« Féerie générale », Emmanuelle PIREYRE

Un jour, il est question d’une petite fille qui n’aimait pas la finance mais adorait peindre les chevaux (« Comment laisser flotter les fillettes ? »).
Un autre jour, d’une jeune fille très belle habitant dans un bâtiment militaire (« Comment habiter le paramilitaire ? »).
Et ainsi de suite.
A chaque fois, la liste des protagonistes de cette espèce de pièce figure en tête, et des prénoms d’inconnus y côtoient des noms illustres.
S’ensuit une série d’aventures éclectiques mêlant allègrement, de manière faussement ingénue, diverses anecdotes à des échantillons de réalités du monde moderne. L’ensemble est parsemé des fantaisies ou réflexions qu’ils suggèrent de fil en aiguille au narrateur, des rapprochements parfois incongrus tissant des liens d’une chose à l’autre. Et tout cela avec un goût manifeste pour le divertissement mais en donnant pourtant, au passage, quelques coups de pied dans la fourmilière !

Mais d’où vient que ce drôle de livre se lit avec autant de plaisir ?
Il ne ressemble à aucun autre, il ne ressemble même à rien, serais-je tentée de dire, avec son côté décousu, son montage improbable de vignettes en tous genres.
Pourtant, on s’y installe sans problème, le style alerte et primesautier est très revigorant et on regarde défiler avec intérêt toute une galerie de personnages et de situations au hasard desquels l’auteur épingle, en collectionneuse avérée des faits et méfaits contemporains, telle ou telle spécificité et/ou avanie de notre monde moderne. Car chemin faisant, alors qu’elle s’amuse à surfer d’une micro-histoire à une autre, elle glisse un aparté socio-économique, une réflexion (explicite ou suggérée) sur l’air et les phénomènes du temps, du storytelling au port du voile en passant par le sens de la circulation en Corée, pour ne citer que quelques exemples parmi beaucoup d’autres.

Un piquant butinage, qui se plaît à faire fi des codes du roman pour se mettre au diapason de notre univers moderne, mais sans jamais en être dupe.

« Féerie générale », Emmanuelle PIREYRE
Editions de l’Olivier (249 p)
Paru en août 2012
Prix Médicis 2012

14 commentaires sur “« Féerie générale », Emmanuelle PIREYRE

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    1. J’avais achevé ma lecture il y a bien une dizaine de jours mais j’avais du mal à mettre un point final à mon billet au brouillon : pas évident de parler de ce roman complètement atypique !
      En tout cas, je suis contente qu’il ait eu le prix Médicis… et maintenant que j’ai (enfin !) achevé la rédaction de mon billet, je vais pouvoir aller regarder ce que d’autres en ont dit.

  1. Bonjour Brize, je le lirais peut-être dès qu’il paraîtra en poche. Et puis j’essaye de diminuer ma Pal qui n’arrête pas d’augmenter et j’ai déjà un autre prix littéraire dans le collimateur: Notre-Dame du Nil de Scholastique Mukasonga. Bon dimanche.

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