« La Part des flammes », Gaëlle NOHANT

couv part des flammesParis, mai 1897
Violaine de Raezal sollicite auprès de la marquise de Fontenilles l’autorisation de faire partie des vendeuses du Bazar de la charité qui va bientôt ouvrir ses portes. Mais la jeune et belle veuve, dont la réputation n’est pas sans tâche toute comtesse qu’elle soit, se fait éconduire.
Pour faire ses preuves en tant que dame patronnesse, elle se rend dans une maison où sont soignés des tuberculeux. Elle y croise la pieuse et dévouée duchesse d’Alençon. C’est grâce à elle que, finalement, elle peut rejoindre le Bazar de charité, au comptoir numéro 4. Sur place, elle rencontre Constance d’Estingel, sortie pour l’occasion de sa très grande réserve. Elle vient de rompre sans explication ses fiançailles avec Lazlo de Nérac, un jeune homme qu’elle avait conquis d’un seul regard, aussi désarçonné que ses parents par sa décision.

L’incendie du bazar de la Charité aura un impact déterminant sur le destin chaotique de ces trois personnages féminins …

Avant même de le commencer, j’étais persuadée que ce roman dont j’avais eu d’excellents échos dans la presse et sur des blogs (avec des bémols, voir in fine) allait m’emballer. Ce ne fut hélas pas le cas.
Les personnages ne m’ont pas séduite plus que cela, il n’y a qu’à la fin du roman que je les ai, du moins pour un tout petit nombre d’entre eux, trouvés plus convaincants car davantage fouillés. Les relations qui lient les trois principales protagonistes, fortuites, m’ont paru artificielles. Qui plus est, le fait que ces trois femmes apparaissent en position de victimes m’a agacée car j’y trouvais un aspect systématique rebutant (même s’il reflète une facette réelle de la société de l’époque). Il a été nuancé par la suite, heureusement, et d’autres figures féminines sont venues compléter et enrichir ce tableau initial, mais l’impression reste tenace.
Surtout, je me suis longtemps demandée quand l’histoire allait réellement démarrer … au point que, alors que j’avais déjà passé le cap des 200 pages, j’ai plusieurs fois reposé le livre en me disant que j’en resterais là. Un reliquat de curiosité concernant certaines parts d’ombre des personnages et aussi le désir de comprendre ce qui avait pu autant plaire à d’autres lecteurs, m’ont cependant aidée à parvenir au bout d’un livre qui, à aucun moment, ne m’a captivée.
Je savais qu’il y serait question de l’incendie du Bazar de la Charité (sur lequel je suis maintenant incollable), mais j’ignorais que cet événement occuperait une place aussi importante, au détriment du reste (l’Histoire prenant le pas sur l’histoire). Je croyais que j’allais lire « une histoire follement romanesque » (promise par la quatrième de couverture), je m’étais laissée dire qu’on avait affaire à un roman populaire mais j’ai vainement espéré les rebondissements en mode feuilleton qui vont de pair (allez, il y a quelques épisodes dans la dernière partie qui ressortent du genre, mais il faut de la patience pour y arriver).

Bref, « La Part des flammes » est sans conteste un roman de bonne facture, intéressant d’un point de vue historique (l’incendie déjà évoqué, la société de la fin du XIXème siècle avec notamment ce qui reste de l’aura de la noblesse, la vie de la duchesse d’Alençon, le pouvoir des aliénistes …), mais je n’y ai pas trouvé ce à quoi je m’attendais et me suis plutôt ennuyée.

J'ai aimé un peu« La Part des flammes », Gaëlle NOHANT
Editions Héloïse d’Ormesson (493 p)
paru en mars 2015
Prix France bleu – Page des libraires

Des avis élogieux chez : Yueyin (bêta-lectrice de l’auteur), Karine , Tamara, La chèvre grise
Une Comète  et Micmélo ne partagent pas cet enthousiasme. Tasha a « passé un agréable moment de lecture, sans plus« .

29 commentaires sur “« La Part des flammes », Gaëlle NOHANT

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  1. C’est tout à fait ce que je craignais. J’ai approché plusieurs fois ce livre (hier encore !) an librairie, le prenant, le reposant, appâtée par les commentaires élogieux de la blogo.
    Du coup je ne vais pas insister.

    1. J’ai failli l’acheter moi aussi, mais comme toi j’ai hésité. Par chance, une de mes bibliothèques l’a acheté et je crois bien que j’ai été la première à l’emprunter ! Regarde si tu peux le trouver en médiathèque, ça vaut le coup de tenter car beaucoup ont aimé.

    1. Ah oui, trop drôle (mais maintenant je me souviens que je l’avais vu en cours de lecture dans la colonne à droite de ton blog) : on aurait pu faire une lecture commune ! Du coup j’ai rajouté un lien vers ton billet (que je m’en vais aller commenter).

  2. C’est vrai que j’ai trouvé plusieurs défauts à ce roman, et je comprends très bien que tu te sois ennuyée 😉

    1. Ah ! Mais c’est qu’on file la métaphore incendiaire, ici 🙂 !
      Ceci dit, je n’ai fait que rendre compte de mon ressenti et les avis sont majoritairement positifs.

  3. C’est vrai que le roman ne « démarre » pas. Mais de mon côté, j’ai réussi à me laisser porter, ne rien attendre, et du coup, j’ai vraiment apprécié cette lecture. On est loin du feuilleton romanesque comme tu semblais l’attendre effectivement. Et j’ai apprécié être surprise. Et surtout en apprendre plus sur cette période de l’Histoire que je connais au final assez peu et mal.

    1. C’est vrai que, quand on part avec certaines attentes, comme c’était mon cas, qu’on s’est en quelque sorte déjà imaginé un peu le roman, on déchante si ça ne colle pas. Je pense tout simplement que ce roman n’était pas pour moi, contrairement à ce que j’avais cru.

  4. C’est marrant, j’aurais aussi pensé qu’il t’aurait davantage plu, même si le côté « héroïnes victimes » allait pour sûr t’agacer ! 🙂

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