« L’arbre du pays Toraja », Philippe CLAUDEL

CLAUDELAu pays Toraja, en Indonésie, on dépose le corps des enfants morts dans leurs premiers mois dans un arbre qui continue à grandir, en même temps qu’il l’absorbe. Frappé par cette manière de lier la mort à la vie, si éloignée de nos façons occidentales, le narrateur-cinéaste (ni tout à fait l’auteur, Philippe Claudel, ni tout à fait un autre) s’interroge, justement, sur la place qu’occupe la mort dans nos vies et plus particulièrement dans la sienne. Il a atteint la cinquantaine et le récent décès de son ami réalisateur de films, Eugène, ne cesse de résonner en lui…

J’ai eu l’occasion, il y a peu, d’assister à une rencontre avec Philippe Claudel (à l’Escale du Livre, à Bordeaux) et les propos qu’il avait tenus au sujet de son dernier ouvrage, dont il soulignait le caractère hybride, à la fois roman et essai, m’ont donné envie de découvrir « L’arbre du pays Toraja ». Le fil narratif y est pour le moins ténu mais les relations que le narrateur entretient avec ses proches sont finement observées et ses interrogations ou réflexions, dont certaines ont trouvé un écho en moi, ne manquent pas d’intérêt, d’autant qu’elles sont portées par une écriture de qualité.

Extrait :

Nous autres vivants sommes emplis par les rumeurs de nos fantômes. Notre chair et la matière de notre âme résultent de combinaisons moléculaires et du tissage complexe de mots, d’images, de sensations, d’instants, d’odeurs, de scènes liés à celles et ceux que notre existence nous a fait côtoyer de façon passagère ou durable. Poursuivre sa vie quand autour de soi s’effacent les figures et présences revient à redéfinir constamment un ordre que le chaos de la mort bouleverse à chaque phase du jeu. Vivre, en quelque sorte, c’est savoir survivre et recomposer.

J'ai bien aimé !« L’arbre du pays Toraja », Philippe CLAUDEL
Editions Stock (209 p)
Paru en février 2016

28 commentaires sur “« L’arbre du pays Toraja », Philippe CLAUDEL

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  1. J’ai lu plusieurs commentaires élogieux à propos de ce livre, semble-t-il atypique. Une façon originale en tout cas d’aborder un sujet qui nous concerne tous et dont on préfère, dans notre société, ne pas trop parler…

  2. J’avoue avoir été plus intéressée par la civilisation des Toraja que par le livre de cet auteur dont j’avais tant apprécié le précédent roman.

    1. En réalité (voir mon commentaire ci-dessous à Aifelle), j’ai la nette impression que c’est ce qui surnagera de cette lecture, que j’ai pourtant appréciée.

    1. @ Aifelle :
      Je n’ai pas été aussi séduite par ce livre que je m’attendais à l’être (il n’a pas été jusqu’aux 3 parts de tarte 😉 ), d’ailleurs j’ai l’impression que je l’oublierai assez vite, en fait, même si certains passages m’ont parlé (je l’ai achevé il y a une dizaine de jours et il me semble qu’il s’efface déjà …).
      @ Aifelle et Delphine :
      Et OUI, il y aura du pavé cet été (faudra bien un challenge pour me motiver, vu mon rythme de lecture actuel ! ) 🙂 !

        1. Moi j’ai carrément une petite liste (dans mon téléphone), enregistrée au fur et à mesure que j’en repérais, donc je suis parée : il y en aura au moins un dans le tas qui saura me plaire !

  3. J’ai purement et simplement détesté ! J’ai trouvé ça moralisateur et grossier. Tout ce qui a trait aux rites funéraires m’intéresse pourtant beaucoup, mais je ne trouve pas que Claudel approche la question de manière intelligente… Dès le départ, cette manière de considérer que le rapport à la mort des Toraja est supérieur au nôtre (qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’il y a des cultures plus pertinentes, plus intelligentes que d’autres ?) m’a agacé…

    1. Je suis allée lire ton billet et j’ai compris ce que tu avais pu ressentir … sans y retrouver ce que, moi, j’avais éprouvé à la lecture.

    1. Oui, j’avais vu (et apprécié, comme toujours même si je commente rarement, c’est un inconvénient de la lecture sur tablette) ton billet (je n’ai pas mis les liens vers les billets parus, je suis paresseuse ces temps-ci 😉 ).

    1. Compte tenu de ce que tu en dis dans ton billet, je comprends pourquoi. De mon côté, tout ne m’a pas forcément parlé (en particulier les relations du quinquagénaire avec une jeune femme), raison pour laquelle j’en suis restée à deux parts de tarte 😉 .

  4. J’avais lu de très bonnes critiques sur « le rapport Bordeck » mais je n’ai jamais réussi à en dépasser les 3 premières pages… alors malgré votre bonne critique .. j’hésite encore!

    1. Celui-ci est très différent mais ce n’est pas vraiment un roman, donc peut-être n’est-ce pas encore le bon pour aborder l’auteur, il faudrait que vous regardiez du côté de ses autres titres.

        1. De l’auteur, je n’ai lu que celui-ci et « L’enquête », mais j’ai pas mal entendu parler de ses autres titres. « La petite fille de Monsieur Linh » semble avoir beaucoup plu.

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