« Les brumes de l’apparence », Frédérique DEGHELT

apparenceQuand Gabrielle apprend qu’elle a hérité de terres et d’une maison au milieu de nulle part, elle n’est qu’au début de ses surprises ! Parisienne quadragénaire spécialisée dans la création d’événements, ne supportant pas la campagne, elle se retrouve propulsée dans un environnement qui va tout faire pour la déstabiliser. Une fois sur place, elle découvre en effet une nature à laquelle elle est bien plus sensible qu’elle l’aurait cru. Elle fait aussi la connaissance d’une tante inconnue. Celle-ci révèle à Gabrielle qu’elle descend d’une longue lignée de femmes très particulières, guérisseuses mais pas que …

Je suis entrée dans ce roman, dont j’avais pas mal entendu parler à sa sortie, avec un a priori favorable (malgré une unique lecture de l’auteur qui m’avait un peu déçue) car j’aime bien les histoires qui touchent au paranormal, thème auquel je pense être très réceptive. Comme en plus il était question de contact avec la nature, le récit avait de sérieuses chances de me plaire. Et ce fut le cas, au moins pendant un moment. J’ai aimé que la belle Gabrielle, installée dans sa vie confortable et sûre, avec son mari chirurgien esthétique, son grand fils Nicolas, soit soudain obligée de tout remettre en question, confrontée comme elle l’est au surgissement de phénomènes qui la dépassent.
Malheureusement j’ai fini par déplorer le côté bavard du roman qui, au-delà de l’histoire qu’il raconte, en vient à se répéter en cherchant à nous convaincre régulièrement de la validité des théories qu’il illustre (la science est incapable à l’heure actuelle de comprendre certains phénomènes et pourtant ils correspondent bien à une réalité, nous avons des pouvoirs dont nous n’avons pas conscience, les âmes des morts nous entourent etc.) : dommage, car du coup j’avais presque l’impression de lire un vibrant plaidoyer-en-faveur-de, l’auteur se faisant le porte-parole passionné de tous ceux qui ont vécu des expériences de ce genre (elle s’est bien documentée sur la question en lisant 42 livres à ce sujet, comme j’ai pu le constater dans une interview). Moi, tout ce que je demandais, c’était une histoire dont je me dis qu’elle pouvait parler d’elle-même.

J'ai aimé un peu« Les brumes de l’apparence », Frédérique DEGHELT
Editions Actes Sud (362 p)
Paru en 2014

21 commentaires sur “« Les brumes de l’apparence », Frédérique DEGHELT

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  1. Ça fait 5 ans que je me promets de lire cette auteure qui a ses aficionados et à chaque fois je tombe sur un billet qui me casse dans mon élan ! 😆 Moi j’aime le « merveilleux » comme chez Carole Martinez, parfois à la limite du para-normal mais toujours amené « naturellement », ça n’entrave pas la lecture… Ni trop ni trop peu… Là…c’est mal parti ! 😉

    1. Aspho, là, c’est bien amené, vraiment. C’est juste qu’il y a aussi, en plus, une espèce de discours de justification dont j’ai trouvé qu’il polluait inutilement l’histoire.

      1. C’est bien ce que j’ai cru comprendre et je déteste ça justement ! C’est pour ça que je t’ai parlé de Carole Martinez qui amenait ça « naturellement » ! Mais bon je testerai quand même, peut-être pas avec ce titre, je verrai car l’histoire me tente bien malgré tout ! 😉 Se faire son propre avis reste ce qu’il ya de plus efficace ! 😀

  2. En effet, j’ai trouvé que l’auteure était parfois est trop dans la démonstration et pas assez dans la suggestion. J’ai apprécié cette lecture, parce qu’il y a un certain suspense, mais je sais que si je l’avais lu à un autre moment, j’aurait pu facilement l’abandonner. De Deghelt, j’ai nettement préféré « La grand-mère de Jade » !

    1. J’ai trouvé qu’il y avait effectivement une certaine tension narrative, puis je me suis lassée des trop abondants « commentaires » et je suis passée en mode lecture rapide (j’aurais pu abandonner aussi, mais je voulais savoir jusqu’où l’histoire irait …).
      « La grand-mère de Jade » ne m’attire pas, j’ai l’impression que ce serait un peu trop rose/douillet pour moi, d’après ce que j’ai pu lire à son sujet.

  3. « Moi, tout ce que je demandais, c’était une histoire dont je me dis qu’elle pouvait parler d’elle-même. » ==> C’est hyper dur et hyper juste, ça 🙂
    Je te comprends, je comprends ton billet plutôt, même si en venant le lire après avoir vu le début dans mon Netvibes j’espérais un billet qui aurait adoré et qui aurait fait évoluer mon propre avis. Mais, non, on est plutôt d’accord hélas. Je pense avoir plus accroché que toi quand même, mon billet de l’époque témoigne d’une certaine frénésie/flippe de lecture. Je n’aurais pas mis une seule part de tarte, quoi 🙂

    1. J’ai un peu hésité mais, tout compte fait, une seule correspondait mieux à mon ressenti global (et j’aurais préféré adorer car je n’aime pas écrire un billet négatif, je ne le fais pas systématiquement d’ailleurs, souvent je ne parle pas du livre en question sur mon blog ; pourtant, je sais que d’autres lecteurs seront contents de s’y retrouver, comme cela m’arrive aussi dans ces cas-là).

  4. J’ai eu l’occasion de la rencontrer pour ce roman et c’est justement le bémol que j’avais donné à demi mot. Trop expliquer, paraphraser revient à décrédibiliser le paranormal selon moi. Et puis les incohérences, le rêve un peu mièvre dans le métro (où tout le monde se parle et s’aime ) ont eu raison de moi… J’aurais aussi mis une part de tarte. Par contre j’ai trouvé Frédérique Deguelt très sympathique et elle s’est en effet beaucoup renseignée sur le sujet !

    1. J’aurais moi aussi été bien embarrassée si j’avais rencontré l’auteur après avoir lu son livre car difficile d’émettre une critique autrement qu’à demi-mot : les auteurs sont très sensibles et c’est normal, compte tenu du temps qu’ils ont passé à concevoir leurs « bébés ».

  5. Je suis aussi très mitigée quant à ce livre. J’ai été gênée notamment par le caractère caricatural de certains personnages mais surtout par ce qui me semblait devenir progressivement une sorte de prosélytisme qui ne veut pas dire son nom (genre, les bons sont ceux qui y croient), et là pour le coup, ça m’a même assez énervé.

    1. Sans être énervée, c’est vrai que cet aspect m’a un peu agacée. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’auteur semble avoir été convaincue par ce qu’elle a lu à ce sujet (ou du moins elle en donne l’impression).

  6. J’ai aimé les premiers livres de Frédérique Deghelt, mais depuis quelque temps, j’accroche moins à ses histoires, un peu trop démonstratives en effet. J’essaierai peut-être quand même celui-ci en bibli.

  7. Oh zut ! Moi, je l’ai aimé !! Le seul passage m’ayant gêné est celui de l’exorcisme de la maison. mais tout le reste m’a vraiment séduite. Et comme « Le livre d’après », j’ai beaucoup aimé « La grand-mère de Jade » qui est une histoire complètement différente.

  8. J’ai beaucoup aimé personnellement, mais surtout la première moitié. Peut-être en effet la deuxième a un peu un côté comme tu le dis « qui veut convaincre » mais tout de même, c’est une lecture qui fait s’interroger, surtout si comme tu le dis l’auteure s’est beaucoup documentée avant. J’irais lire dès demain l’interview que tu mets en lien.

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