« Storyteller », James SIEGEL

« J’écris aussi vite que je le peux.
Tel le Pony Express, je traverse une contrée hostile au grand galop car je dois absolument livrer le courrier.
J’ai déjà reçu mon compte de flèches. Et bien que blessé, je ne suis pas mort.
Pas encore.
De toutes mes forces, j’essaie de n’oublier aucun des éléments essentiels.
[…]
Tout ce que je peux vous dire, c’est que, enfermé dans cette chambre de motel étouffante, je suis en train d’écrire la vérité, toute la vérité, la vérité la plus simple et la plus pure.»
Ainsi commence le récit, à la première personne, du journaliste Tom Valle.
Passé ce préambule, retour en arrière au moment où, exilé depuis quelque temps déjà, pour faute professionnelle, dans la petite ville de Littleton, Tom s’est retrouvé à couvrir le même jour au profit de la gazette locale le centenaire d’une vieille dame et un accident de voiture mortel. Entre les deux, rien à voir. Enfin, apparemment. Car les événements s’enchaînent d’une bien étrange façon et voilà Tom parti dans d’improbables investigations… dont on sait seulement qu’elles le conduiront à cette chambre de motel où il semble acculé.

Le récit est mené dans un style très direct, à la première personne, avec des pointes d’humour et beaucoup de rythme.
En particulier grâce un procédé qui consiste à revenir très souvent à la ligne.
Comme je viens de le faire, là.
Impossible de voir les détours qu’il va prendre et comment il nous mènera à cette fameuse chambre de motel. Tom se garde bien de nous le dire mais précise, régulièrement, qu’il faut savoir patienter, les éléments finiront par occuper, chacun, un emplacement qui nous révèlera, comme ce fut le cas pour lui, l’image que le puzzle représente.
En attendant d’en arriver là, on ne s’ennuie pas. Tom nous fait partager ses découvertes et ses interrogations. Nous empruntons à sa suite le chemin tâtonnant et semé d’embûches  de ses raisonnements, ponctué de rencontres diverses, pas toujours de tout repos. Nous découvrons aussi, très progressivement, en quoi consiste la faute professionnelle dont il s’est rendu coupable et les incidences durables qu’elle a, compromettant non seulement la suite de sa carrière mais aussi l’enquête qu’il est en train de mener. Et peu à peu, derrière le journaliste sympathique et ironique, émerge la figure d’un homme profondément marqué par d’anciennes blessures.

« Storyteller » se lit avec plaisir, en bon roman policier qui renouvelle par sa manière de l’aborder une thématique pas forcément originale.
A classer dans les valeurs sûres !

« Storyteller », James SIEGEL
Editions Le Cherche Midi (482 pages et un faux air de pavé car la mise en page est très aérée et la police de caractère confortable)
Paru en novembre 2011

D’autres avis, tous positifs, chez : Cuné, Clara, Keisha, Yspaddaden, Voyelle et Consonne, Choco, Cynthia, Joëlle, Gwenaëlle …

29 commentaires sur “« Storyteller », James SIEGEL

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    1. Je viens de relire ton avis et je te rejoins : on n’y croit pas vraiment (oui, c’est too much)… mais on fait comme si, parce que le roman est bien fichu et le personnage central crédible.

  1. Voilà bien un article qui, comme tu le dis si bien, « est mené dans un style très direct, à la première personne, avec des pointes d’humour et beaucoup de rythme », et qui convainc !

  2. Avec la façon originale de traiter l’histoire et le rythme enlevé, on en oublie certaines banalités et le petit air de déjà vu dans le fond même de l’histoire 😉 Tu as bien raison : dans le genre, c’est une valeur sûre 🙂

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