« Le manoir de Tyneford », Natasha SOLOMONS

manoir de tynefordAu printemps 1938, la jeune Elise Landau est envoyée par ses parents  loin de Vienne, où la menace sur les juifs se fait de plus en plus pressante. Elle rejoint le manoir de Tyneford, sur la côte anglaise du Dorset, pour y occuper un emploi de domestique, chargée de tâches que ses conditions de vie privilégiées (sa mère est cantatrice et son père écrivain, tous deux connus) l’avaient jusque-là dispensée d’accomplir.
Malgré les difficultés de sa nouvelle existence, Elise apprécie la beauté des lieux (et les passages qu’y fait Kit, le fils du maître). Mais l’angoisse de savoir ses chers parents toujours retenus à Vienne dans l’attente d’un visa pour les Etats-Unis, que sa sœur aînée a déjà pu rejoindre avec son mari, la mine …

C’est Elise la narratrice, une dame maintenant âgée qui remonte le fil de ses souvenirs. Et si, rapidement, j’ai pressenti ce qu’il adviendrait à la fin du roman, peu importe, j’étais dans de bonnes dispositions, toute prête à embarquer pour un séjour sur la côte anglaise, avec un manoir et des paysages romanesques à souhait.
La vie de la domesticité est d’autant plus efficacement représentée qu’elle est vue au travers du regard d’Elise, passée de l’autre côté, dans ce monde des serviteurs qu’elle n’imaginait même pas. On s’attache immédiatement à cette jeune fille spontanée et volontaire, qui ne s’apitoie pas sur elle-même alors qu’elle a perdu tout son confort matériel, car la chose qui lui tient le plus à cœur, ce sont ses parents qu’elle aime et admire.

« Le manoir de Tyneford » est certes un roman un peu convenu, mais pourquoi pas à l’occasion, quand le naturel est tel qu’on a l’impression d’y être, partageant au quotidien les émotions (et parfois les émois …) d’Elise et prenant au passage un bon bol de cette Angleterre aussi typique qu’on se l’imagine.

Extrait :

« C’était l’un de ces matins parfaits de juin qui vous donnent la certitude que le paradis était un jour d’été dans le sud de l’Angleterre. Le carillon de l’église qui résonnait sur la colline s’accordait à celui produit par les clochettes des moutons dispersés dans le pré, à côté du cimetière. Sur un mur de pierre, un chat noir aux yeux avides regardait des canetons jaunes barboter dans la mare. Je pris une profonde inspiration et emplis mes poumons de l’essence de l’été. L’air était chargé du parfum de milliers de fleurs sauvages et le soleil teignait en rose vermillon les gueules-de-loup et les digitales des jardins. Le paysage tout entier était une palette de couleurs. Le ciel d’un bleu intense vibrait au-dessus des prairies parsemées de boutons d’or.[…] Au loin, la mer scintillait, de l’écume s’écrasait sur la grève. »

J'ai bien aimé !« Le manoir de Tyneford », Natasha SOLOMONS
Titre original The Novel in the Viola (2011)
Traduit de l’anglais par Lisa Rosenbaum (2012)
Editions Le Livre de Poche (519 p)

Repéré chez Aifelle.  Les avis de Keisha et Lou. Le beau billet enthousiaste de Galea. Ce qu’en ont pensé Choupynette de Restin, Luocine, Hélène, FondantOchocolat, La Chèvre grise, Malice, missbouquinaix, SD49 … et encore d’autres avis sur Babelio.

31 commentaires sur “« Le manoir de Tyneford », Natasha SOLOMONS

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  1. voilà tu l’as bien dit un « roman convenu » mais j’en garde un souvenir léger , une déception pour moi car j’avais beaucoup aimé son précédent roman sur l’homme qui voulait être plus british que les anglais et qui a construit son propre golf

  2. Oui, convenu mais pas désagréable, et finalement après quelque temps je préfère l’autre roman dont parle Luocine.

    1. Je l’avais acheté à sa sortie en poche, l’année dernière … et puis, finalement, ce n’était pas le bon moment (et j’avais peur d’être déçue, après avoir lu d’autres critiques assez moyennes parues ensuite).
      Je m’y suis attaquée tout récemment, donc, après une lecture assez pesante (pas encore chroniquée) : j’ai senti que, là, j’allais apprécier (et ce fut le cas).

  3. J’avais eu très envie de le lire après le billet enthousiaste de Galéa mais ma lecture d’un autre titre de N.Solomons (« La Galerie des maris disparus ») m’avait nettement refroidie … Mais je note qu’il est sorti en poche …

    1. Il est sorti l’année dernière. Je ne suis pas enthousiaste comme Galea, mais j’ai passé un bon moment.

  4. Je n’ai pas boudé mon plaisir en lisant ce roman et j’en garde un bon souvenir. J’ai l’intention de lire « Jack Rosenblum rêve en anglais », je pense que c’est celui qu’évoquent Keisha et Luocine.

    1. Oui, ça doit être celui-là (pas encore regardé si je peux le trouver en média). Et je n’ai pas boudé mon plaisir non plus 🙂 !

  5. J’ai lu ce roman à la suite de Jack Rosemblum rêve en anglais et je l’ai trouvé moins bien et je ne l’ai pas terminé !

    1. Vous êtes pas mal à le lui avoir préféré ! Et je comprends que tu aies pu ne pas le terminer : comme je le dis dans mon billet, j’étais dans de bonnes dispositions (je ne m’attendais pas à quelque chose d’exceptionnel) et je l’ai lu au bon moment, après une lecture plus difficile (pas encore chroniquée).

    1. Je pense que, pour ne pas être déçue, il ne faut pas mettre la barre trop haut + choisir le moment où on se sent réceptive pour ce type de lecture. Là, ça peut marcher !

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