« UTOPIES » (Revue 303)

utopiesPrésentation de l’éditeur :
Telle la Beauté pour Baudelaire, l’Utopie n’est-elle par un « rêve de pierre » ? Le genre humain met en elle ses espoirs, et plonge dans ses yeux « aux clartés éternelles » comme en un miroir.
De Platon à Jules Verne, de Thomas More à Le Corbusier, de l’Atlantide aux villes volantes de Vincent Callebaut en passant par la science-fiction et la bande dessinée, l’utopie sociale, architecturale, politique est de toutes les époques, de tous les pays : le rêve d’un ailleurs serait-il constitutif de la nature humaine ? Une forme de l’espoir, une façon de supporter une réalité difficile ?
Le désir d’un avenir meilleur est-il encore le moteur de toute création ? Et si l’utopie n’était plus qu’une « valeur-refuge » pour temps de crise ?
Historiens, architectes, auteurs de bandes dessinées : chacun des contributeurs à ce nouveau numéro de la revue répond à sa manière à ces questions et ajoute une pièce au puzzle qui définit l’Utopie aujourd’hui.

Ce numéro de la revue 303, je l’avais repéré à la librairie du Lieu Unique à Nantes, lors des dernières Utopiales et j’ai eu le plaisir de le recevoir en cadeau de Noël 🙂 . Je l’ai lu in extenso (moi qui suis spécialiste de l’achat de revues que je ne lis ensuite qu’à moitié, et encore à moitié c’est dans le meilleur des cas) !
Un mot tout d’abord pour souligner la qualité esthétique de la revue, un grand format à la mise en page soignée, doté d’une iconographie copieuse et superbe, avec des illustrations affichées régulièrement en pleine page, voire en double page.
Le contenu est à la hauteur de la forme et couvre un certain nombre de domaines relatifs à l’utopie, comme l’annonce la quatrième de couverture que j’ai reprise en préambule. Sans entrer dans le détail des onze articles qui composent la revue, voici un aperçu de quelques-uns d’entre eux.

Dans « Visite guidée sur les sentiers de l’avenir », Patrick Lang (maître de conférences en philosophie à l’université de Nantes) rappelle que « L’utopie s’accompagne dès le début d’un projet d’urbanisme. […] L’espace habité ne doit pas seulement être un abri : dès les origines de l’humanité, les constructions ont un sens ». Après un panorama historique de l’utopie, il s’interroge, dans sa dernière partie, sur notre époque « dominée par la pensée tragique » : « Peut-être croyons-nous tous plus ou moins clairement que l’utopie est morte, au plus tard, avec la fin de la guerre froide dans les années 1989-1991 ». Pourtant, d’après lui, « Le constat d’une crise profonde de l’économie libérale de marché […] révèle à la fois la nécessité et la possibilité d’une réflexion fondamentale et novatrice sur l’organisation et les orientations à donner à l’activité politiques et économique future » que la pensée des utopistes peut soutenir.

Ugo Bellagamba (qui était alors directeur artistique des Utopiales de Nantes) évoque ensuite « Les utopies vertes », notamment celles de l’architecte belge Vincent Callebaut (auquel les Utopiales ont consacré dans leur édition de 2013 une superbe exposition). Il prolonge sa présentation en s’intéressant aux œuvres que la réflexion concernant la place de l’homme dans la nature a pu susciter dans la littérature de science-fiction.

« Mécanique(s) du rêve », interview de trois auteurs ligériens de bande dessinée « qui flirtent avec l’utopie et la science-fiction » offre en annexe une attractive petite bibliographie de Lecture(s) de rêve avec 20 titres d’œuvres graphiques « qui sont autant de variations sur une société fantasmée ».

L’écrivain Pierre Bordage intervient ensuite avec un article au titre volontairement provocateur de la part d’un auteur de SF comme lui : « Chère science-fiction, vous n’êtes pas mon genre … », où il répond à la question du pourquoi de la science-fiction que certains (dont je ne fais pas partie) se posent, en mettant en avant « les richesses d’un genre à [s]on avis injustement méconnu ».

Avec « Utopie et critique sociale dans Les Voyages extraordinaires de Jules Verne », l’auteur Samuel Sadaune s’interroge sur cette thématique dans l’œuvre de l’écrivain (et nous donne par la même occasion quelques idées de lecture).

Roland Lehoucq, astrophysicien et président des Utopiales, nous fournit de quoi cogiter avec son article « Parlons de science grâce à la fiction », où il explique, illustrations à l’appui, comment nos représentations en matière de culture scientifique « sont aussi largement élaborées à partir des œuvres de fiction, qu’elles soient cinématographiques, littéraires ou graphiques. »

Pour qui s’intéresse à l’utopie en général et à l’architecture et l’urbanisme en particulier, ce numéro de la revue 303 offre matière à réfléchir et à rêver. L’amateur de science-fiction, quant à lui, aura aussi le plaisir d’y retrouver des références aux lectures qu’il a déjà faites ou d’y glaner des pistes pour de nouvelles.DéfiSFFFGMle

Revue 303 (site ici) – numéro 125 paru en mars 2013

8 commentaires sur “« UTOPIES » (Revue 303)

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  1. Ce n’est pas franchement pour moi, mais ces dernières années je suis bluffée par le nombre et la qualité de certaines revues. L’offre s’est nettement améliorée dans tous les domaines.

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