Où je lis des livres qui ne sont pas pour moi…

  … par curiosité (lorsque je suis appâtée par de nombreux avis positifs lus sur les blogs) ou parce que je me dis que, ma foi, un peu de légèreté ne peut pas me faire de mal (mais il y a légèreté et légèreté, nos perceptions en la matière diffèrent d’un lecteur à l’autre).
Histoire d'Alice

A l’enterrement de sa mère, Paul fait la connaissance de la sœur de celle-ci, Alice, âgée de 73 ans. Parce qu’elle s’était, très tôt, éloignée de sa famille, il ne l’avait jamais rencontrée. A peine en avait-il vaguement entendu parler par sa mère qui correspondait avec elle. Mais il ignorait à quel point la vie d’Alice avait été incroyable, plus précisément le nombre incroyable de fois où elle avait été mariée !
Cela, il le découvre au fur et à mesure de leurs conversations quotidiennes autour d’une tasse de thé, propices à des confidences où Alice se livre telle qu’elle est, spontanée, tout entière dans l’instant vécu, se (re)posant d’un amour à l’autre, quels que soient les coups du sort que le destin ne lui épargne pas…

Si Paul, visiblement, est d’emblée fasciné par cette tante surgissant soudain dans sa vie, il n’en a pas été de même pour moi. Est-ce son côté « qui ne pensait jamais à rien » auquel le titre fait explicitement référence qui m’a gênée ? Je ne sais trop mais il est vrai que j’ai eu l’impression qu’Alice se laissait porter par les rencontres qu’elle faisait, se laissait aimer sans se poser de questions et je n’y ai pas cru. Je pense aussi que je m’attendais à un roman du style de « La délicatesse », où les événements les plus primesautiers sont présentés de manière si pétillante que le lecteur en est ravi.
Point de ravissement pour moi, ici (mais « La délicatesse » n’a pas non plus ravi tout le monde !). La vie d’Alice, lestée de bon nombre de drames, est narrée de façon alerte et légère, mais cette légèreté m’a donné une impression d’inconsistance : j’attendais du champagne et je n’ai eu que les bulles…

« Histoire d’Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un) », Francis DANNEMARK
Editions Robert Laffont (185 p)
Paru en avril 2013
Keisha, Cachou et Anne viennent aussi de le lire et ont beaucoup aimé.

L'île des beaux lendemains
A 73 ans, Jacqueline décide un beau jour de laisser (provisoirement ?) son mari Marcel, avec lequel elle a vécu plus de 50 ans d’un mariage bourgeois, sans amour ni enfant, pour aller retrouver, sur l’île d’Yeu, une cousine qu’elle n’a pas vue depuis ses 17 ans, Nane.
Ce sont les papillons et les vents qui narrent l’histoire de cette échappée jointe à de tardives retrouvailles avec, entre autres, les contrecoups qu’elles ont sur la vie de Marcel.

Ce livre fait l’objet de nombreux billets enthousiastes chez mes copines blogueuses (billets auxquels je vous renvoie pour faire bonne mesure avec le mien). Malgré tout, je craignais qu’il ne soit pas pour moi… et mon intuition ne m’avait pas trompée.
Le parti pris d’avoir recours aux papillons et aux vents pour présenter le récit ne m’a pas convaincue car je l’ai trouvé artificiel. Le procédé consistant à repousser au plus loin les révélations quant aux motivations de Jacqueline m’a paru trop visible et, surtout, le personnage (comme la plupart des autres, d’ailleurs) m’a semblé trop daté pour que sa situation et ses états d’âme m’interpellent. Certes, ce roman s’appuie sur l’idée (positive en soi) que, même âgé, l’individu peut se remettre en question ou réaliser ses rêves, mais j’ai eu du mal à y croire (en plus de ne pas m’y reconnaître personnellement (je me vois mal attendre d’avoir plus de 70 ans pour faire ce qui me tient à cœur, si c’est matériellement envisageable) ). Et le fait que l’héroïne, si longtemps figée dans son mode de vie bourgeois, ne suscitait aucune once d’empathie chez moi, n’a rien arrangé.

« L’île des beaux lendemains », Caroline VERMALLE
Editions Belfond (245 p)
Paru en mars 2013

34 commentaires sur “Où je lis des livres qui ne sont pas pour moi…

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    1. Bah, ce n’est que mon avis et il est largement contrebalancé par celui de nos copines blogueuses. Alors autant te faire ta propre opinion :).

    1. De Foenkinos, je n’ai lu que « La délicatesse » et ce fut un coup de cœur. Jusque là, je n’avais été tentée par aucun des livres de l’auteur (et je ne suis pas revenue vers eux ensuite). Quant aux deux suivants, j’en ai lu quelques pages, mais je n’ai pas été plus loin, leurs thèmes ne me disaient rien.

  1. Pour apprécier ces livres, je sais qu’il faut le bon moment, un brin de soleil et de légèreté, et ne pas en attendre trop. Ou alors, c’est sûr, ils n’étaient pas pour toi (trouve à qui les offrir? ^_^). Si tu savais combien de livres j’ai démarré et laissé tomber, alors que tous ou presque les louaient…

    1. Le second m’a été prêté, donc je n’ai pas à lui trouver de nouveau foyer. Quant au premier, je vais veiller à le faire adopter !
      Et pour ce qui concerne les livres qu’on laisse tomber, ça n’apparaît que rarement sur nos blogs, mais on le voit dans les commentaires chez les unes et les autres et, plus d’une fois, ça m’a rassurée de voir que je n’avais pas été la seule à ne pas succomber au charme du livre en question.

  2. Bon, F. Dannemark, j’ai tenté (pas celui-ci) et ce n’est pas pour moi. Quant au second, rien que quand je lis l’argument, je me dis que je n’y crois pas (ni au sujet, ni au procédé) et ce que tu en dis ensuite me confirme que je dois passer mon tour!

  3. Merci pour ces avis contraires aux autres. J’aurais pu craquer pour la belle couverture verte. Le second ne m’a jamais tentée.

    1. J’ai hésité à les donner, ces avis, mais, avant d’avoir moi-même un blog, ça m’agaçait parfois de ne lire que des critiques positives sur un livre, j’aurais bien aimé avoir aussi les arguments de la « partie adverse » (car il me semble impossible qu’un livre fasse l’unanimité), pour me faire une meilleure idée de l’ouvrage.
      Ceci dit, je n’aime pas rédiger ce genre de billet, surtout lorsqu’il s’agit d’auteurs de langue française que je ne souhaite aucunement blesser (je n’exprime que mon avis), leurs livres sont un peu leurs bébés et à leur place je voudrais aussi que tout le monde les aime.

  4. Effectivement, « La délicatesse » ne m’a pas emballée 😉 (même si je trouvais que cela commençait très bien, j’ai eu l’impression que cela se dégonflait comme un soufflé). En tout cas, cela donne quand même envie, c’est un petit roman (185 p) et la couverture est vraiment jolie, dis.

    1. Je me ferai un plaisir de t’envoyer ce joli petit livre, Acr0 et j’espère qu’il te plaira 🙂 !
      Donc n’hésite pas à me communiquer ton adresse (par mail ou via le formulaire de contact du blog) et si tu le souhaites il partira rejoindre son nouveau chez lui dès la semaine prochaine.

        1. Allons, allons ! ça m’est déjà arrivé, tu sais, d’envoyer un livre à une blogueuse et de lui dire qu’elle pouvait le garder (même si je l’avais bien aimé 😉 , car je ne conserve que mes livres préférés), il n’y a pas lieu d’être gênée, je t’assure. Mais c’est toi qui vois, bien sûr :).

  5. J’ai lu L’île des beaux lendemains et ce roman a été un coup de cœur pour moi. Mais les gouts et les couleurs ne se discutent pas! 😉
    J’ai aussi été attirée en librairie par L’histoire d’Alice avec sa couverture et son résumé. Mais je crois que je vais passer mon tour…
    Bonne soirée!

  6. Le fait qu’Alice se laisse porter par la vie et continue de tomber amoureuse inlassablement, ce message de « lâcher prise », de « se laisser faire » ça m’a parlé juste au moment où je lisais son histoire. Cela ne m’aurait sans doute pas emballée à ce point à un autre moment, je l’avoue… Je n’ai pas du tout aimé La délicatesse et n’ai pas renouvelé avec Foenkinos. Quant à Caroline Vermalle, jamais lu encore, à l’occasion, cela me plairiat sans doute 😉

    1. C’est amusant que tu dises ça parce que moi, justement, cette manière de lâcher prise qu’elle a, c’est un truc que je lui ai beaucoup envié et qui m’a fait rêver. Pas juste à un moment donc, mais de manière générale. J’ai tendance à vouloir tout contrôler dans ma vie, et on voit ce que ça donne. je voudrais être comme Alice, pouvoir me laisser porter au lieu de freiner en réfléchissant à tout avant d’agir (et qu’il soit alors trop tard pour agir). C’est une des choses qui m’ont fait adorer le livre.

      1. J’ai écrit que ça ne m’aurait pas emballée à un autre moment, certainement parce que je déteste lâcher prise, moi aussi… mais il y a des moments dans la vie où on y est bien obligé… 😉

    1. C’est pas faux ! Mais ça peut être une excellente chose car parfois on est persuadé qu’un roman ne nous correspond pas et on se trompe : ce fut le cas avec « Room », que je n’aurais jamais lu sans les avis sur les blogs et je serais passée à côté d’un très beau roman.

  7. J’ai bien aimé le Caroline Vermalle, mais je pense que l’autre ne me plairait pas forcément… question de moment, je lis plutôt du tragique en ce moment !

    1. Souvent, je me dis que c’est une question de moment. Mais là, j’étais dans d’excellentes dispositions ( = parée à lire du léger) mais ça n’a pas pris.

  8. Pour le roman de Vermalle, je crois que parfois même si on en a les moyens, il n’est pas toujours évident de réaliser ses rêves, il peut y avoir des barrières plus profondes, un manque de confiance en soi, une certaine peur, avec l’âge et l’urgence, les barrières tombent et peuvent alors nous permettre de nous réaliser, c’est en tout cas ce que je pense, parfois aussi on est pris dans le tourbillon de la vie, et on a tendance à s’oublier.

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