« La blonde et le bunker », Jakuta ALIKAVAZOVIC

A sa mort, l’écrivain John Volstead a légué à Gray une ligne de testament énigmatique se référant à une mystérieuse Collection Castiglione.
John Volstead était l’ex-mari de la blonde et distante Anna, une photographe fascinée par les lumières artificielles, dont Gray était tombé amoureux. Gray s’était vu octroyer une petite chambre où elle venait le retrouver, dans leur maison en forme de bunker dont John occupait encore le sous-sol. Et, régulièrement, elle détruisait l’exemplaire d’une photo grand format où l’on voyait son mari signer un autographe sur le front d’une jeune femme blonde lui ressemblant.
Des pans de ce passé ressurgissent en même temps que Gray part en quête d’une Collection dont les apparitions sporadiques ne laissent que des traces fugitives de par le monde…

Singulier (et fort bien écrit), « La blonde et le bunker » réussit à accrocher son lecteur avec quelques fils narratifs improbables, où les réflexions sur l’art (photographie et cinéma compris) et sa conservation mêlées à celles sur le mythe d’Eurydice, la thématique du classement ou encore des doubles, croisent les vies de personnages dont nous ne saurons guère que ce qui les lie, mais cela fonctionne (pour peu que l’on ait envie de lire quelque chose de différent), on tourne les pages, intrigué, intéressé et curieux de ce qui va advenir.
Ce roman est doté d’un indéniable pouvoir de fascination, on pense au surréalisme, ou à l’absurde, on a l’impression de se promener dans un univers (un film) étrange, en noir et blanc, au sein duquel il reste toujours des non-dits.
Je craignais, néanmoins, d’être déçue par une fin en impasse ou ouverte (trop facile, je trouve, quand on ne se sort plus de ce qu’on a créé), mais l’auteur avait concocté un dénouement-résolution du mystère en bonne et due forme que j’ai trouvé fort malin (et avoir cru à tort qu’elle allait se jouer de nous m’a amusée).

« La blonde et le bunker », Jakuta ALIKAVAZOVIC
Editions de l’Olivier (199 p)
Paru en août 2012

6 commentaires sur “« La blonde et le bunker », Jakuta ALIKAVAZOVIC

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  1. J’ai justement lu la critique de Telerama ce midi, en me demandant ce que pouvait bien être ce curieux roman. Mais il ne m’attire pas plus que ça …

    1. Je l’avais repéré chez les Inrockuptibles.
      Et je comprends que tu ne sois pas plus attirée que cela car il est spécial. Tu pourrais quand même tenter une incursion si tu le trouves en bibliothèque, l’écriture a des chances de te séduire.

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