« L’homme qui s’envola », Antoine BELLO

A 43 ans, John Walker semble avoir tout pour être heureux car sa vie professionnelle aussi bien que familiale est placée sous le signe de la réussite. Mais ce chef d’entreprise talentueux et richissime, ce mari et père aimant, est rongé par le « sentiment d’être piégé et d’abdiquer peu à peu le contrôle de [s]a vie » . Au point de se décider à disparaître en mettant en scène sa mort dans le crash de l’avion qu’il pilote.
Mais tout ne se passe pas exactement comme prévu. Blessé, Walker doit d’abord trouver un refuge où se cacher et panser ses plaies. Et ce n’est là que le premier des obstacles qui vont se dresser entre lui et la liberté qu’il voudrait reconquérir…

Je pourrais en dire davantage (je le fais plus loin donc zappez le deuxième alinéa si vous ne voulez pas trop en savoir), comme le font la quatrième de couverture et les critiques que j’avais aperçues, mais ce dont elles parlent n’arrive qu’au milieu du roman et du coup on l’attend, au risque de moins apprécier la première partie. Pourtant celle-ci ne manque pas d’intérêt, entre d’un côté Walker qui la joue Man vs Wild (il s’est crashé dans un parc national) et de l’autre sa femme Sarah qui encaisse le coup avec ses trois enfants.
Le roman vire, dans sa seconde moitié, à la course-poursuite façon jeu du chat et de la souris, menée tambour battant.
« L’homme qui s’envola » se lit avec plaisir. L’auteur, bien qu’il ait à mon sens paré son héros d’un peu trop de talents (John Walker est vraiment un être d’exception et, comme j’ai cru comprendre qu’Antoine Bello avait trouvé dans ce roman un biais pour exorciser son fantasme, je me suis dit qu’il devait être un peu narcissique), nous le rend proche au point qu’il m’a paru impossible de ne pas comprendre sa décision d’abandonner femme et enfants (« Il préférait vivre avec le remords d’être parti qu’avec le regret d’être resté»). Je croisais donc les doigts pour qu’il parvienne in fine à réellement disparaître (et ne comptez pas sur moi pour vous dire si c’est le cas).

« L’homme qui s’envola», Antoine BELLO
Editions Gallimard (318 p)
Paru en avril 2017

8 commentaires sur “« L’homme qui s’envola », Antoine BELLO

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    1. Des nouvelles du Pavé de l’été demain matin ici même (non, je n’ai pas dit que ce serait le lancement du Challenge, tu verras !) !

    1. Le seul billet que j’avais vu était dithyrambique, donc je crois que je m’attendais à être emballée, ce qui n’a pas été le cas, même si j’ai bien aimé, aucun doute là-dessus. De l’auteur, dans un genre différent, j’avais beaucoup aimé « Les falsificateurs » (et le tome suivant).

  1. Je suis très surprise du retentissement qu’a ce roman de Bello (par rapport à Ada par exemple que j’ai trouvé meilleur) mais je m’en réjouis quand même. Malgré tout je l’ai aimé, pas tout mais aimé quand même, parce que je suis une inconditionnelle. C’est vrai que la course poursuite est drôlement bien ficelée, mais j’ai d’autres réserves, sur une certaine invraisemblance. Je trouve que la grande réussite de ce roman c’est finalement de constater à quel point Walker a tous les talents et pourtant il passera forcément à côté de sa vie à force de courir après le temps, c’est finalement, de mon point de vue, un roman sur l’égoïsme profond.

  2. Bonjour Brize, il faut que je lise ce roman. J’apprécie beaucoup l’écriture d’Antoine Bello et la manière de raconter une histoire. Ada, son précédent est vraiment sympa. Bonne après-midi.

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