« Et plus encore », Patrick NESS

patrick nessSeth, 16 ans, pénètre dans l’eau glaciale de l’océan, décidé à en finir. Et c’est ce qui arrive, quand les vagues le projettent violemment sur les rochers qui lui ouvrent le crâne. La souffrance est intolérable. Il meurt et il le sait.
Alors pourquoi se retrouve-t-il ensuite dans la maison où il vécut en Angleterre, abandonnée sous des tonnes de poussière, dans une ville qui n’est plus que ruines et désolation, absolument seul au milieu du silence ?
Est-il en enfer ?

J’attendais sans doute trop de ce roman, au sujet duquel j’avais aperçu quelques critiques très élogieuses et je me réjouissais à l’idée de lire à nouveau l’auteur de la spectaculaire et passionnante trilogie du « Chaos en marche ». Mais alors que, pour cette dernière, je n’avais pas ressenti cette impression de ne pas être le lectorat ciblé, malgré la jeunesse des héros, ce ne fut pas le cas ici. Il m’a semblé que l’auteur avait quelques messages forts à faire passer auprès de son jeune public et que, finalement, l’histoire n’était qu’un instrument au service de cet objectif. Si bien que mon espoir initial, celui d’être transportée au cœur d’un récit puissant et extraordinaire, a été quelque peu déçu.
Certes, il y a une révélation concernant le monde hors du commun dans lequel Seth a surgi, mais au prix de combien de chapitres qui avancent à coups de découvertes distillées au gré de mini-suspenses, avec cette impression désagréable de voir le héros évoluer laborieusement d’une embûche à l’autre, comme au sein d’un (trop lent) jeu vidéo. Et la nature de la révélation elle-même ne m’a pas paru si renversante que cela (j’ai dû trop lire de SF, Greg Egan notamment).
L’habillage post-apocalyptique du roman, à mon sens, n’est donc qu’un décor dans lequel s’inscrit le principal, à savoir la démarche que Seth, sans en avoir conscience, entreprend pour apprendre à mieux se connaître et mieux appréhender ceux qui l’entourent. Les scènes enchâssées dans le cours de l’action présente, où l’on voit Seth revivre des moments de son passé, un passé avec ses non-dits et ses secrets, nous expliquent progressivement pourquoi il a voulu en finir. C’est au cœur de ce passé que nous découvrirons le plus surprenant et ce sont ces scènes que j’ai appréciées, tant elles sonnaient vraies.

Au final, « Et plus encore » s’avère un roman pénétrant sur l’adolescence, porté par une histoire artificiellement (mal) rythmée, qui aurait gagné à être resserrée et dont le dénouement ne m’a pas offert l’ultime et incroyable révélation que j’attendais (unique raison pour laquelle je l’ai lu jusqu’au bout).

J'ai aimé un peu« Et plus encore », Patrick Ness
Titre original More Than This (2013)
Traduit de l’anglais par Bruno Krebs
Editions Gallimard jeunesse (443 p)
Paru en novembre 2014

Cuné le recommande.
D’autres avis positifs (mais pas que) sur Babelio.

12 commentaires sur “« Et plus encore », Patrick NESS

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  1. Ta perception est très éloignée de la mienne, c’est marrant 🙂
    Moi en lisant j’éprouvais comme une sorte de reconnaissance envers cet auteur qui parvenait à me faire me poser mille question, j’ai beaucoup aimé notamment en raison de la lenteur de la progression qui me permettait de supputer à foison. La révélation finale fait un peu flop, je suis d’accord, mais tout est dans le voyage, disait le King des Kings, non ? 😉

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