« Une certaine idée du bonheur », Rachel KADISH

Quatrième de couverture
Et si on parlait du bonheur ?
Le bonheur n’a rien à nous dire. Contrairement à la tragédie, à la souffrance, au mal-être, il est le plus souvent réduit à une série de clichés, plus ou moins paradisiaques, sans grand intérêt. Un champ de pâquerettes. Aussi Tracy Farber a-t-telle décidé de le réhabiliter, de prouver par tous les moyens qu’une existence heureuse peut aussi être passionnée, profonde et palpitante.
Lorsque, à l’abri de ses livres et de ses théories, elle dissèque l’existence de ses proches, sa thèse semble prometteuse. Mais, quand sa vie personnelle est bouleversée par une rencontre amoureuse qui la pousse à quitter son poste d’ « observatrice », elle se rend vite compte que toutes ses positions intellectuelles ne luis ont pas d’un grand secours.
Avec cet ouvrage à la fois spirituel et désopilant, Rachel Kadish dresse le portrait d’une jeune femme d’aujourd’hui, bien décidée à ne pas se laisser duper par les clichés romantiques.
Un livre plein de verve et de poésie sur notre quête inlassable du bonheur.

Voilà une quatrième de couverture bien séduisante, n’est-ce pas ?
C’est elle, en tout cas, qui m’a poussée à acheter ce roman (avec une poignée d’autres parmi les « super occasions » de chez Gibert, tous à 3,30 € et en très bon état), au cours d’une petite virée parisienne, il y a une huitaine de jours.
Hélas, après une centaine de pages, le roman et moi ne sommes toujours pas sur la même longueur d’ondes…
Je croyais retrouver quelque chose de l’ordre de la chick-lit intello que j’avais appréciée dans « Le journal de Yaël Koppman », de Marianne Rubinstein, avec en bonus cette intéressante thématique du bonheur, mais ce n’est pas le cas. L’héroïne est décidément beaucoup trop intellectuelle (intellectualisante, devrais-je dire) pour moi. Dans sa relation naissante avec un certain George (non, pas Clooney, les filles ! (il n’aurait plus manqué que ça, vu que, moi, je n’aime pas George Clooney, mais oui, il a des non-fans… enfin au moins une !) ), il me semble qu’elle laisse bien (trop) peu de place à la spontanéité. Tout, le moindre de ses gestes (à elle et à lui) et de ses pensées (à elle, pour les siennes, à lui, elle doit supputer) est passé au crible de son analyse. Idem dans le descriptif du milieu universitaire au sein duquel elle évolue, où chaque personnage est disséqué minutieusement et où rien ne nous est épargné du parcours d’obstacles que représente, pour un jeune professeur, la titularisation. Je n’ai rien contre les romans se déroulant sur les campus universitaires (au contraire), mais là, tout sent le renfermé du microcosme professoral : pas de campus, mais des bureaux, des salles de profs ou de réunion, des jeux de pouvoir et des luttes intestines à une toute petite échelle… Et si j’ajoute à cela le sentiment assez net qu’on est dans l’autofiction, ça n’arrange rien.

Bref, un roman où je m’ennuie et qui ne me correspond pas, dommage car l’écriture et la réflexion ne manquent pas de qualité. J’abandonne donc (à la page 120) Tracy (même si je la trouve plutôt sympathique car très honnête intellectuellement et feignant de prendre avec détachement ce qui la tracasse au plus haut point) à ses états d’âme et ses péripéties professionnelles à mon sens guère passionnantes.
Dernière précaution avant de refermer définitivement l’ouvrage : je feuillette la suite et la parcours en diagonale pour voir si elle pourrait m’inciter à reprendre ma lecture. Ah, ça a l’air d’avancer un peu plus … mais tout continue à être décrit/décortiqué de manière hyper détaillée, pas assez de rythme pour moi, autant passer à autre chose (en l’occurrence, « Le pigeon anglais », de Stephen Kelman, qui fait partie de la même pioche de livres).

Et pour nuancer cet avis  (partiel et) peu enthousiaste, je vous invite à lire celui de Joëlle, que je viens de retrouver. Elle a su goûter les charmes de ce roman, comme j’aurais aimé le faire :
« J’ai trouvé qu’il y avait une sorte de suspense (rien de policier dans le terme ici) car on se demande comment la relation Tracy-George va évoluer et si Tracy aura sa titularisation. C’est tout à la fois un roman sur la vie privée et sur la vie professionnelle, comment chaque zone de notre vie peut influer sur les autres, une réflexion sur la littérature (avec un beau panel de citations d’œuvres d’auteurs connus) et une jolie façon d’aborder ce qu’on appelle amour et bonheur ! »

« Une certaine idée du bonheur », Rachel KADISH
Editions Sonatine (516 p)
Paru en avril 2011

14 commentaires sur “« Une certaine idée du bonheur », Rachel KADISH

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  1. Je me demandais si c’était un roman ou un essai rien qu’à lire la quatrième hihi. Bon, je passe sans état d’âme. Et moi non plus, George C. ne me fait pas d’effet 😉

    1. Violette, ça le serait peut-être pour toi (tu sais bien, parfois, dans les échanges entre copines, on se demande si on parle du même bouquin tant nos perceptions ont été différentes !).

  2. La quatrième de couverture est vraiment alléchante ! Mais le bonheur sans spontanéitén je n’y crois pas du tout ! Merci pour cette note, elle me fera gagner du temps pour d’autres lectures 🙂

  3. Lors de la rencontre littéraire (ce titre faisait partie de la sélection et c’est pour ça que je l’ai lu), beaucoup ont eu le même ressenti que toi ! De mon côté, c’était probablement le bon moment pour lire ce genre de livre plutôt lent et détaillé mais qui m’a assez fascinée ! On sait un peu comment se passe la vie sur les campus côté étudiants mais on ne connait pas trop comment ça se passe au niveau des professeurs et là, on en apprend un peu plus 😉

    1. Je crois que c’était trop lent et détaillé pour moi au moment où je l’ai lu, c’est vrai qu’on n’est pas toujours dans les mêmes dispositions de lecture, du coup ça passe ou non…

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