« Mysterium », Robert Charles WILSON

MysteriumTwo Rivers, bourgade du Michigan, voit en à peine six mois la construction d’un mystérieux laboratoire de recherches physiques. Les employés qui y travaillent n’ont quasiment aucun contact avec la population, laquelle, finalement, s’en accomode.
Enfin, il y a bien Dexter Graham, professeur d’histoire au lycée John-Fitzgerald-Kennedy qui s’inquiète de la nature des recherches. Mais sa fiancée, Evelyn Woodward, qui tient une pension de famille, n’en a cure et le somme de ne pas chercher querelle à son nouveau locataire, Howard Poole. Celui-ci vient tout juste de rejoindre l’équipe du laboratoire et ignore encore la nature exacte de ses activités. Fait exceptionnel, il n’a pas pu être hébergé à l’écart, avec les autres membres du groupe.
La nuit-même suivant son arrivée, un incendie se déclare au centre de recherches. Et, au petit matin, les habitants se réveillent difficilement, pour constater ensuite que la ville de Two Rivers et sa périphérie immédiate ont été déracinés et transportés dans un environnement différent …

Le roman s’ouvre pratiquement sur cet extraordinaire virage dans lequel dérape la ville de Two Rivers. A partir de là, Robert Charles Wilson nous embarque dans un roman d’aventures fort bien ficelé que j’ai lu avec plaisir sur la route des vacances (oui, je lis en voiture, non, pas quand je conduis !) . On ne s’ennuie pas une seconde à suivre ce qu’il advient des habitants de Two Rivers, en premier lieu de Dexter Graham et Howard Poole, qui vont rapidement faire alliance. La découverte de l’environnement nouveau dans lequel ils ont pour ainsi dire atterri se fait progressivement mais l’intérêt ne faiblit pas, au contraire, plus le roman avance et plus la tension et l’inquiétude montent, pour eux et quelques autres protagonistes. Ce rythme narratif s’inscrit dans une étude de mœurs et aussi d’individus pertinente : chacun réagit en fonction de son caractère et de son histoire personnelle, en plus d’être soumis aux influences, pour ne pas dire aux conditionnements, dont il a reçu l’empreinte, notamment en matière religieuse.

Si je n’ai pas été convaincue par les explications du phénomène (j’avoue, je n’ai pas non plus tout compris, mais ce n’est pas la première fois en SF et ça ne m’empêche pas d’aimer), en particulier dans leur aspect métaphysico-religieux, j’ai été séduite par le dénouement inattendu pour lequel l’auteur a opté (pas évident à trouver).

Récit prenant, « Mysterium » joue la carte d’un univers alternatif crédible et offre, outre le simple plaisir de lecture (ce qui est déjà pas mal !), une réflexion sous-jacente sur nos comportements possibles quand le terrain connu s’avère soudain instable.

J'ai bien aimé !« Mysterium », Robert Charles WILSONChallenge A Tous Prix
titre original Mysterium (paru en 1994)
traduit de l’américain par Pierre-Paul Durastanti
Paru en 2008 aux éditions Denoël
et en 2011 en Folio SF (403 p)
Prix Philip K. Dick en 1995

8 commentaires sur “« Mysterium », Robert Charles WILSON

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  1. Je dois dire que « Mysterium » n’est pas mon Wilson préféré… C’est peut-être même celui que j’aime le moins maintenant que j’y pense…

    1. Je n’ai lu que trois romans de Wilson : « Spin », « A travers temps » et « Mysterium » (donc moins que toi, d’après ce que j’ai vu sur ton blog) et j’ai passé un bon moment avec ce dernier.

    1. D’autant plus que la suite et fin de la trilogie, « Vortex », est sortie !
      Moi aussi, je me suis arrêtée à « Spin » (mais je n’ai pas « Axis » dans ma PAL, moi !).

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