Salon LIRE EN POCHE à Gradignan (samedi 4 octobre 2014)

affiche Lire en pocheAvant même d’arriver à Bordeaux (plus exactement dans une commune adjacente, à Talence), j’avais commencé à regarder si la ville ou ses environs proposaient des festivals littéraires susceptibles de m’intéresser. J’en avais repéré deux : Escale du Livre, qui se déroule en avril (grâce auquel je suis en train de lire « Autour du monde », de Laurent Mauvignier : il fait partie des 5 romans sélectionnés pour le Prix des lecteurs Escale du Livre 2015 et plusieurs exemplaires sont donc disponibles dans les médiathèques participantes) ; et Lire en poche à Gradignan (ville qui fait partie de la Communauté Urbaine de Bordeaux).
Contrairement à ce que j’ai d’abord cru, ce salon n’est pas une copie du Lire en poche de Saint Maur, dont j’avais entendu parler sur les blogs, mais c’est « le » salon du livre de poche d’origine (celui de Saint Maur a été lancé quelques années après). Il fêtait ce week-end ses dix ans d’existence, avec Véronique Ovaldé comme marraine.

LIRE EN POCHE se tient dans l’enceinte de la médiathèque de Gradignan (à laquelle je suis déjà abonnée, parce que bien évidemment je ne peux pas n’être abonnée qu’à la seule médiathèque de la ville où j’habite !) et du théâtre des quatre saisons, tous deux situés dans le parc de Mandavit, autant dire que l’environnement (dont on profite d’ailleurs de l’intérieur de la médiathèque, une des plus belles que j’aie jamais fréquentées, dans son écrin de verdure) est top :ext 1

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Au sein du beau programme  (détail ici) de ce Salon, auquel participaient de très nombreux auteurs et non des moindres (si vous voulez des noms, c’est ), j’avais sélectionné quelques rencontres. En attendant la première d’entre elles, j’ai fait un tour sur les stands dressés pour l’occasion. J’ai flashé sur celui des éditions Finitude, dont les livres sont tous plus attirants les uns que les autres :

Les éditions Finitude
Les éditions Finitude

Et puis, ô surprise, je suis tombée successivement sur Philippe Jaenada et sur Carole Zalberg, auxquels je suis donc allée déclarer ma flamme dire tout le bien que je pensais pour le premier du « Chameau sauvage » et pour la seconde de « Feu pour feu ».

Carole Zalberg
Carole Zalberg
Philippe Jaenada
Philippe Jaenada

Le petit papotage avec le sieur Jaenada m’a confirmé ce que je m’étais dit, à savoir qu’il avait fait le tour de la veine autobiographique de son œuvre, raison pour laquelle il avait décidé de s’intéresser à une autre vie que la sienne et plus précisément à celle de Monsieur Sulak.

Dans la foulée, je n’ai pu m’empêcher d’aller (essayer de et à peu près réussir à) tchatcher avec deux auteurs de polars allemands, Richard Birkefeld et Göran Hachmeister :

Richard Birkefeld et Göran Hachmeister
Richard Birkefeld et Göran Hachmeister

 

Après ces sympathiques tête à tête, je suis allée écouter la suédoise Katarina Mazetti, dont j’avais beaucoup aimé « Le mec de la tombe d’à côté » (qui a fait l’objet du premier billet de mon premier blog, quand même !), interviewée par Christine Ferniot. C’était une heure passionnante, en compagnie d’un écrivain dynamique et bourrée d’humour.

Katarina Mazetti
Katarina Mazetti

L’auteur a d’abord travaillé à la radio mais « tout ce qu’on fait à la radio, c’est de l’air », affirme-t-elle, raison pour laquelle elle a rapidement eu envie de convertir en livres des émissions pour enfants qu’elle avait faites.
Revenant sur la genèse du « Mec de la tombe d’à côté », elle explique qu’elle était alors mariée au « mec », un fermier dont le travail était dur. Ses collègues lui demandaient : « Vous, les fermiers, qu’est-ce que vous faites en hiver ? ». « Un peu comme si les vaches, en hiver, partaient comme les oiseaux migrateurs ! », commente Katarina. De ce genre d’interrogations est née son envie d’écrire un livre pour montrer la difficulté de ce travail de paysan. En même temps, une amie à elle divorçait, donc elle a fait d’une pierre deux coups en traitant aussi dans son livre la thématique du deuil qu’on fait de l’être aimé.
« Le caveau de famille » (suite que je n’ai pas voulu lire), elle l’a écrit parce qu’elle était agacée qu’on vienne la trouver en lui faisant des remarques sur l’attitude de Désirée par rapport à Benny. Elle a donc éprouvé le besoin de préciser ce qui se passait entre eux.
Le dernier livre de Katarina Mazetti, « Le Viking qui voulait épouser la fille de soie », s’intéresse à une époque qui plaît à l’auteur en tant que féministe car il y avait une grande égalité entre les sexes (et là, je me suis dit : zut, j’ai raté les documentaires qu’Arte vient de diffuser sur les femmes vikings et qui avaient l’air pas mal !).

Après cette virée suédoise, pause casse-croûte bien agréable, en compagnie du groupe de jazz O.J-L.B : ben oui, ça s’passe comme ça à Gradignan, on a même des musiciens en livre !
Puis retour à la médiathèque pour une petite heure de Science-Fiction avec Pascal GODBILLON, directeur depuis 2006 de la collection Folio SF. Il avait choisi de présenter deux auteurs, Léo Henry et Loïc Henry qui, contrairement aux apparences n’ont aucun lien de parenté (précisons aussi que non, pas besoin d’avoir « Henry » pour patronyme et un prénom en L si on veut être publié chez Folio SF !).Folio SF
Créée en 2000, la collection de poche Folio SF s’inscrit dans la continuation de Présence du Futur, qu’elle a remplacée. La philosophie de la collection est d’offrir une bibliothèque idéale de la SF au sens large (en gros, tout ce qui ressort des littératures dites de l’imaginaire, appellation que pour sa part P. Godbillon récuse puisque toute histoire, quelle qu’elle soit, dès lors qu’il s’agit d’une invention, relève de l’imaginaire et ça m’a fait plaisir qu’il fasse tout haut cette remarque que je m’étais déjà faite tout bas), avec des classiques d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Une fois par an, Folio SF publie un inédit, qui sort donc directement en poche, la plupart du temps d’auteurs qui sont déjà à son catalogue.

Après la SF, direction l’auditorium, pour y écouter mes auteurs allemands du matin, Richard Birkefeld et Göran Hachmeister, interviewés par Bernard Daguerre. Historiens de formation, ils s’intéressent avant tout à l’histoire des faits culturels et sociaux du 20ème siècle. Plus concrètement, leurs romans se situent pour l’un (« Deux dans Berlin ») dans l’Allemagne de 1944 et pour l’autre (« Des hommes de tête ») dans celle de la République de Weimar. Pour projeter leurs connaissances dans les romans, ils ont fait appel aux quotidiens de l’époque, très facilement consultables, aux récits des témoins oculaires, aux cartes postales, aux souvenirs de leurs propres parents. Ils se sont aussi appuyés, afin d’être en mesure de présenter une description détaillée de Berlin, sur des cartes de la ville datant de 1939, car beaucoup de noms de rues avaient changé à l’époque. L’étude du cadastre de 1944, où étaient déjà répertoriées toutes les maisons détruites, leur a permis de ne pas faire d’erreur lorsqu’ils situaient les actions des personnages.

*****

J’ai quitté les lieux un peu plus chargée (mais si peu !) qu’à l’arrivée (les deux livres du dessous dédicacés, bien sûr) :achats

Je vous donnerai un aperçu du dimanche dans le billet suivant.

19 commentaires sur “Salon LIRE EN POCHE à Gradignan (samedi 4 octobre 2014)

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    1. L’auteur m’en a donné envie (mais j’ai résisté : c’est vrai, quoi, il n’était pas en poche 😉 ), car elle a dit s’être inspirée des sagas islandaises = sang + humour + suspense (tout un programme !).

  1. Super sympa cette balade en ta compagnie à ce Livre en poche, dont j’ignorais l’existence (ça se voit que j’adore les compte-rendus ? :)) Je te plaignais un petit peu d’avoir quitté Lille mais je vois que bon, ça va cette nouvelle région, c’est pas le pire ;o)))

  2. Compte-rendu très sympa, qui me ferait presque faire le voyage ! L’affiche est superbe, le programme plus que tentant et tu as fait de belles rencontres, c’est le plus intéressant dans les salons (avec les débats).

  3. Un salon du Livre de Poche, c’est super, ça a l’avantage de permettre de faire des folies raisonnables ! Je ne connais pas du tout les éditions Finitude, je vais aller voir leur catalogue. Merci pour ce compte-rendu !

    1. J’avais moi aussi apprécié de te lire sur le Festival America 😉 !
      Les éditions Finitude, tu les connais peut-être déjà via « Devenir Carver ».

    1. Et qui se connaissent ! Car figure-toi que j’ai vu soudain surgir Jaenada alors que je discutais avec Carole Zalberg ! Et il lui a demandé si je lui faisais aussi le coup de « J’ai adoré votre livre » ! « . Il a fallu que je lui assure que, non, je n’aimais pas TOUS les livres que je le lisais (et qu’ils avaient tous deux eu le maximum en « cote d’amour » !).

    1. Merci Marilyne 🙂 !
      Je piétine un peu avec « Autour du monde », parce que c’est une suite d’histoires. Il vient de se faire doubler par « L’écrivain national », récupéré entre temps en médiathèque. Et j’ai intérêt à me remettre vite fait à sa lecture parce que deux nouveautés que j’avais réservées viennent de rentrer : « La femme d’en haut », de Claire Messud et « Le complexe d’Eden Bellwheter » .

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