J’ai enfin vu « Dancer in the Dark »…

ATTENTION, billet qui n’hésite pas à spoiler, vous êtes prévenus !

J’ai enfin vu « Dancer in the Dark », de Lars von Trier…
Vous me direz que j’y ai mis le temps (c’est vrai, c’est juste un film sorti en 2000…). Mais il faut savoir que, après le choc ressenti lors de ma rencontre initiale avec Lars von Trier, avec « Breaking the waves », j’avais comme qui dirait tendance à éviter le réalisateur, à passer prudemment au large quand un de ses films sortait.
J’ai pourtant récidivé l’année dernière avec « Melancholia ».
Mais avec « Dancer in the Dark », j’avais un blocage. J’avais aperçu de vagues extraits, rien compris à ce qui se passait (ni cherché à comprendre), pourtant ce film avait obtenu la Palme d’or au festival de Cannes et Björk le prix d’interprétation féminine, sans que cela réussisse à me convaincre.
Maintenant que je l’ai vu, je me dis que j’avais sans doute raison de me méfier. Bref, c’est fait, j’ai satisfait ma curiosité de cinéphile (sauf que, quand je suis allée me coucher, j’avais un peu le moral dans les chaussettes, après l’image de fin, bien plombante !).
Bon, je ne vais pas vous refaire le même coup qu’après « Melancholia », avec une reprise du « j’ai aimé ou j’ai pas aimé ? ». Si je veux faire simple, je dirai que la balance penche nettement du côté négatif, il y a décidément pas mal de choses qui ne m’ont pas plu dans ce film.

L’histoire, avant tout. Improbable (Selma devient aveugle mais personne ou presque ne s’en rend compte alors qu’elle travaille dans une usine), mélodramatique en veux-tu en voilà et virant carrément au grand guignol dans la scène où le voisin-policier-propriétaire de la caravane qu’elle loue demande à Selma de le tuer et où elle finit par s’acharner sur lui comme une folle (et, à ce moment-là, oui, je pense qu’elle a basculé du côté de la folie, ponctuellement, parce que la situation est telle qu’il y a de quoi perdre la raison).
Du côté négatif, il y a aussi Catherine Deneuve, même pas peur de le dire (enfin si, un peu), avec son accent français à couper au couteau et un jeu manquant d’authenticité (mais ce n’est pas la première fois que je la trouve un peu à côté du rôle qu’elle tient, pas vraiment naturelle). Björk, elle, a par moments un petit air allumé-bizarre, mais on se dit que ça colle plutôt bien avec son personnage, innocent mais aussi capable de basculer d’une minute à l’autre de la réalité à un monde fantasmagorique.
Enfin, la manière de filmer les dialogues, dans toute la première partie, en zoomant alternativement d’un personnage à l’autre, de manière saccadée, m’a été très désagréable.

Ce qui m’a plu, alors ?
L’idée originale, celle sans laquelle je n’aurais pas pu regarder ce film jusqu’au bout : doter l’héroïne d’une incroyable capacité à capter les sons qui l’environnent, de quelque nature qu’ils soient (les bruits de l’usine, par exemple) pour les transmuer en musique. A partir de là, elle recrée un univers parallèle où tout devient chant et danse, pour s’y projeter comme dans ces comédies musicales qu’elle aime tant et dans lesquelles elle joue pendant ses moments de loisirs. Une très belle trouvaille, qui fonctionne à merveille et propulse le film dans une dimension ludique et magique, un vrai bonheur.
Allez, soyons, malgré tout, positive : ce sont ces quelques séquences-là, où le film passe de l’autre côté du miroir, que je retiendrai !

16 commentaires sur “J’ai enfin vu « Dancer in the Dark »…

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  1. Accent de m**de mis à part, c’est clair que Deneuve en ouvrière d’usine, c’est pas crédible une seule seconde. Malgré la surdose de mélo, j’ai quand même été touché par ce personnage de Selma, flouée par ce policier pervers. Et, contrairement à Deneuve, j’ai trouvé Björk crédible et touchante.

  2. Comme ICB, j’avais aussi trouvé que Deneuve en ouvrière, c’était prodigieusement ridicule. J’ai aimé le versant comédie musicale du film, les références au genre et la musique faite d’éléments sonores du quotidien du personnage. Par contre, comme toujours chez le réalisateur, je suis effaré par l’impossibilité qu’ont les personnages d’agir sur eux-mêmes. Pas de libre arbitre, ils sont condamnés d’avance. Comme si von Trier aimait à se rappeler sa toute-puissance. C’est un procédé que je trouve très limite.

  3. Lars Van Trier et moi … c’est pour la vie que je ne vais voir aucun de ses films je crois. C’est un cinéma auquel je ne comprends rien et je m’ennuie.

  4. Vu il y a longtemps, vive Bjork, mais un peu d’ennui quand même, quand elle tuait le type, j’avais envie de regarder ma montre, c’était looooooong … et ridicule!

  5. vous savez j’ai enfin vu le film de Lauréat en entier ,qui date des années 1960 il y a peu , grâce à Philippe Taddei sur France 3, il ne faut jamais désespérer…..
    Pour le film dont vous parlez, je ne l’ai pas aimé
    A bientôt
    JA

    1. Ah, « Le Lauréat », je l’ai vu il y a bien longtemps, et revu une fois, depuis, pour comparer avec le souvenir que j’en avais.
      (et bienvenue « Sur mes brizées » 🙂 )

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