« Au pays de la mémoire blanche », Carl NORAC et Stéphane POULIN

Il se réveille à l’hôpital, le visage et les mains couverts de bandelettes et la mémoire aussi blanche qu’elles. On lui dit qu’il est un chien et qu’il a survécu à un attentat dans un autobus. Il ne se souvient de rien. Il rentre chez lui, ne s’y reconnaît toujours pas. Alors il erre dans cette ville en climat de guerre permanent, ceinte de murs qui semblent pousser chaque jour, où l’on tire à vue sur les chats hébergeurs de rêves, où l’on peut croiser une licorne mais aussi les pièges les plus improbables. Il essaie d’y retrouver une place, ou plutôt il pense qu’il lui en échoit une, celle de changer, un peu, les choses…

Le récit se déroule à travers une alternance de planches dessinées et de zones de textes, indépendantes, lettres blanches jaillissant d’un fond toujours noir. Incursion en terre étrange mais pas toujours étrangère, entre réel et surréel, « Au pays de la mémoire blanche » est une fable ou un conte dont chacun, peu ou prou, croira percer les mystères. Identité, rapport à l’autre, violence des relations, autant de thèmes évoqués dans un jeu de cache-cache qui prend le lecteur dans ses filets et avec lui tous ceux qui cherchent leur place dans un monde qui les entrave. Poésie et réalisme le plus tragique se mêlent, notre vie aux marges de l’imaginaire mais pourtant bien là.

Une réussite, tant au niveau graphique que littéraire.

« Au pays de la mémoire blanche », Carl NORAC et Stéphane POULIN
Editions Sarbacane en partenariat avec Amnesty International (123 p)
Paru en octobre 2011

Repéré chez SBM.

6 commentaires sur “« Au pays de la mémoire blanche », Carl NORAC et Stéphane POULIN

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    1. Je n’ai pas tourné trop longtemps autour 😉 !
      (et je l’ai déjà lu et relu, c’est ça qui est bien avec les BD, contrairement aux romans : on est sûr de les relire (et c’est aussi pour cela que je les achète beaucoup plus facilement) )

  1. Cela fait plusieurs fois que je le vois mais j’ai un peu de mal avec le graphisme … par contre, l’histoire m’attire bien ! Mais comme on a fait des folies côté achats BD, on va attendre voir s’il est à la biblio (avec Quai des bulles, il y a eu beaucoup de parutions !!!)

  2. Le graphisme, c’est vrai, c’est aussi une affaire de goût, quelle que soit sa qualité intrinsèque. Ici, je le trouve très adapté à l’histoire, à l’atmosphère, et certaines planches sont vraiment superbes.

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