« Les liens du mariage », J. Courtney Sullivan

liens du mariageFrances (1947) a 32 ans et travaille dans la publicité pour les diamants. « Les diamants sont éternels », c’est elle. Pionnière à sa manière, elle préfère sa carrière à une vie de famille classique.
Evelyn (1972), mariée et professeur d’anglais à la retraite, découvre que son fils Teddy envisage de divorcer de Julie, une jeune femme qu’elle aime beaucoup.
James (1987) est marié à Sheila, infirmière, et ils ont deux enfants. Il est ambulancier, s’épuise à la tâche sans parvenir à joindre les deux bouts.
Delphine (2003) a quitté la France et son mari pour suivre un jeune violoniste à succès, qui maintenant la trompe.
Kate (2012) vit avec Dan et leur petite fille Ava. Elle est chargée de s’occuper du mariage de son cousin gay, auquel elle est très attachée, alors qu’elle est foncièrement opposée à cette institution.

Cinq personnages à suivre, sur quelques décennies (pour Frances) ou quelques jours, mais avec des retours en arrière tels que nous avons un aperçu de toute leur vie. Au cœur de celle-ci, toujours, ce sont « Les liens du mariage » qui sont visés ou, de manière plus large, les « Engagements », titre original et plus représentatif du roman. Avec, en bijou voyageur, une certaine bague en diamants …

Avec « Les liens du mariage », vous avez cinq romans pour le prix d’un et comme ils sont bons, ça vaut le coup !
Certes, j’ai eu un peu de mal au début avec Delphine, qu’on découvre en train de saccager l’appartement de son amant américain qui la trompe, mais j’ai fini par mieux la connaître et son parcours, parisien puis américain, m’a intéressée lui aussi.
James ne m’a pas non plus conquise immédiatement et j’ai craint à tort une peinture misérabiliste de son existence, jusqu’à ce que je découvre de quel bois il était fait.
Pour Frances Gerety (personnage qui a existé) et Evelyn, elles m’ont plu tout de suite, la première du fait de la modernité de son comportement et la seconde pour sa façon d’être au monde, avec l’empathie manifestée à l’égard de son entourage, ses élèves notamment.
Quant à Kate, elle est ma préférée, elle qui trouve si difficile de concilier le simple fait de vivre heureux avec sa connaissance de tout ce qui va mal sur la planète, elle qui s’acharne à élever sa fille dans le respect des valeurs auxquelles elle croit, bref, une jeune femme de cœur et de convictions.

J.Courtney Sullivan analyse avec finesse, au travers de ces cinq personnages, les relations qu’entretiennent les couples. Le portrait de Frances permet de constater comment la publicité (concernant les bagues en diamants, en l’occurrence) s’est fait l’écho de leur évolution. Mais, au-delà de cet aspect sociologique, « Les liens du mariage » est, avant tout, la chronique de vies particulières qui peuvent trouver un écho dans les nôtres.
Dans ce roman sensible et attachant, tout m’a paru bien vu, tant l’auteur sait capter l’air du (ou des) temps, pointer en quoi l’argent (ou son manque) pèse sur le destin de chacun et évoquer en outre ce qui se joue au-delà des apparences.
Elle s’amuse aussi à glisser entre ses fils de narration des connexions que nous ne découvrirons que tardivement, avant de donner à son récit, sur la fin, quelques accents de tragicomédie familiale plus légers, que j’ai appréciés.

C’est le troisième roman que je lis de l’auteur, après « Les débutantes » et « Maine » et, à chaque fois, je suis un peu plus satisfaite que la précédente. Au point que, ce coup-ci, je vais ranger l’ouvrage dans Le coin des préférés.

J'ai beaucoup aimé !« Les liens du mariage », J.Courtney Sullivan
Titre original « The Engagements » (2013)
Traduit de l’anglais (américain) par Anne-Laure Paulmont et Frédéric H. Collay
Editions rue Fromentin (477 p)
Paru en mars 2014

D’autres avis, contrastés, chez :
Fattorius : « « Les liens du mariage« , mêlant avec pertinence histoire réelle et fiction, est un ample roman qui apparaît comme une « physiologie du mariage » – pour reprendre le titre d’Honoré de Balzac – accommodé à la manière polymorphe, complexe donc captivante, d’une époque, la nôtre, qui va de l’immédiat après-guerre (la deuxième) à l’année 2013. »
Clara : « Roman dense comprenant moult détails historiques et culturels, il lui manque cependant du charme. J’ai tourné les pages avec un intérêt qui n’a fait que décroître. »

17 commentaires sur “« Les liens du mariage », J. Courtney Sullivan

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  1. Même commentaire que Kathel .. je vais attendre qu’il arrive à la bibliothèque, mais c’est une auteure que j’ai l’intention de suivre.

    1. Ce n’est pas le genre de livre dont je peux garantir qu’il plaira (il a ennuyé Clara, qui pourtant ne s’ennuie pas facilement), mais il m’a plu, à moi.

  2. En effet, tu es beaucoup plus enthousiaste que les autres avis que j’ai pu lire. Mais je n’ai pas encore découvert cette romancière dont j’ai le premier roman dans ma PAL.

    1. Je te dirais bien de commencer directement par celui-ci, car le thème est plus que susceptible de te plaire, mais la PAL d’abord, je comprends bien !

    1. L’ennui est ce que je redoute le plus, dans mes lectures, mais parfois il nous cueille là où on s’était aventurées de bon cœur.

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