« Ce sont des choses qui arrivent », Pauline DREYFUS

choses qui arrivent10 février 1945 : les obsèques de la princesse Natalie de Lusignan, duchesse de Sorrente, rassemblent le gratin parisien.
Retour sur la vie trop brève de cette femme, morte à 37 ans. La guerre était venue briser le fil des mondanités qu’elle appréciait tant, elle avait dû s’exiler avec son mari et leur fille à Cannes, ce qui l’avait vivement contrariée.
« La guerre, pour elle, c’est la privation de Paris et de sa vie d’avant. Autant dire un cauchemar. Oh que la paix revienne, fût-ce grâce à Pétain, fût-ce grâce à Mussolini, mais surtout que reviennent les temps des fêtes, qu’elle puisse porter à nouveau ses robes et, pourquoi pas, séduire à nouveau. Lorsqu’elle a enfilé le tailleur de Lucien Lelong, une viscose parme de la collection printemps-été 1937 (elle revoit encore les essayages avenue de Matignon sous l’œil admiratif du couturier), lorsqu’elle s’est parfumée de son parfum « N » créé en hommage à sa femme Natalie Paley, inoubliable silhouette de cristal qui portait le même prénom qu’elle, elle a eu soudain la nostalgie de Paris, des collections de couture, des cartes d’invitation qui s’entassaient dans la glace, du tourbillon mondain dans lequel elle vivait. »
En dehors de ce qui la touchait directement, Natalie de Lusignan ne se sentait donc guère concernée par le conflit en cours et pas davantage par la question des juifs. Jusqu’au jour où …

Portrait d’une jeune femme frivole et superficielle, « Ce sont des choses qui arrivent » est aussi celui d’une certaine société, la plus aisée, un microcosme dont on parle rarement lorsqu’on évoque l’Occupation. J’avais repéré ce roman mais ne savais plus trop à quoi m’attendre (je m’efforce d’oublier ce qu’on m’a dit de l’histoire, pour en avoir la surprise). J’ai de ce fait apprécié les découvertes successives qu’on peut y faire au fil des pages, chacune ponctuée d’un ironique « Ce sont des choses qui arrivent ».

Ce court roman se lit facilement et je l’ai trouvé très bien vu car l’analyse de la personnalité et des réactions de Natalie demeure, de bout en bout, vraisemblable : l’auteur ne cède pas à la tentation du romanesque pour gommer les traits peu séduisants de son personnage ou nous entraîner vers des rebondissements faciles.
Bien mené et réaliste, un livre intéressant d’un point de vue psychologique et sociologique.

J'ai bien aimé !« Ce sont des choses qui arrivent », Pauline DREYFUS
Editions Grasset (229 p)
Paru en août 2014

Les avis de : Clara,  Luocine, Delphine-Olympe , Aifelle, Galéa

11 commentaires sur “« Ce sont des choses qui arrivent », Pauline DREYFUS

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  1. J’ai aimé également ce roman, l’histoire et l’écriture. J’ai lu dans la foulée « Immortel, enfin » qui m’a beaucoup intéressée aussi. Il y a d’ailleurs des « ponts » avec celui-ci, on retrouve certaines personnalités (à commencer par Paul Morand)

  2. Je l’avais beaucoup aimé tu sais, particulièrement parce que j’aime son sens de la formule et de l’âpreté 😉
    Je dois enchaîner avec immortel enfin, qu’Aifelle a lu et qu’elle a aimé aussi.

  3. La première tentative ne fut pas fructueuse : je l’ai laissé tomber après une vingtaine de pages. Je n’ai pas trop accroché à l’écriture, que j’ai trouvé froide.

    1. Je comprends ce que tu veux dire car effectivement le roman nous tient à distance de ce qu’il raconte, je l’ai ressenti aussi, même si cela ne m’a pas trop gênée (parce que c’était court et parce que j’étais curieuse compte tenu des critiques positives lues à son sujet).

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