« Un crime délicat », Sérgio SANT’ANNA

crime délicatC’est en la rattrapant alors qu’elle était en train de tomber dans un escalator qu’Antonio Martins a fait la connaissance de la belle Inès. Il a la cinquantaine, est critique de théâtre. Elle a 20 ans et pose comme modèle, malgré sa jambe atrophiée qui lui vaut une claudication permanente. Le critique revient sur les circonstances de leur rencontre et tout ce qui a suivi, jusqu’aux événements qui l’ont conduit à rédiger cette « pièce écrite » en forme de témoignage à décharge pour ce qui lui est reproché …

Sergio Sant’Anna est un écrivain brésilien réputé, pour la première fois traduit en français. L’acte évoqué par le titre, celui qui motive la prose, toute en longues phrases maîtrisées, de son auteur, nous n’en connaîtrons la teneur que dans la dernière partie, de quoi maintenir une certaine tension liée à cette attente. L’ironie que le narrateur manifeste vis-à-vis de lui-même nous incite à nous interroger sur la nature exacte de ce crime étrangement qualifié de « délicat ». L’atmosphère a un petit côté mystérieux, autant que le personnage d’Inès et les conditions dans lesquelles elle exerce ses fonctions de modèle. Le roman est parsemé de diverses considérations sur la critique d’art, qui ne manquent pas d’intérêt même si elles en ralentissent quelque peu le rythme, mais de toute façon l’histoire, pas très consistante, prend son temps pour avancer (ce qui n’a pas empêché le roman de faire l’objet d’une adaptation cinématographique). Le fin mot de l’affaire permet de donner à la réflexion entreprise sur l’œuvre et sa critique un prolongement inattendu, habilement introduit et qui, au-delà du crime lui-même, ne manque pas de piquant.

« Un crime délicat » est un roman dont les qualités sont manifestes. Mais il m’a donné l’impression d’être avant tout un exercice de style et j’ai eu tendance à m’y ennuyer, affaire de goût sans aucun doute.

Extrait (le début du roman) :

« Il est nécessaire de préciser qu’elle était, la première fois que je l’ai vue, assise à une table du Café, et que je ne pouvais l’observer toute entière, quoique j’arrivais à conclure, par son visage, ses traits fins et délicats – et par ses seins menus, à première vue, sous un chemisier léger – qu’elle était une femme mince, au corps bien proportionné. Mais c’est surtout son visage qui m’a attiré, ses cheveux clairs, bouclés, qui m’ont fait penser, peut-être aidé par deux doses de cognac, à une princesse russe. »

J'ai bien aimé !« Un crime délicat », Sérgio SANT’ANNAlogobresil2
Titre original Um Crime Delicado (1997)
Traduit du portugais (brésilien) par Izabella Borges-Barrot
Editions Envolume – collection Brésil (163 p)
Paru en mars 2015

8 commentaires sur “« Un crime délicat », Sérgio SANT’ANNA

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    1. C’est vraiment une réaction toute personnelle et je suis certaine que ce roman saura accrocher d’autres lecteurs davantage qu’il ne l’a fait pour moi.

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