la remise en état s’élève à cinquante dollars, somme considérable pour des jeunes femmes qui tirent déjà le diable par la queue.
L’aînée, Constance (la trentaine, 1,80 m et pas froid aux yeux), après deux missives restées sans réponse, entreprend donc d’aller relancer Kaufman en direct pour qu’il s’acquitte du montant des réparations. Mais l’entrevue, tumultueuse, aura des conséquences plus que fâcheuses : Kaufman et ses sbires se mettent à menacer et harceler les sœurs Kopp, qui vivent dans une ferme isolée …

Voilà un bien réjouissant roman, basé sur une histoire vraie (les sœurs Kopp ont existé, l’auteur s’en explique dans la postface et nous fournit un petit dossier photographique à leur sujet sur son site). Que celui ou celle qui cherche un thriller palpitant passe cependant son chemin. Même s’il y a une certaine tension (que va-t-il advenir de nos héroïnes face au sieur Kaufman, qui semble avoir de très mauvaises fréquentations ?), on est plutôt dans la comédie de mœurs, avec trois personnages féminins fortement caractérisés. L’aînée, je l’ai déjà souligné, en impose physiquement et a du tempérament. Sa cadette de quelques années, Norma, n’est pas en reste, et se préoccupe avant tout de son élevage de pigeons voyageurs. Reste la benjamine, avec son drôle de prénom, Florette, seize ans, jolie comme un cœur, insouciante (voire un tantinet écervelée) et pétillante, qui rêve de monter sur les planches.
On découvre leur vie au quotidien et on partage les déboires que les menées de Kaufman leur font endurer (heureusement que le shérif Heath vient les épauler, n’hésitant pas à leur fournir des revolvers pour qu’elles puissent se défendre). En filigrane se dessinent les contours de leur histoire personnelle, qui ne manque pas non plus d’intérêt. S’ajoute à ces deux trames ce qui concerne une certaine Lucy, ouvrière qui a déjà eu des démêlés avec Kaufman et dont le bébé a disparu, disparition au sujet de laquelle Constance va se sentir plus ou moins obligée d’enquêter.
« La fille au revolver » nous offre une histoire plaisante et bien menée, qui nous permet une incursion dans le milieu ouvrier de l’Amérique du début du 20ème siècle. Cerise sur le gâteau, je découvre qu’il y a une suite (mais on peut lire ce tome 1 sans s’inquiéter, il a une fin en bonne et due forme) qui vient d’être traduite et est parue directement en poche chez 10/18, comme ce premier volet.

« La fille au revolver », Amy STEWART
Titre original Girl Waits with Gun (2015)
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Elisabeth Kern
Editions 10/18 – collection Grands détectives (480 p)
Paru en 2016

4 commentaires sur “« La fille au revolver », Amy STEWART

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    1. Hé hé ! Je suis là pour ça 😉 !
      Ceci dit, même si on n’a pas affaire à un « grand » roman, j’ai vraiment pris un grand plaisir à le lire.

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