« Le chien qui louche », Etienne DAVODEAU

chien qui loucheFabien est gardien de musée au Louvre. Et, depuis quelque temps, il a une petite amie, Mathilde. Un jour, Mathilde se décide à présenter Fabien à sa famille, à savoir son grand-père, son père et ses deux frangins à l’humour bien lourd. On se fiche un peu de Fabien, c’est vrai quoi, gardien de musée, tu parles d’un métier ! Chez les Benion, on est dans le meuble, et ça, c’est quelque chose ! Mais on profite aussi de sa venue pour soumettre à son expertise la toile d’un ancêtre qui traîne au grenier (la toile, pas l’ancêtre), une représentation d’un chien qui louche. Et comme Fabien n’ose pas formuler d’appréciation négative, ni une ni deux, on en déduit que le tableau aurait sa place au Louvre. Fabien repart donc avec un gros problème de crédibilité sur les bras, car introduire cette croûte dans le musée semble relever de la mission impossible …

« Le chien qui louche » s’inscrit dans la démarche entreprise en 2005 par le Louvre, en partenariat avec les éditions Futuropolis, consistant à donner carte blanche à un dessinateur de BD pour parler du musée (un aperçu des publications ici). Et puisque je parle de carte, les dessinateurs en question reçoivent effectivement un pass leur permettant d’aller et venir librement dans les lieux, de se laisser absorber/inspirer par eux. Chacun vibre et réagit en fonction de sa personnalité (j’y reviendrai in fine).
Etienne Davodeau s’est amusé (et amusera éventuellement le lecteur, là, je sors mon joker car nous n’avons pas tous les mêmes réactions en matière d’humour), à rester au plus près de ce qu’il avait pu observer (ou dont il avait entendu parler via ses entretiens avec le personnel) : la fréquentation du Louvre, avec le public et ses attitudes voire ses habitudes. Il a choisi de cibler une frange franchouillarde dudit public, ce qui nous donne droit à une visite du Louvre en mode beauf, les Benion tenant le rôle des Bidochon de service. Pour compenser, on a quand même un petit papy futé et une fantaisiste République du Louvre que je vous laisse le plaisir de découvrir : c’est la seule chose qui, outre quelques vues de l’architecture du Louvre, m’ait plu dans cet album. Le reste ne m’a pas arraché un sourire, tant y sont alignés les clichés (combien de minutes avant qu’un visiteur demande à un gardien où se trouve la Joconde ?) et les observations les plus triviales (aaaah ! qu’est-ce qu’elles sont belles, les fesses des statues !) : il faut sûrement prendre les choses au second degré (ben oui, c’est de l’hu-mour) mais, et cela n’engage que moi, j’ai trouvé que c’était sans intérêt (pour ne pas dire bête). Ni la personnalité de Fabien (quelconque), ni son histoire avec Mathilde (présentée, surtout, comme une affaire de fesses, on y revient), ne parviennent à rehausser le tout. Seule surnage, je me répète, la République du Louvre, avec au passage un joli couplet sur les peintres du dimanche.

D’autres dessinateurs, auxquels avait été donnée cette même carte blanche, ont vogué vers des rivages moins prosaïques, je pense en particulier à Marc-Antoine Mathieu (« Les Sous-sols du Révolu ») et à Eric Liberge (« Aux heures impaires ») : j’avais eu plaisir à embarquer à leurs côtés et à me perdre avec eux dans les dédales d’un musée qui nous invite à laisser vagabonder notre imagination, au fil de nos pérégrinations dans les salles et des œuvres découvertes.

J'ai aimé un peu« Le chien qui louche », Etienne DAVODEAURetrouvez les BD du mercredi chez Mango !
Editions Futuropolis et Louvre éditions (136 p)
Paru en octobre 2013

Beaucoup d’autres avis, tous positifs voire enthousiastes, entre autres chez : Jérôme, Mo’, Noukette, Stephie, Cristie, Yvan, Valérie, Kathel, Saxaoul, Sandrine , A propos de livres
Canel et yaneckchareyre sont un peu moins convaincus.

27 commentaires sur “« Le chien qui louche », Etienne DAVODEAU

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  1. Je viens justement de lire une autre bande dessinée publiée par le binôme Futuropolis/Louvre, dont le parti pris était également de regarder les visiteurs plus que le musée : celle de David Prudhomme. Le propos n’est clairement pas le même mais je n’ai vraiment pas été enchanté non plus. Le Chien qui louche me tente bien tout de même…

    1. J’avais lorgné en librairie sur l’album dont tu parles, mais je l’ai feuilleté et j’en suis restée là. Je le lirai si je le trouve en bibliothèque.

  2. Dommage que tu n’aies pas été séduite… Peut-être parce que tu avais déjà lu des BD partant du même principe de faire découvrir le Louvre et fort différentes ?

  3. Ce n’est pas mon Davodeau préféré (je viens d’en relire deux!) mais ça reste pas mal…
    Je note celle de Liberge.

  4. Je n’ai pas lu cette BD ni celle de Prudhomme, sur le Louvre aussi, mais celle de Christian Durieux, Un enchantement, qui m’a bien plu; Il faudra quand même que je lise les deux précédentes alors, ne serait-ce que pour les comparer.

    1. Regarde sur la page que j’ai indiquée, tu verras l’intégralité des parutions, de quoi te donner des idées pour chercher en bibliothèque.

  5. Dommage que tu n’aies pas aimé. Je ne suis pas fan de cette collection dédiée au Louvre, mais cet album m’a bien plu… même si Davodeau a effectivement déjà fait mieux…

    1. Je ne peux pas comparer à ses autres œuvres (qui ne m’ont jamais beaucoup tentée), mais disons que le Louvre inspire différemment les uns ou les autres.

  6. Tu es le premier avis très tiède que je vois ; j’avais aimé le Liberge. Je prendrais celui-ci à la bibliothèque, on verra bien ..

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