« La réalité », Sergio BIZZIO

sergio bizzioDes terroristes islamistes prennent d’assaut un studio de télévision et, après avoir occis trois vigiles et un agent du nettoyage, s’en emparent.
Dès lors, ils détiennent en otages non seulement des employés du studio mais aussi les réalisateurs et les acteurs du jeu de téléréalité en cours (version argentine de Big Brother). En gros on assiste donc au :
« Choc absolu de cultures et de mondes (ou de dieux et de planètes) entre deux groupes. Choc entre l’Audience et le Coran. Pour les talibans, ce que dit le Coran est bien et ce qu’il ne dit pas est mal. Même chose pour les producteurs : ce qui fait de l’audience est bien, ce qui n’en fait pas est mal. »
Avant même que soient énoncées leurs exigences, l’un des terroristes, qui se découvre une âme de démiurge, se met à endosser dans les coulisses le rôle d’animateur du jeu. Les jeunes gens enfermés dans la Maison, sous l’œil des caméras, ignorent que ceux qui tirent les ficelles ont changé. Et voilà soudain que, à leur grande surprise, on les invite à sortir des chemins habituellement bien balisés, pour un peu tout serait permis …

Avec « La réalité », on a l’impression d’embarquer dans un film d’action de série B à l’humour (noir) appuyé, qui refuse de se prendre au sérieux (l’autodérision est manifeste y compris dans le discours que le roman tient sur lui-même), pourtant il tire tous azimuts et met régulièrement dans le mille : ses cibles, notamment les médias avec leur art consommé de la manipulation ou encore ceux, policiers et politiques, qui tentent de gérer la crise, en ressortent criblées d’impacts.
Autant dire que je ne me suis pas ennuyée à suivre ce récit rythmé, diablement satirique et où tout dérape allègrement. Il reste que je suis restée à l’extérieur, si bien que cette réalité donnée à voir ne m’a pas plus interpellée que cela. La faute, peut-être, à l’absence de personnages auxquels s’intéresser vraiment (vous aurez remarqué que je n’en ai cité aucun), tant du côté des terroristes que de celui des acteurs du jeu : non qu’ils n’existent pas, mais pour moi ils n’avaient pas plus de réalité (c’est le cas de le dire) que des pantins dans une construction fictive et affichée comme telle.

« La réalité » s’avère, au final, un roman-démonstration percutant, même s’il n’expose rien que nous ne connaissions déjà. Mais il l’illustre avec un talent certain !

J'ai aimé un peu« La réalité », Sergio BizzioDialogues Croisés
Titre orignal Realidad
Traduit de l’espagnol (Argentine) par André Gabastou
Christian Bourgois éditeur (178 p)
Paru en février 2014

8 commentaires sur “« La réalité », Sergio BIZZIO

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  1. Comme Aifelle, je trouve l’idée de départ intéressante… il doit y avoir quelque chose qui ne fonctionne pas, pour que tu sois restée à l’extérieur.

    1. J’ai lu de bonnes critiques sur ce roman, dans la presse … donc ce doit être chez moi que ça ne fonctionne pas 😉 !
      Et je te fais la même proposition qu’à Aifelle.

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