« Un été sans les hommes », Siri HUSTVEDT

A cinquante-cinq ans, Mia voit son mari Boris lui demander soudain de faire une Pause… La Pause en question est en réalité française et de vingt ans plus jeune qu’elle. Le choc rend Mia littéralement folle (elle est internée quelques jours) puis elle décide de prendre le large.
La voilà donc qui abandonne Brooklyn et rejoint, pour y passer l’été, la petite ville du Minnesota où elle a grandi. Sur place, elle anime un atelier de poésie pour des adolescentes, rend visite à sa mère de quatre-vingt-sept ans et à ses amies (les Cinq Cygnes) dans une résidence pour personnes âgées et fait aussi la connaissance de sa jeune voisine et de ses deux enfants.
De quoi passer « Un été sans les hommes » finalement pas ennuyeux du tout car ponctué des péripéties qui tissent la vie de ces jeunes filles ou de ces femmes qu’elle côtoie, un été enrichissant où Mia, à l’écoute des autres, l’est aussi d’elle-même.

Il a fallu quelques billets de blogs et avis très positifs pour que je revienne vers Siri Hustvedt, car le seul roman que j’avais lu d’elle (« Tout ce que j’aimais »), s’il m’avait intéressée,  ne m’avait pourtant pas convaincue. J’avais en outre quelques réticences relatives au sujet (toujours la même histoire, jamais celle d’une femme qui, la cinquantaine venue, fait une Pause !) mais il aurait été dommage, tout compte fait, que je néglige ce roman diablement tonique et qui a pris le parti, globalement, de la légèreté pour parler de choses graves.
Au travers de ses personnages, Siri Hustvedt passe en revue divers âges de la vie des femmes, s’interroge sur leur rapport aux autres, tel que la société l’a ou non formaté et dresse de chacune, adolescente, jeune femme ou très vieille dame, des portraits vifs et empathiques, pleins de tendresse et de compréhension, avec un attachement particulier (qui m’a beaucoup plu) pour les relations de mère à fille (sur trois générations, puisque Mia a aussi une fille, Daisy, révoltée par le comportement de son père).
Parallèlement à ce qu’elle vit, son héroïne s’interroge sur elle, remontant le cours du temps et de ses amours, parlant aussi philosophie, par mails interposés avec un énigmatique Personne (qui restera d’ailleurs énigmatique…), ou faisant parfois appel à la recherche sociologique pour appuyer ses réflexions (on retrouve ici la passion que l’auteur, si j’en crois ce que j’avais déjà lu d’elle, entretient avec cette question des femmes dans la société) mais je dois reconnaître que j’ai parcouru ces pages assez rapidement pour qu’elles ne nuisent pas au rythme de ma lecture.

« Un été sans les hommes » truffé d’anecdotes pleines de vie sur les unes et les autres et où Mia poursuit sa route vaillamment, sous les yeux de ce Lecteur qu’elle n’hésite pas à prendre à témoin, ravie qu’il ait accepté de l’accompagner !

« Un été sans les hommes », Siri HUSTVEDT
Editions Actes Sud (216 p)
Paru en avril 2011

48 commentaires sur “« Un été sans les hommes », Siri HUSTVEDT

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    1. Il n’y a pas eu que des avis positifs (je m’en suis rendu compte en voulant mettre des liens… mais finalement il y avait tellement de billets que j’ai renoncé !), mais oui, je pense que tu peux commencer avec celui-ci car il est d’un abord aisé.

  1. Bon, ben je pense être la seule à avoir adoré les parties sociologique :-(.
    Un très gros coup de coeur pour moi, d’autant plus troublant quand on sait que Siri Hustvedt a vécu la même chose (pou cela que ce n’est pas la femme qui fait une pause ^_^). Dès lors, on se demande où est la frontière entre la réalité et la fiction dans ce livre…

    1. Mais c’est curieux, ce que tu dis, parce qu’il me semblait justement que, à la parution du livre, l’auteur avait veillé à préciser que ce qu’elle racontait n’était pas de l’autofiction. J’ai rêvé ou quoi ?

      1. Je ne parlais pas d’autofiction. Je me demandais plutôt si certains détails évoqués ici (la manière dont ça s’est passé, certains remarques dans les mails, certaines réactions du personnage face à ça) étaient issues de ce qu’elle avait vécu ou bien étaient une sorte de fantasme sur ce qu’elle aurait aimé faire.
        Comme j’ai appris par après qu’elle avait elle aussi été quittée par Paul Auster pour une jeune femme (une auteur française si je me souviens bien, un truc comme ça, j’ai oublié) et qu’elle avait fini par accepter qu’il revienne, d’une certaine manière, la question s’est posée rétrospectivement en filigranes pour moi…

        1. Oui, c’est bien ce à quoi je pensais (ton deuxième paragraphe) lorsque je parlais d’autofiction (au moins pour cet aspect, non négligeable, du roman !).
          Dommage, je croyais qu’on avait là un beau couple littéraire…

    1. Mais ça ne m’étonne pas non plus, qu’on n’accroche pas à ce roman. Mon appréciation est très personnelle, je m’en rends compte : j’ai aimé (presque) tout ce qui le compose mais je ne pourrais pas dire (comme pour « Désolations », par exemple, que j’ai lu il y a peu, billet à rédiger), que c’est un bon roman dans l’absolu (tu vois ce que je veux dire ?).

      1. Oui je comprends car pour ma part, je suis tout aussi incapable de dire pourquoi je n’aime pas ce roman ! Trop intellectuel ? trop philosophique ? je ne sais pas trop…

  2. J’avais aimé « tout ce que j’aimais » et je lirai celui-ci tôt ou tard. J’ai curieux l’auto-fiction, j’étais persuadée qu’avec Paul Auster ils formaient un couple solide et sans faille (apparente).

      1. J’ai essayé de retrouve l’article, mais je ne sais même plus s’il était en anglais ou en français. J’avais lu ça au moment où Paul Auster était venu avec sa femme au festival de littérature anglo-saxonne à Shakespeare & Co il y a quelques mois, je me souviens avoir regardé justement une vidéo du couple après (comprise dans l’article?) à ce festival.
        Maintenant, comme je ne me souviens pas de la source, possible qu’elle n’ait pas été fiable, mais j’y ai cru en lisant l’article (ou en voyant la vidéo, je ne sais plus).

        1. Ah, tu as bien compris qu’on s’interrogeait justement sur la fiabilité de tes sources 😉 !
          Bon, on n’aura plus qu’à leur poser la question quand ils reviendront nous voir en France (dans le genre interview tout en finesse !) !

  3. J’ai doré ce roman, comme toi, pour ses portraits extraordinaires, la dérision et la tendresse. Mais il est vrai que c’est un ton, une atmosphère, on s’y laisse prendre ou pas.
    ( je rebondis sur le com’ de Choco et ta réponse : j’ai lu Désolations et absolument pas accroché et pourtant je lui reconnais de réelles qualités, mais vraiment, il m’a laissé froide, de toute évidence, je ne suis pas lectrice de ce style. Je pense que c’est ce qui arrive à Choco avec S.Hustvedt)

    1. Oui exactement ! Sa façon d’appréhender la chose me laisse totalement de glace. ça a un côté « masturbation mentale » qui me chier, disons le clairement ^^

  4. Ce qui sera compliqué puisque’il y aura des critères  » rationels  » et d’autres  » émotionnels  » et que la valeur accordée aux uns comme aux autres est tout à fait personnelle

    1. T’inquiète, les fautes de frappe, on en fait tous (en plus, « rationnel » est fourbe, avec ses deux n alors que « rationalité » n’en a qu’un !) !

  5. J’ai tout aimé dans ce livre (y compris les parties moins narratives que j’ai trouvées assez succulentes) ! Je suis contente que tu aies été séduite aussi. J’avais déjà beaucoup apprécié Tout ce que j’aimais. Il faudrait que je continue à lire d’autres romans d’elle…

  6. Je n’avais pas été très convaincue par Elégie pour un Américain de cette auteure mais je pense que celui-ci, vu tout ce que j’ai pu lire dessus, a tout pour mieux me plaire 😉 Mais uniquement en emprunt à la biblio au cas où je me tromperais ! mdr 😉

    1. C’est aussi un livre que j’ai emprunté (j’avais hésité à l’acheter, suite à ma première expérience avec l’auteur et malgré les bons échos recueillis), mais je crois que je l’achèterai quand il paraîtra en poche.
      En tout cas, tu le trouveras sans difficulté à la bibliothèque, ça vaut le coup que tu essaies, comme je l’ai fait, pour ne pas rester sur ta première impression.

    1. Pas d’urgence, c’est sûr. Et oui, les avis ne sont pas que positifs, ça peut donc valoir le coup de se faire son idée si tu sens que le thème te plaît.

  7. J’ai eu un mal fou avec « Tout ce que j’aimais » mais j’avais acheté celui-ci sur un coup de coeur pour la couverture et le titre. Du coup, il est en attente… j’espère ne pas être déçue !!

    1. Moi aussi, j’avais failli l’acheter compte tenu de sa couverture !
      C’est une lecture beaucoup plus facile que « Tout ce que j’aimais » puisqu’il s’agit d’une comédie (pour reprendre l’appellation donnée par l’auteur, dont je viens juste de regarder l’interview en vidéo chez Mollat).

  8. Amandine, ma co-blogueuse, a adoré (d’où le billet très positif sur notre blog). Moi je suis resté assez perplexe. Je ne suis pas rentré dans l’histoire, les minauderies de la narratrice m’ont ennuyé et toutes les références littéraires m’ont semblé un peu vaines. Mais bon, peut-être que ce livre n’est vraiment pas pour les hommes? 😉
    J’avais en revanche beaucoup aimé « Tout ce que j’aimais ».

    1. C’est marrant, mais le terme « minauderies » ne me serait pas venu à l’esprit : comme quoi, les perceptions des uns (des unes 😉 !) et des autres…
      Quant aux références, ce sont celles d’ordre psycho-socio-philosophiques qui m’ont paru parfois un peu pesantes.

    1. Ce n’est pas un livre qui fait l’unanimité. Une chose est certaine, il est beaucoup plus léger que « Tout ce que j’aimais ».
      Je serai curieuse d’avoir ton avis !

  9. Ben moi j’ai tout aimé dans ce bouquin, l’histoire, les digressions, le truc psy, tout!
    Une femme cinquantenaire qui s’octroierait une Pause? Hum, on doit bien trouver ça dans la littérature? Avec un type trentenaire? Euh, là, joker, M’dame. Comment ça je rigole?
    Et quoi? Auter/Hustvedt, il y a eu de l’eau dans le gaz? Tu gâches ma soirée, là. Vilaine Cachou…

    1. De toute façon, une quinqua qui fait ça, maintenant, ça s’appelle un couguar…
      Non mais, finalement, Cachou ne peut pas vérifier la fiabilité de son information : donc j’ai décidé que c’était une rumeur !

  10. Je crois que mon billet est prévue pour demain et je tombe sur le tien. Je ne suis pas aussi enthousiaste mais j’ai quand-même beaucoup aimé. Disons que le côté féministe, j’aurais aimé qu’elle l’utilise avec plus de subtilité.

  11. Ce livre est dans ma PAL suite à quelques billets enthousiastes, il ne demande plus qu’à en sortir, mais d’autres le bousculent, on se demande pourquoi ! J’avais trouvé Siri Hustvedt très intéressante, je l’ai vue et entendue surtout à Lyon il y a deux ans aux Assises Internationales du Roman… manifestation très populaire malgré son titre ! 😉

    1. Ah, mais il y a plein de manifestations littéraires, à Lyon ! J’avais déjà repéré le festival Quai du Polar mais pas ces Assises (mais peut-être que ce n’est pas récurrent ou pas toujours au même endroit).

  12. je suis en attente de ce livre à la bibliothèque et ce sera également une deuxième chance que j’offrirai à cette auteure que je n’ai pas tellement appréciée dans Tout ce que j’aimais…

  13. un peu comme toi, j’avais un peu peur de lire un autre roman d’Hustvedt, après TOut ce que j’aimais que j’ai beaucoup apprécié, sans que ce soit un coup de coeur. Mais ton avis me convainc de noter ce titre malgré tout!

  14. Je n’ai lu qu’un livre de l’auteur « Tout ce que j’aimais » et malgré la longueur de la première partie, je suis restée accrochée à l’histoire, car son style me plaisait. Il faudrait peut-être que je retente l’expérience avec un autre de ses romans. Bon dimanche Brize !

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