« A travers temps », Robert Charles WILSON

A travers temps Quatrième de couverture :
Tout juste licencié, largué par Barbara, sa compagne, Tom Winter sombre dans la dépression et l’alcool. Aidé par son frère, il décide de revenir dans sa ville natale, Belltower, où il acquiert une maison banale et loin de tout. Elle a autrefois appartenu à un certain Ben Collier qui a mystérieusement disparu, dix ans plus tôt. Mais Tom sent que cette maison pourrait lui permettre de prendre un nouveau départ. Ce qu’il ignore, c’est que Collier était en fait un voyageur temporel ; il a été assassiné dans le jardin où il faisait des plantations et son corps a été caché dans la forêt voisine.

Ne craignez rien : la quatrième de couverture, que j’ai reprise ci-dessus, ne vous en dit pas trop ! La mort du voyageur temporel a lieu dès le court prologue (musclé !) sur lequel s’ouvre le roman et on enchaîne dans la foulée sur l’installation de Tom Winter dans sa maison.

De Robert Charles Wilson, j’avais lu, à sa sortie (française) en 2007, Spin, un roman qui m’a laissé un excellent souvenir. A défaut de me replonger dans ce pavé pour être en mesure d’apprécier ensuite les deux autres tomes de la trilogie (Axis et Vortex) parus depuis, je suis partie  A travers temps  et je ne l’ai pas regretté !
J’ai retrouvé dans cet opus cet attachement à l’humain qui m’avait tant séduite dans  Spin . Certes, on est en pleine science-fiction (là, je veux rassurer les fans) (après avoir essayé d’appâter les réfractaires), aucun doute là-dessus. Parce qu’il y a des voyages dans le temps (le titre l’avait annoncé) et aussi des gardiens (humains améliorés) qui leur sont liés, sans oublier un homme genre cyborg doté d’une très performante armure dorée et enfin de ravissantes petites créatures cybernétiques qui ressemblent à des pierres précieuses (et dont je ne vous dirai pas à quoi elles servent, non mais, je ne vais pas tout vous raconter, quand même !). Et puis il y a, bien sûr, incontournable lorsqu’on évoque le voyage dans le temps, la question du paradoxe temporel.
Mais si tous ces éléments sont présents, ils n’ont de valeur que dans leur rapport à l’homme, c’est lui dont se préoccupe Wilson : comment réagit-il lorsqu’il se trouve dans une situation inattendue, l’obligeant à perdre tous ses repères et à reconsidérer les choix de vie (ou les non choix) qui étaient les siens ? Le personnage de Tom Winter en est l’illustration par excellence. Toutefois, malgré sa place au cœur du roman, il n’en est pas le seul protagoniste. D’autres interviendront, chacun doté d’une individualité intéressante voire, souvent, attachante, chacun se comportant en fonction de ce qu’il est mais aussi de ce qui l’a fait, chacun s’interrogeant sur sa place dans le monde et l’influence qu’il ou elle peut ou non avoir sur le cours des choses, qu’il s’agisse de sociopolitique ou d’environnement.
Le rythme du récit reflète celui des événements : le tempo tranquille initial (Tom Winter prenant possession de sa nouvelle demeure), sur fond d’inquiétude seulement diffuse (il se passe des choses un peu bizarres dans la maison…) s’accélèrera à mesure que les découvertes interviendront et l’action se fera plus soutenue sur la fin. Mais, à chaque étape, l’auteur prend le temps d’installer les lieux et les gens. Pour autant, je ne me suis jamais ennuyée (et Dieu sait que je peux facilement m’ennuyer quand je lis, surtout en ce moment où tout me tombe des mains !) et j’ai dévoré ce roman, qui mêle habilement aventures et réflexions sur notre humanité, avec à l’occasion un zeste d’humour ou de légèreté pour nuancer sa tonalité mélancolique, tout pour (me) plaire !

Marquant !« A travers temps », Robert Charles WILSON
Paru en 1991 sous le titre original A Bridge of Years
Traduit de l’américain par Gilles Coulet (éditions Denoël 2010)
Folio SF mars 2013 (430 p)

Lu et apprécié aussi par  Efelle , Gromovar, A.C de Haenne .

16 commentaires sur “« A travers temps », Robert Charles WILSON

Ajouter un commentaire

    1. Il ne me reste plus qu’à le trouver (pas dans ma bibli et plus dispo chez l’éditeur) : ça me fera un but pour farfouiller chez les bouquinistes !

    1. Lien ajouté ! Et tu as évoqué, dans ton billet, la qualité de l’écriture de Wilson, ce que j’ai omis de faire alors que je l’avais aussi notée (mais j’avais trop à dire, sans en dire trop, et je n’arrivais pas à la caser, cette remarque sur le style).
      Tu sais, je me demande si je ne préfère pas « A travers temps » à « Spin » : certes, il n’a pas la même dimension sociétale (puisqu’il ne concerne qu’un petit groupe d’individus), mais c’est tellement bien vu ; et puis, j’ai trouvé le côté SF très ludique (j’ai craqué pour les cybernétiques et le personnage de l’agent immobilier m’a beaucoup plu aussi !).

  1. Wow, tu as l’air vraiment emballée ! Et je dois dire que ça donne vraiment envie !
    J’ai finalement lu assez peu de Wilson, mais j’ai toujours apprécié. Et le fait qu’il s’intéresse avant tout à ses personnages (des gens ordinaires), en les mettant face à des phénomènes extraordinaires, est sans doute son gros point fort.

    1. Oui, j’ai été emballée (et je ne le suis pas souvent) ! Je trouve que Wilson a vraiment l’art de faire de la SF proche de nous, sans négliger pour autant le côté fun (comme je le disais à A.C de Haenne).

  2. Quatre parts de tarte, cela ne se loupe pas. Avec les livres sf que tu as conseillés mon été sera sf ! Plus un pavé tout de même (je n’ai toujours pas tranché sur l’œuvre )

Pour commenter, c'est ici :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑