« L’enfant du 15 août – Mémoires », Régine DEFORGES

enfant du 15 aoutJ’avais repéré cette autobiographie dans Télérama à sa parution en 2013. La critique, excellente, m’avait donné envie de la découvrir (de l’auteur, j’avais au moins lu « La bicyclette bleue » et j’étais curieuse de son parcours d’éditeur de livres érotiques puis d’écrivain) mais pas au point de l’acheter. Ce n’est que récemment que j’ai croisé ce volume en bibliothèque : entre temps, j’avoue que je l’avais un peu oublié, pourtant le décés de l’auteur, en avril de cette année, aurait pu me le remettre en mémoire. Elle avait 78 ans, ma mère est morte au même âge et elle était née en 1932 soit trois ans avant Régine Deforges. Autant dire que c’est en pensant à ma maman, elle aussi issue d’un milieu modeste, que j’ai entamé la lecture de cette autobiographie, où la France d’après-guerre sert de cadre à l’évocation des années de jeunesse.
Loin de moi l’idée de vous faire ici un résumé de la vie de Régine Deforges (vous devriez pouvoir en trouver sans peine sur internet), mon billet risquerait d’être assez long (et, pour ne rien vous cacher, je n’en ai pas le courage !). Je me contenterai de constater qu’elle fut riche et visiblement passionnante … ce dont, malheureusement, l’autobiographie ne rend pas compte comme je l’espérais. L’écriture n’a pas de relief particulier et l’ensemble relève avant tout du factuel, avec ce sentiment quasi-permanent de rester à la surface des choses (ou des gens, car des très nombreux personnages que l’auteur a croisés nous ne connaîtrons la plupart du temps que les noms, qu’elle cite en ribambelle, ne nous présentant que fort rarement les individus qui les portaient). A noter, cependant, que tout ce qui concerne la femme en tant qu’écrivain (ce qu’elle devint dans la seconde partie de sa vie) est présenté de manière assez détaillée, avec la genèse de ses romans et sa manière de se documenter et de les construire.

J’ai lu ces mémoires sans difficulté mais en me sentant frustrée car elles ne m’ont guère permis que d’effleurer la personnalité d’une femme pourtant extraordinaire, au sens propre du terme, comme en témoigne la modernité de son comportement. C’était aussi une femme en proie à des interrogations ou des inquiétudes profondes, mais elle ne nous les livre que ponctuellement, au travers de (trop) courts (et trop peu nombreux) extraits de son journal intime, dont le style extrêmement vivant tranche avec la rédaction distanciée de l’autobiographie. Ce style, on le retrouve dans les trente dernières pages de l’ouvrage où l’auteur se dépouille de sa réserve et où on a l’impression, enfin, de la rencontrer.

J'ai aimé un peu« L’enfant du 15 août – Mémoires », Régine DEFORGES
Editions Robert Laffont (474 p)
Paru en août 2013

6 commentaires sur “« L’enfant du 15 août – Mémoires », Régine DEFORGES

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    1. Cette autobiographie te permettra de mieux la connaître, certes, mais pour ma part je suis restée sur ma faim, elle s’y livre trop peu à mon sens. J’aurais aimé mettre en lien l’article de Télérama, pour donner un éclairage complémentaire, mais il n’est pas en ligne.

  1. Je l’ai tellement entendue s’exprimer au fil des années, sur toutes les ondes possibles, que je n’ai pas très envie de lire une autobiographie, surtout avec ce que tu en dis.

    1. Je ne l’avais jamais entendue (ou vue dans une émission à la télé), donc je ne sais pas ce qu’elle y livrait d’elle-même.
      Je me dis qu’une biographie pourrait tout compte fait être plus réussie que ces Mémoires (surtout si l’auteur avait accès aux journaux de l’écrivain …).

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