« Les chaussures italiennes », Henning MANKELL

chaussures italiennesIl a 66 ans et vit retiré sur son île de la Baltique depuis 12 ans, quand ce qu’il appelle « la catastrophe » est venue mettre un terme à sa carrière de chirurgien. Les seules visites qu’il reçoit sont celles du facteur en hydrocoptère, Janson, qu’il tient soigneusement à distance.
Mais voilà qu’un matin, sur ses terres, surgit une femme équipée de son déambulateur. C’est Harriet, celle qu’il a aimée puis fuie sans explication, 37 ans plus tôt.

L’irruption d’Harriet est l’élément déclencheur d’une série d’incidents ou d’événements qui vont l’amener à remettre en question l’existence qu’il menait jusque-là …

Parfois, je fais un blocage.
On a beau me dire, ou écrire, qu’un livre est bien, je ne le « sens » pas, ou alors (c’était le cas ici) la couverture ne me dit rien qui vaille, trop sinistre à mon goût, allez savoir. Je bloque, quoi !
Jusqu’à ce jour où, après la lecture des romans du Prix Confidentielles, j’avais enchaîné avec celle de « Dans les yeux des autres », de Geneviève Brisac et continuais à éprouver le besoin de romans consistants, prenant la vie à bras le corps. Et comme les bibliothécaires de ma nouvelle ville du sud-ouest avaient eu l’idée de mettre « Les chaussures italiennes » sur un présentoir, je me suis dit que c’était peut-être le roman qu’il me fallait.

C’est comme cela que je me suis plongée dans ce récit, tranquillement au début, puis est venu le moment où je ne pouvais plus le lâcher.
Tout m’a plu dans ce roman dont l’écriture et la narration à la première personne m’ont immédiatement séduite. Le cadre (la nature avant tout), les personnages (fouillés et pas communs) et l’histoire, bien sûr, dont les péripéties accompagnent le cheminement intérieur du principal protagoniste.
Il y a des scènes chocs, des réflexions susceptibles de trouver écho en chacun sur nos manières de conduire nos vies, et quelques questionnements propres à la société suédoise mais qui, sans difficulté, peuvent aussi s’appliquer à la nôtre.

Un roman dense et prenant, parfois tragique mais toujours profondément humain.

Marquant !« Les chaussures italiennes », Henning MANKELL
Titre original Itlienska skor (2006)
Traduit du suédois par Anna Gibson
Editions du Seuil (341 p)
Paru en octobre 2009

Ce roman a suscité de trèèès nombreux avis sur les blogs (et j’ai renoncé à retrouver ceux que je connaissais !). N’hésitez donc pas à déposer le lien vers le vôtre dans les commentaires, je me ferai un plaisir d’aller le relire.

28 commentaires sur “« Les chaussures italiennes », Henning MANKELL

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  1. C’est avec ce roman là que j’ai fait connaissance avec Henning Mankell et je ne l’ai plus quitté. Je n’ai pas encore tout lu, mais j’ai l’intention de le faire.

  2. J’aime les enquêtes policières de Mankell ( une nouvelle enquête de Wallander vient de sortir) mais je l’apprécie encore plus dans ses romans. Profondeurs est mon préféré.

    1. Je suis allée sur ton blog pour voir ce que tu disais de « Profondeurs »… mais tu racontes la fin, il me semble. Bon, ce n’est pas grave, parce que je pense que c’était un peu trop plombant pour moi !

      1. C’est une très vieille lecture mais j’ai vérifié, je ne dis rien de plus ( enfin ce que tu penses être la fin) que dans la quatrième de couverture.
        Il est vrai que parfois, les quatrièmes en disent un peu trop.

  3. Comme aifelle, c’est avec ce roman que j’ai découvert l’auteur. J’ai été conquise, comme presque tout le monde je crois. C’est drôle parfois ces sortes de blocage par rapport à un roman ou un auteur, on ne sait pas vraiment d’où cela vient mais il y a un petit quelque chose qui nous retient. Tu as bien fait de dépasser cette appréhension en tout cas 😉

  4. J’aime bien quand tu mets 4 parts de tarte, c’est si rare ^^
    Adoré en 2010, une découverte que je dois à Cathulu (comme beaucoup d’autres !!). Tu veux mon billet ? (C’est très court) :)))

    « Les bruits, ici, paraissaient contraints de faire la queue avant d’être autorisés à entrer dans le silence. »

    Fredrik était chirurgien orthopédique, avant. Un jour, il a commis une grave erreur. alors, il a tout plaqué, pour vivre seul sur une petite île. Douze années passent. Il ne se pardonne pas. Il a soixante-six ans. Il ne met pas à profit son existence solitaire pour réfléchir à sa vie. Une petite silhouette aggripée à un déambulateur sur la glace vient tout changer : c’est Harriett. Ils se sont autrefois aimés, et fidèle à lui-même il l’avait abandonnée sans un mot. Avec elle arrive le temps de la vraie introspection, tout autant que celui d’agir, enfin, l’espace de quelques solstices…
    Un roman magnifique et vibrant, tout en retenue et pureté. Des personnages qui explosent de présence, Louise qui croit en un monde où l’on résiste ou Jansson l’hypocondriaque qui peut prédire la météo grâce à ses pouces, de l’entraide, une douceur qui est tout sauf triste, un univers douillet et précieux que l’on quitte à grand regret.

  5. Aaahh ! Les chaussures italiennes ! Le plus beau roman de Mankell que chacun a découvert avec ses polars.
    On aimerait en voir adapté un film, non pas à cause du scénario mais parce que les images y sont évoquées avec une force peu commune (la nuit au fast-food ou la petite « fête d’été » donnée sur l’île sont des morceaux d’anthologie) et qu’il ne faut que quelques lignes à Mankell pour nous plonger au cœur de l’hiver suédois aux côtés de son Fredrik Welin.
    Et ce sens de la chute au coin d’un paragraphe, pour aller droit au cœur, à l’essentiel.
    Alors, que ceux qui ne connaissent pas encore Mankell ou qui n’en connaissent que ses polars, se précipitent sur cet excellent roman. De la très très belle littérature.
    Un livre où l’on découvre qu’il n’est pas bon de vivre gelé dans son passé.

    1. J’aime beaucoup quand tu écris : « C’est un roman lumineux, puissant et plein d’espoir, un de ces romans qui fait croire en l’humanité. » Oui, voilà, c’est tout à fait ça !

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