« Plus froid que le pôle nord », Roddy DOYLE

plus froid que le pole nordLorsque Sandra Griffin annonce à ses fils Johnny, douze ans et Tom, dix, qu’ils vont quitter Dublin pour passer avec elle deux semaines de vacances en Laponie finlandaise, elle ne leur donne pas la raison de ce voyage : elle ne veut pas être là quand la première femme de son mari et mère d’Erin, dix-huit ans, viendra rencontrer celle qu’elle a abandonnée quand elle n’était âgée que de trois ans.
Chronique, en parallèle, de deux aventures : d’un côté, un séjour polaire itinérant, car consacré à la randonnée avec chiens de traîneau, qui prendra soudain un tour inattendu et inquiétant ; de l’autre, les difficiles retrouvailles entre une femme et une jeune fille qui a grandi sans elle.

Roddy Doyle (l’auteur des « Commitments ») nous projette au sein d’une famille dublinoise recomposée tout ce qu’il y a de plus normale : les deux frères se chamaillent en permanence et la grande (demi-)sœur traverse une crise d’adolescence à rallonge qui ne la rend pas particulièrement abordable. Les événements qu’ils s’apprêtent à traverser vont, cependant, les amener à quitter les rails de leur petite routine.
Le ton est enlevé et le rythme ne mollit pas. On suit avec bonheur les deux récits en alternance et si celui des garçons démarre de manière enjouée, il ne le restera pas jusqu’au bout. Viendra un moment où la tension sera telle que le lecteur tournera fébrilement les pages.
Bien que n’étant pas le public visé (quoique, c’est à partir de 12 ans, mais il n’y a pas de limite d’âge !), j’ai beaucoup aimé ce roman. Aussi bien les thématiques abordées que la manière dont l’auteur s’y prend pour que cela sonne vrai. Il n’y a pas une fausse note dans ce qu’il nous conte et quel plaisir de suivre les deux jeunes garçons à la découverte des huskies et des paysages fascinants (« les grands espaaaces ! », comme ils se plaisent à le crier à tue-tête quand le traîneau file) de la Laponie. Les relations qu’ils entretiennent l’un avec l’autre, aussi bien qu’avec leur mère, sont traitées avec une grande finesse. Et c’est cette même finesse qu’on retrouve dans la manière dont est abordée la rencontre, sur le fil, d’Erin et de sa mère.
Un court roman prenant et attachant !

J'ai beaucoup aimé !« Plus froid que le pôle nord », Roddy DOYLE
Titre original Wilderness (2007)
Traduit de l’anglais (Irlande) par Marie Hermet
Editions Flammarion – collection Tribal (262 p)
Paru en février 2016

12 commentaires sur “« Plus froid que le pôle nord », Roddy DOYLE

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  1. He he… 12 ans et +, c’est sûr, on est le coeur de cible. Plus sérieusement, je note le titre, car d’une part je trouve que la littérature de jeunesse nous offre parfois de beaux moments de lecture, d’autre part comme Keisha j’aime ce que fait Tribal.

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