« Maître de la matière », Andreas ESCHBACH

maitre-de-la-matiere-eschbachHiroshi a dix ans, habite à Tokyo en face de l’ambassade de France où sa mère travaille comme blanchisseuse. Dans le jardin de l’ambassade, il repère une fillette de son âge, Charlotte Malroux, la fille de l’ambassadeur, dont il réussit à faire la connaissance. Les deux enfants se lient d’amitié. Charlotte est douée pour les langues et aussi pour « lire » les objets, dont le passé se révèle à elle lorsqu’elle les touche.
C’est à cette époque qu’Hiroshi déclare à Charlotte qu’il a trouvé comment faire pour qu’il n’y ait plus ni riches ni pauvres, mais sans vouloir lui en dire davantage.
Charlotte étudiera la paléoanthropologie, persuadée que cette science n’a pas encore révélé aux hommes l’histoire vraie de leur passé. Quant à Hiroshi, il mènera des études scientifiques, dans le domaine de la robotique en particulier, sans cesser de poursuivre son rêve d’enfant.
Leurs deux parcours se croisent, comme si le destin s’amusait à les séparer et à les rapprocher tour à tour. Les recherches d’Hiroshi connaissent de remarquables avancées, propres à bouleverser l’ordre des choses …

« Maître de la matière » commence en mode roman d’apprentissage, avec l’évocation de la jeunesse d’Hiroshi, puis se poursuit en roman de campus. Tout ce premier volet, soit la moitié du roman, se laisse lire agréablement. On ne piaffe pas trop en attendant de découvrir le cœur du récit, à savoir l’idée à laquelle Hiroshi veut donner corps pour réaliser son projet d’enfance.
Dans la seconde partie (ma préférée), le rythme s’accélère, on bascule dans la SF avec une histoire beaucoup plus mouvementée, du suspense et quelques épisodes ou scènes spectaculaires. La réflexion sur ce que seraient nos vies si nous pouvions tout avoir n’est qu’esquissée, mais les développements dans des domaines connexes (ou pas) sont fascinants et/ou très bien trouvés (et je n’avais pas tout vu venir, même si j’avais pressenti certaines choses).

« Maître de la matière » m’est d’abord apparu comme un roman mixte, pour moitié Lévy-Musso et pour moitié Crichton (façon « La proie »), mais cette impression (caricaturale ?) s’est dissipée plus j’avançais dans le roman : une fois les jalons posés, il monte en effet progressivement en puissance pour aboutir à un final très cinématographique et se clore sur une dernière scène parfaite, tant dans l’émotion qu’elle dégage que dans son rapport au récit.
Un roman où le plaisir de lecture a été, de bout en bout, au rendez-vous.

J'ai bien aimé !« Maître de la matière », Andreas ESCHBACHDialogues Croisés
Titre original Herr aller Dinge (2011)
Traduit de l’allemand par Pascale Hervieux
Editions L’Atalante (638 p)
Paru en septembre 2013

19 commentaires sur “« Maître de la matière », Andreas ESCHBACH

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  1. J’adore cet auteur ! Enfin, je n’ai lu que deux de ses romans mais je n’ai jamais été déçue et je trouve qu’il a une imagination démentielle. Du coup, je note, je note, je n’avais pas vu la sortie de son dernier !

  2. Ton billet attise ma curiosité. Levy/Musso, tu ne donnes pas vraiment envie là, mais la suite, ma foi, je me frotterais bien à un peu de SF si elle est réussie.

    1. Tu ne devrais pas avoir de mal à le trouver en bibli (le temps qu’il soit acheté, car il vient de sortir) car Eschbach est un auteur connu.

  3. J’ai lu deux de ses romans, et si un jour j’ai le temps, je lis Panne sèche (tiens tiens, un challenge pavé 2014? ^_^)

    1. Connaissant Eschbach de réputation (et aussi pour avoir lu « Des milliards de tapis de cheveux »), je me disais qu’il y aurait de la matière (c’est le cas de le dire !) intéressante et c’est le cas (même si j’aurais préféré qu’il y arrive plus rapidement).

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