« Sérum », saison 1 – épisode 1, Henri LOEVENBRUCK et Fabrice MAZZA

La détective Lola Gallagher, du New York Police Department, se retrouve chargée d’une enquête difficile : percer le mystère d’une jeune femme qui a survécu à une balle en pleine tête, mais a perdu la mémoire…

« Sérum » se présente comme un roman-série et sera doté de trois saisons, sur trois ans, chacune pourvue de 6 épisodes.
Voilà un concept très original qui ne pouvait que séduire une amatrice de séries américaines comme moi. Dans une interview, Henri Loevenbruck précise d’ailleurs : « […] on a constaté le succès des séries en télé. Et ça fait écho avec la littérature populaire, celle de la grande époque des feuilletons. Nous associons ainsi le passé et l’avenir. »
Comme je n’avais pas lu la quatrième de couverture (qui en dit finalement bien plus que ce qu’on apprendra dans ce premier épisode), ni ne m’étais baladée sur le site www.serum-online.com (voir en Nota Bene quelques considérations matérielles relatives au « produit » livre et à son environnement numérique), j’ai découvert l’histoire avec cet épisode 1 de la saison 1 sans rien en connaître. Et elle débute sur les chapeaux de roue, avec coups de feu et poursuite d’une jeune femme apeurée à travers Brooklyn.
Malheureusement, l’écriture n’est pas à la hauteur de cette scène d’action qui serait, transposée à l’écran, à forte teneur anxiogène. Ici, tout m’a paru plat, tant elle était fade voire pataude dans certaines notations (ce qui m’a surprise car je ne me souviens pas avoir tiqué sur l’écriture lorsque j’avais lu « Le syndrome Copernic », de Loevenbruck) et je n’ai pas ressenti la tension que les événements devaient générer.
Ce premier contact avec le roman m’a donc désappointée et un peu inquiétée pour la suite de ma lecture. Cependant le livre est très court (avec une police de caractère plus que confortable), si bien que même moi, qui ne suis pourtant pas une lectrice rapide, je l’ai lu en un temps record. Je ne m’y suis pas ennuyée, car tout s’enchaîne à un bon rythme, mais je ne suis pas emballée.
En réalité, autant j’ai l’impression que cela (y compris les à peu près discutables dans la psychologie des personnages) passerait plutôt bien à l’écran (puisque le parallèle est clairement affiché) (surtout l’héroïne, avec « sa longue chevelure rousse et ses yeux d’un vert émeraude » !), autant je trouve que la narration papier, telle qu’elle est pratiquée ici, ôte à l’histoire une grande part de son relief.
Pourtant les ingrédients sont là : une énigme à résoudre ; une femme flic qui a sa vie (elle élève seule son garçon de onze ans), son caractère (le sang irlandais, que voulez-vous !) et ses secrets ; des inserts intriguants (un homme affolé et couvert de sang, « frais », nous précise-t-on, qui farfouille dans des bandes vidéos ; une déroutante opération chirurgicale …) ; et enfin un riche psychiatre (aux considérations pas très finaudes…) qui paraît disposer de moyens peu orthodoxes pour pénétrer dans la psyché de ses patients. Bref, de quoi tenir en haleine le spectateur, pardon, le lecteur.
Sauf que… Dans une série télé il ne suffit pas que l’histoire soit rondement menée et les personnages principaux intéressants/convaincants (ce dernier point restant, ici, à confirmer), il faut que la réalisation soit à la hauteur, avec tout ce qu’elle comporte : mise en scène, cadrage, tonalité des couleurs, musique etc. et, au final, montage. La manière de filmer donne un style à la série (je pense par exemple à « Luther », série britannique découverte tout récemment), il y a la patte du réalisateur, qui s’ajoute à celle du ou des scénaristes. A contrario, s’il n’y a pas de style dans l’écriture et même si, en l’occurrence, le montage est efficace, comment retrouver ce plaisir ?

Reste à savoir si, une fois l’action réellement lancée (on n’en est qu’aux prémices), je serai aussi exigeante : car si l’histoire s’avère passionnante, il se peut qu’elle m’embarque et mes réticences initiales avec. Mais c’est trop tôt pour le dire. En attendant, les auteurs ont, tout à la fin du roman, donné un avant-goût du tome suivant en en présentant quelques séquences, à la manière de celles que l’on voit après le générique d’un épisode d’une série, pour annoncer le suivant.

N.B : au sujet du « produit » livre et de son environnement numérique
environnement numérique: des flashcodes sont régulièrement intégrés au récit. Malheureusement (et j’ai testé avec deux smartphones à systèmes d’exploitation différents), il m’a été impossible de lire les fichiers audio qu’ils proposaient (je ne peux donc pas savoir si la musique en question m’aurait permis de me sentir davantage dans l’ambiance…). En revanche, j’ai découvert qu’il existait une version numérique du livre et, là, je pense que la prise en compte des fichiers audio ne doit pas poser de problème.            – le « produit » livre : on se dit qu’il ne coûte pas trop cher, mais il fait 6 € quand même, il est très vite lu car il comporte peu de pages avec une grosse police de caractères et comme il en faudra 6 rien que pour la saison 1, je vous laisse faire le calcul ; pour ma part je trouve qu’il n’aurait pas fallu dépasser 4 € par volume, pour rester dans une fourchette de prix par saison acceptable.

« Sérum » – Saison 1 – Episode 1, Henri LOEVENRUCK et Fabrice MAZZA
Editions J’ai Lu (189 p)
Paru en mars 2012

D’autres avis chez : L’irrégulière , Lael et Liliba, toutes les trois enthousiastes. Neph, en revanche, l’a moins été.

12 commentaires sur “« Sérum », saison 1 – épisode 1, Henri LOEVENBRUCK et Fabrice MAZZA

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  1. J’ai déjà écrit ici et là tout ce que m’inspire ce nouveau concept à 6 euros l’heure de lecture pour 1/18eme de roman… si en plus c’est raté…

  2. Je suis complètement rétive à ce genre d’expérience. D’ailleurs l’auteur est venu dans ma librairie habituelle et je ne me suis même pas dérangée .. Pas trop ma tasse de thé tout çà.

    1. Moi aussi, j’aime bien que les avis soient variés, ça aide à se faire une idée.
      Mais je préfère parler des livres qui m’ont plu, c’est beaucoup plus agréable d’écrire un article positif !

  3. Une seule part de tarte ! Ce n’est pas très appétissant 🙂 Philippe Djian s’était essayé au livre série aussi, et c’était plutôt raté je trouve. Comme quoi les ingrédients d’un bon scénario ne sont pas les même que ceus d’un bon roman !

  4. Je viens de lire ce premier tome et il ne m’a pas convaincue non plus. L’aspect financier est un gros point noir de cette série qui ressemble vraiment à un coup marketing fondé sur ce qui marche en ce moment.

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