« Steampunk ! L’esthétique rétro-futur », Etienne BARILLIER

Le Steampunk, vous connaissez ?
Moi, j’avoue que j’ai découvert le terme il n’y a pas si longtemps que cela, mais c’est normal dans un sens, puisque sa naissance est postérieure à l’époque où j’ai commencé à m’intéresser à la Science-Fiction. Et comme, après, j’ai eu une longue période sans… j’ai zappé.
L’ouvrage d’Etienne Barillier m’a donc permis de me mettre au goût du jour (la découverte du défi Steampunk, auquel j’ai bien failli m’inscrire mais j’aime si peu les contraintes, m’y avait déjà aidée) et de me confirmer que, telle monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, j’avais déjà vu ou lu (vous aussi, j’en suis certaine) du steampunk. Mieux encore, je crois bien que j’ai (n’ayons pas peur des mots !) une espèce de sensibilité steampunk. J’en veux pour preuves d’une part mon goût immodéré pour : les expositions universelles parisiennes de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème, avec leurs superbes architectures métalliques ; les ballons dirigeables ; les objets scientifiques tarabiscotés et surtout beaux alliant fonctionnalité et design rétro avec utilisation de matériaux nobles (bois, cuivre…). Et d’autre part les pages 80 et 81 présentant deux bandes dessinées francophones annonciatrices du courant steampunk (« Le démon des glaces » de Tardi et « Sur la route d’Armilia » de Schuiten et Peeters) que j’avais toutes les deux acquises à leur parution.
Mais assez parlé de moi, revenons à nos moutons ou plutôt à nos dirigeables.

Pour présenter le steampunk, Etienne Barillier en retrace l’évolution historique de manière détaillée (en partant des précurseurs du 19ème siècle, Jules Verne en tête), et en offrant à chaque étape de celui-ci un aperçu des œuvres marquantes, essentiellement dans le domaine de la littérature et de la bande dessinée mais aussi dans celui du cinéma.
Le terme steampunk (celui qui finalement, parmi d’autres possibles, a été retenu) s’est construit par opposition directe à celui de cyberpunk. Alors que le cyberpunk est un mouvement de la SF qui regroupe des œuvres futuristes résolument ancrées dans la modernité des nouvelles technologies et des réseaux afférents, le steampunk prend souche dans un 19ème siècle qui aurait bifurqué vers une technologie basée sur l’usage des machines à vapeur (en anglais, steam signifie vapeur). Il émerge aux Etats-Unis dans les années 80, au moment où d’aucuns considèrent que c’en est fini de la SF, on a fait le tour de la question et elle ne se renouvellera plus. Lancé au départ, comme une boutade, par des auteurs qui ne se prennent pas au sérieux (K.W. Jeter, Tim Powers et James Baylock), il suscite un engouement tel qu’il devient un véritable mouvement.
Etienne Barillier ne donne pas une définition schématique du steampunk mais veille à en saisir, de manière très nuancée, les différents aspects car les points de convergence n’empêchent pas les auteurs de s’approprier le concept chacun un peu à sa façon. Ainsi, le steampunk n’est pas forcément (comme je le croyais) synonyme d’uchronie et n’hésite pas à emprunter à la fantasy ou au fantastique, au polar ou au western. A noter aussi qu’il se caractérise souvent par l’usage de figures héroïques connues, aventuriers jamais à cours de ressources et son côté rocambolesque (voire ludique) fait partie de son charme.

Après avoir brossé un large panorama historique et géographique (détour notable par le steampunk version japonaise), l’auteur conclut avec un état des lieux actuel montrant comment le steampunk a progressivement gagné l’ensemble des domaines artistiques au point de devenir une véritable esthétique rétro-futur et même, pour certains afficionados, un mode de vie.

L’ouvrage, plaisant et intéressant, bénéficie d’un design très soigné (en mode steampunk) et il est richement illustré (même si j’aurais aimé davantage d’illustrations en couleur ou, à tout le moins, un noir et blanc plus contrasté).

Pour mémoire, les romans contemporains faisant partie du genre Steampunk que j’ai déjà lus :
– La trilogie A la croisée des mondes, de Philippe Pullman
Le Palais des Mirages, de Philippe Jubert
Le prestige, de Christopher Priest
La machine à différences, de William Gibson et Bruce Sterling (une œuvre de référence)
La Vénus anatomique, de Xavier Mauméjean

« Steampunk !, l’esthétique rétro-futur », Etienne BARILLIER
Editions Les Moutons Electriques (352 p)
Paru en janvier 2010

L’avis de Karine.

17 commentaires sur “« Steampunk ! L’esthétique rétro-futur », Etienne BARILLIER

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  1. Eh bien, il va être content Etienne, voilà le deuxième billet aujourd’hui sur son bouquin, le steampunk a le vent en poupe et c’est tant mieux ! en plus, il est très bien ce livre, il donne plein d’idées de lecture.

  2. J’ai appris quelque chose aujourd’hui et grâce à toi. Moi aussi j’ai lu du « steampunk » sans le savoir et j’avoue que ce genre de littérature ne manque pas de charme !

    1. C’est recensé en tant que… (et il figure d’ailleurs dans la bibliographie établie dans le cadre du « défi steampunk »). Entre nous, je te dirai que je ne suis pas toujours convaincue lorsque je vois telle ou telle oeuvre « rangée » dans la catégorie steampunk, mais sans doute parce que l’acception du terme peut, finalement, s’avérer assez large (et puis au fond, ce qui importe, c’est l’oeuvre en elle-même).

  3. Je regretterai toujours de ne pas l’avoir acheté lors de là journée steampunk à Lille, quand l’auteur était venu avec Xavier Mauméjean (mais bon, le prix…). Il a l’air très intéressant et tu confirmes la chose.

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