« Le sang des pierres », Johan THEORIN

En mars, sur l’île d’Öland (Suède), Gerlof Davidsson décide de quitter la maison de retraite pour retourner vivre dans le village côtier de Stenvik. Sur place, il reprend possession de sa petite maison et découvre deux nouvelles et prestigieuses demeures, construites à proximité d’une ancienne carrière.
C’est dans l’une d’elles que viennent habiter Vendela , qui a passé son enfance sur l’île, et Max Larsson, son mari depuis dix ans, auteur à succès dans l’ombre duquel elle vit. Mais elle-même a décidé d’écrire, en secret, un manuel sur les Elfes. Elle est en effet persuadée, compte tenu de ce qu’elle a vécu sur place autrefois, qu’ils ne font pas seulement partie comme les Trolls du folklore îlien, mais existent réellement.
Nouveau voisin lui aussi, Peter Mörner s’installe dans la petite maison dont il a hérité. Il vit séparé de sa femme, avec à mi-temps ses jumeaux de 13 ans, Jesper et Nilla, dont l’état de santé est préoccupant. Le moment lui paraît donc mal choisi pour que son père, avec lequel il a depuis longtemps coupé les ponts, reprenne contact avec lui et lui demande son aide.
Avec son père, c’est le passé de celui-ci qui rattrape Peter, bien malgré lui. Le passé aussi qui hante Vendela dans sa vie actuelle. Et le passé encore qui ressurgit des carnets intimes de l’épouse de Gerlof, qu’il se risque soudain à lire.
Et les remous qui s’ensuivent ne sont pas sans conséquence…

Cela faisait un sacré bout de temps que je n’avais pas lu de polar et l’envie de replonger dans l’un d’eux me titillait depuis un moment. Sauf que je ne voulais pas quelque chose de trop glauque, ni une enquête de type classique centrée sur la figure d’un policier (récurrent) qui va interroger les uns et les autres, mais plutôt une affaire concernant des gens comme vous et moi (enfin, presque). Je faisais ma difficile, quoi !
Toujours est-il qu’en farfouillant une fois de plus dans les rayons d’une des médiathèques lilloises, je me suis trouvée nez à nez avec cet opus de Theorin et j’étais sûre et certaine d’avoir aperçu de bons échos à son sujet sur les blogs. Un œil à la quatrième de couverture et j’étais séduite par la présentation de l’histoire. Une vague hésitation (était-ce ou non le troisième d’une série ou pouvais-je le lire directement ? en fait, il y a bien un personnage récurrent, Gerloff, mais il n’occupe pas la place centrale, donc ce n’est absolument pas gênant de ne pas avoir lu les précédents, l’histoire est indépendante) et hop, embarqué, le bouquin, direction la Normandie (où, je ne vous apprendrai rien, il peut pleuvoir !).
Et vous savez quoi ? Eh bien, il m’a sacrément plu, ce polar ! Au point que, une fois commencé, j’avais du mal à en détacher mes pensées, je revenais vers lui pendant les promenades sur les falaises, échafaudant des hypothèses ou m’imaginant que je parcourais moi aussi les landes d’Öland, j’étais littéralement habitée par son atmosphère et ça, quoi qu’on en dise, ce n’est pas si fréquent.
C’est donc surtout cela, qui m’a impressionnée dans ce polar, l’atmosphère, celle d’une île que l’auteur arrive à rendre tellement présente qu’on a la sensation de s’y trouver projeté. J’ai vu la petite maison de Peter, les belles demeures de ses voisins et la carrière adjacente. J’ai couru sur la lande avec lui ou Vendela (même pas essoufflée, d’abord !). J’ai adoré voyager ainsi, au fil d’une histoire prenante, que l’auteur prend le temps d’installer mais sans jamais ennuyer, après un prologue brutal qui livre par anticipation quelques éléments sur l’intrigue à venir. Il pose ses personnages, deux d’entre eux en particulier, auxquels on s’attache, au point de s’inquiéter réellement à leur sujet. Et même si on ne va pas jusqu’à croire aux elfes, comme Vendela, on comprend que certains des habitants de l’île se laissent ainsi envoûter par elle.
Alors, certes, on pourrait reprocher le manque de connexion, in fine, entre les deux mystères à éclaircir, celui du côté de Peter (ou plus exactement de son père) et celui du côté de Vendela (que des allers retours entre le passé et le présent permettent de résoudre), puisque ces deux fils narratifs n’en viennent pas à se croiser, comme je croyais qu’ils le feraient. Mais je n’ai pas envie de chipoter car ce fut un excellent moment de lecture !

« Le sang des pierres », Johan THEORIN
Editions Albin Michel (425 p)
Paru en mars 2011

Repéré chez Kathel

15 commentaires sur “« Le sang des pierres », Johan THEORIN

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  1. Yes ! J’avais lu  » L »heure trouble  » du monsieur et j’avais adoré l’atmosphère. Ah, tu me tentes de récidiver mais question polars en ce moment, comment dire… y’a déjà une pile en attente !!
    ( Lu  » les lieux infidèles  » de Tana French, excellent, du noir, du vrai )

  2. Dans mes bras, Brize ! 😉 Je suis toujours à la recherche aussi de polars qui ne soient pas trop violents ni trop rebattus et c’est vrai que ceux de Johan Theorin correspondent tout à fait à cette demande ! Mon préféré est le deuxième, L’écho des morts.

    1. Ah, ça fait du bien de voir que l’escalade du glauque-trash dans les polars ne satisfait pas tout le monde !
      J’ai jeté un oeil aux autres titres de l’auteur et je m’inquiète un peu de voir que ça se passe toujours sur la même île, avec le passé qui ressurgit etc. Rassure-moi, on n’a pas d’impression de déjà-lu (je pense à Coben, même si les deux auteurs ne sont absolument pas comparables, qui prenait souvent comme point de départ une personne qui a disparu ou bien quelqu’un doit on croyait tout connaître mais…)?
      Sinon, j’ai bien noté « L’écho des morts », qui semble être le préféré de tous ceux qui connaissent Theorin.

  3. Cet auteur a souvent de bons échos sur la blogosphère. A mon grand regret, je l’ai juste aperçu au salon du livre l’an dernier. J’ai bien l’intention de le lire, mais là, j’ai assez à faire avec Wallander pour le moment (encore 4 !). Et je ne veux pas lire que des polars.

    1. Il y a eu un temps (professionnellement chargé) où je ne lisais plus que des polars. Peut-être même que, s’ils n’étaient pas devenus de plus en plus sanguinolents-torturants, j’aurais continué, car dans ce genre il y a une variété impressionnante.

  4. J’ai vraiment aimé les deux précédents et je compte bien lire celui-ci aussi … il faut juste que je l’achète mais depuis le temps que j’attends, autant attendre un peu plus et l’avoir en poche 😉

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