« Le premier été », Anne PERCIN

Quinze ans après, Catherine revient avec sa sœur aînée à Sainte-Marie, pour vider la maison de leurs grands-parents décédés. C’est là qu’elles passaient leurs étés, entre les cueillettes au jardin, les après-midi à la piscine, la fréquentation des jeunes du coin et de ceux de la colo.
Contrairement à sa sœur, Catherine n’a pas remis les pieds au village depuis l’été de ses seize ans, un été presque comme les autres mais où il s’est passé quelque chose qui l’a marquée à jamais…

Je l’avoue, c’est par pure curiosité que j’ai ouvert ce roman, très intriguée par les billets élogieux lus ici ou là, moins tentée par l’histoire (un été adolescent, pas trop mon truc et puis ça a un goût de déjà-vu, on avait beau me dire que c’était super bien raconté, il n’y aurait pas de quoi me retenir ) que par la découverte de ce mystérieux quelque chose (donc j’allais te survoler vite fait tout ça pour découvrir de quoi il retournait, on ne me la fait pas, à moi, je peux lire en diagonale, d’abord !).
Eh bien, à ma grande surprise, j’ai dès le départ (et avant même l’arrivée du quelque chose) tout bien lu comme il faut, en savourant un texte remarquable, de ceux qui ont le pouvoir de vous immerger totalement dans un univers, ici un été de seize ans (bon, la chipoteuse en moi a tiqué un peu, au début, parce qu’elle se sentait plutôt en compagnie d’une adolescente de quatorze ans que de seize, mais avec l’éveil à la sensualité de la narratrice cette impression initiale s’est dissipée) à la campagne où tout, absolument tout est bien rendu : la maison des grands-parents, les promenades au village, la piscine, le flirt de la grande sœur etc., on s’y croirait, on l’a déjà vécu, peut-être, et on le reconnaîtrait presque, à travers le prisme de notre mémoire adulte, un écho à celle de la narratrice.
Quant au quelque chose (inattendu au sens propre, saisissant, mais pas de l’ordre du spectaculaire), qui donne à ce roman un goût bien à lui, une indicible amertume en arrière-plan de la beauté solaire de certaines images, on l’appréhende un peu (au début du roman, Catherine évoque une mort dont elle ne serait « peut-être pas responsable« ), on croit le voir venir mais on fait plus ou moins fausse route : ce n’est pas exactement ça, c’est beaucoup plus profond, plus intéressant car plus perturbant (j’ai pourtant une réserve quant au retentissement sur la vie ultérieure de la narratrice), avec une dimension humaine et sociale très forte… et un filet d’eau glacée dans notre dos que la touffeur de l’été avait rendu si moite : chapeau l’auteur !

« Premier été », Anne PERCIN
Editions du Rouergue (163 p)
Paru en août 2011

Ils ont éveillé ma curiosité (merci !) : Cuné, In Cold Blog 
Ce premier été les convaincues aussi :  Aifelle , Véro , Clara , Biblioblog , Voyelle et Consonne …

24 commentaires sur “« Le premier été », Anne PERCIN

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  1. Je l’ai vu sur de nombreux blogs et je le l’avais pas noté, pas une histoire pour moi, mais là peut être vais-je le noter sans grande urgence car me voici intriguée…

  2. Très belle critique, je n’ai pas encore lu le premier été mais dans ma LAL depuis un moment ! Si tu as aimé l’écriture de l’auteur je te conseille vivement « Bonheur fantôme », un univers très beau, très poétique. Je peux te l’envoyer si tu veux !

  3. Pour la défense de la petite ado, à l’époque où elle a situé son histoire, on n’était pas fut-fut à 16 ans, Aujourd’hui, je pense qu’on en sait bien plus à 12 ans (c’est l’ancienne qui parle là !). Comme toi, j’ai été captée par le presque rien, même si j’ai préféré le thème de « bonheur fantôme ».

    1. Ma remarque ne concernait pas ce qu’on savait ou non mais les préoccupations de la jeune fille, sa manière de regarder autour d’elle et en elle : j’y ai davantage reconnu celle que j’étais à 14 ans (et je m’en souviens bien, de cette époque, car je tenais un journal), mais, bon, c’est personnel.
      Je ne me souviens plus du thème de « Bonheur fantôme »… je sais seulement que les billets aperçus m’avaient donné (à tort ?) l’idée que ce roman n’était pas pour moi. A vérifier !

  4. Je dois le lire dans quelques jours, donc je te lis en diagonale, je suis contente de voir autant d’avis positifs, je suis de plus en plus curieuse… J’ai empilé les Anne Percin sans vergogne, me doutant que je vais aimer (j’espère !), je n’ai lu que « Comment (bien) rater ses vacances », j’ai adoré son humour !

  5. Je suis d’accord à 100 % avec ton billet ( parfait ) j’avais juste une toute petite petite petite remarque quant à ton doute sur les 16 ans de la narratrice mais aifelle a déjà répondu, excatement comme je l’aurais fait ! 😉

    1. Et donc tu as vu la réponse que je lui ai faite 🙂 !
      Ceci mis à part, il me semble (l’avenir me permettra de le vérifier) que je vais garder un souvenir très fort de ce roman car ce qui en fait le coeur est marquant.

    1. Oui, j’ai vu (mais je n’ai pas eu le courage de me lancer dans un recensement exhaustif des liens et avis) et je me dis qu’avec moi ce n’était pas gagné pourtant, et bien malin qui pourrait prédire avant lecture quand ça va passer ou pas (tu vois, par exemple, j’aurais pensé que tu l’aimerais autant que moi, celui-ci).

  6. Moi aussi, je suis peu tentée par l’histoire mais après en avoir entendu aussi parler à la rencontre littéraire de la biblio, ma curiosité a fini par être piquée (et elle a mis du temps … les blogs n’y avaient pas réussi !). Du coup, je pense le lire quand je mettrai la main dessus à la biblio.

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