Un petit tour au Salon du Livre !

Bien que ma vie de lectrice laisse un peu à désirer ces temps-ci (vous avez dû vous en rendre compte, je ne lis pas des masses…), impossible de résister aux sirènes du Salon du Livre quand on habite en région parisienne (d’autant que ce ne devrait plus être le cas l’année prochaine). Un petit tour s’imposait donc, en compagnie de ma fille cadette, Ariane, lectrice passionnée, dont l’objectif numéro 1 était de rencontrer Monsieur Mourlevat, en dédicace pour «Terrienne». Objectif atteint, après seulement un petit quart d’heure d’attente car nous étions là dès le début (et surtout parce que l’auteur a commencé avec un peu d’avance). La Miss a pu témoigner  son admiration à l’écrivain, très sympathique (et pas encore usé par le nombre de dédicaces qu’il allait devoir fournir) : elle a lu une bonne partie de son œuvre, ce qui n’est pas mon cas, mais je ne tarderai pas à découvrir « Le chagrin du roi mort ».

Dans la foulée, petit tour sur les stands de divers éditeurs, dont celui de Payot & Rivages, où j’ai repéré deux romans que j’ai voulu m’acheter au moment de quitter le Salon, l’après-midi (je ne voulais pas m’encombrer dès le matin), mais d’autres me les avaient piqués (« Une rivière sous la lune », de Barbara Kingsolver et « Ma fabuleuse enfance dans l’Amérique des années 50 », de Bill Bryson) : tant pis, ça m’a obligée à être raisonnable. J’y ai appris que le prochain roman de Dennis Lehane (déjà paru aux Etats-Unis sous le titre « Moonlight Mile »), une suite de la série des enquêtes du duo Kenzie-Gennaro, sortirait en mai et qu’il se situait dans le prolongement de « Gone, Baby Gone ». Damned !, me suis-je dit, c’est le seul roman de Lehane que je n’aie pas lu, parce que je voulais voir le film, ce que je n’ai finalement pas fait. Va falloir que je comble vite fait cette lacune, m’a recommandé le représentant de l’éditeur présent sur le stand, lequel avait déjà lu le roman à paraître et l’avait trouvé très bon (vous me direz qu’il pouvait difficilement m’expliquer qu’ils allaient vendre un mauvais livre, ce à quoi je vous rétorquerai qu’il avait l’air sincère, en plus je crois bien que c’est avec lui que j’avais déjà discuté l’année dernière, donc ça crée des liens, mine de rien).
Un saut chez Robert Laffont et Cie, où j’ai repéré « Œil de chat », de Margaret Atwood, qui m’avait déjà tentée chez les copines blogueuses. Celui-ci, je l’ai acheté avant de partir, il était encore là. Tant pis si je suis déçue, comme je l’avais été par « Le tueur aveugle », je peux aussi adorer, comme ce fut le cas avec « La voleuse d’hommes » ou aimer comme « La servante écarlate » et « Le dernier homme ».

Nos pérégrinations nous ont conduites par hasard près de la « Grande Scène » où officiait un monsieur à l’air passionné et convaincu. Il s’agissait de Stéphane Marsan, directeur éditorial des éditions Bragelonne, qui nous a fait un exposé enthousiaste sur la fantasy, s’achevant sur la bit lit actuelle (là, on sentait que c’était moins sa tasse de thé). Ariane n’a rien contre le genre, moi je suis plus réticente mais là, j’étais toute prête à lui offrir un des romans qui venaient de nous être présentés … sauf qu’on a cherché en vain le stand des éditions Bragelonne : ils n’étaient pas au Salon du Livre ! Pfff, c’était bien la peine de nous avoir fait miroiter des romans qui avaient l’air tous plus extraordinaires les uns que les autres !
Sur ces entrefaites, c’est le dessinateur Rosinski qui est arrivé, pour une rencontre animée par Guillaume Palhawan (qui officiait il y a peu à Versailles dans le cadre de l’expo BD Vance). En même temps que Rosinski répondait à ses questions, une vidéo (que vous pouvez regarder in extenso ici) nous permettait de découvrir sa technique de dessin et de peinture, que j’ai trouvée surprenante/extraordinaire car il part en jetant de grands traits apparemment désordonnés sur le papier et on n’en revient pas de la manière dont cela finit par prendre forme. Rosinski a expliqué qu’il préférait travailler de grands panneaux, qui seront ensuite réduits dans le cadre de la bande dessinée (ce qui leur donne toute sa densité au dessin). C’est ainsi qu’il a procédé pour « La vengeance du comte Skarbek ». A la fin de l’entretien, il a dit que c’était dommage que le lecteur passe rapidement sur les cases, parce que c’était de la BD. Alors, moi, avant que quelques personnes ne viennent lui demander des dédicaces, je suis allée lui assurer que, non, on ne passait pas très rapidement sur les cases (ou alors la première fois, quand on découvre l’histoire), mais qu’on prenait le temps d’y revenir longuement, pour apprécier ce qu’il a décrit comme étant autant de petits tableaux (comme je l’avais noté, et je ne suis pas la seule, dans le billet consacré à ce diptyque). On a papoté deux minutes et monsieur Rosinski, eh bien, il était très content de ce que je venais de lui dire, d’abord (oui, je n’ai aucune timidité avec les auteurs ou, en l’occurrence, dessinateurs que j’admire, parce que je suis persuadée qu’ils ont envie qu’on leur dise comment leur œuvre est reçue… enfin quand on l’a aimée, car si je n’aime pas, je vous rassure, je m’abstiens de me manifester).
On a ensuite vu l’exposition qui lui était consacrée, enfin plus exactement qui était consacrée à Thorgal . C’était intéressant et si un jour il y a aussi une expo dédiée à « La vengeance du comte Skarbek » (j’dis ça, j’dis rien, mais si ce message pouvait tomber dans des oreilles bien intentionnées…), ce serait super.

A part ça, j’ai jeté un œil aux lecteurs de livres numériques.

Ceci n'est pas une pub !

Chez PocketBook, ils mettaient en avant un livre qui était en fait plutôt une tablette numérique (rétroéclairage, couleur, accès à internet) et je sais bien que mes propos passeront pour hérétiques aux yeux des adeptes des « liseuses » (sans rétroéclairage et affichant les textes avec une encre électronique ad hoc pour ne pas fatiguer la vue) mais je trouve que ces objets sont beaucoup plus ludiques que les « vrais » eReaders et en plus les caractères me semblent plus nets et plus aisés à lire (et on pourra y lire des BD, ce qui n’est pas le cas pour les eReaders purs et durs).

Quoi d’autre ?
Il m’a semblé que le Salon était plus petit que les années précédentes (déjà, il a été nettement réduit en durée puisqu’il ne se tient plus que du vendredi au lundi) car, sur ses pourtours, il y avait de grands panneaux masquant des zones vides à l’arrière alors que, de mémoire, les stands des éditeurs occupaient tout l’espace.
Pour tous ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu s’y rendre (oui, à partir de 15H, on commence à circuler un peu plus difficilement car il y a des tas d’auteurs en dédicace et les files d’attente gênent le passage, mais au stand du « Diable Vauvert », Pierre Bordage était bien tranquille tout seul à sa table, à croire que les lecteurs du Salon du Livre n’ont guère de goût pour les littératures de l’imaginaire ou bien le stand n’était pas assez en vue), vous trouverez ici une mine de podcasts sur toutes les rencontres ou conférences qui s’y sont tenues : de quoi vous composer un petit Salon du Livre perso tout à fait sympathique !

38 commentaires sur “Un petit tour au Salon du Livre !

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  1. Mourlevat et Rosinski, rââââââââ, la chance, je suis TRES jalouse, là ! Et tu as eu bien raison de rassurer Rosinski parce que ses dessins c’est de l’or et on ne peut pas survoler les vignettes, c’est juste impossible tellement c’est beau !

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  2. Merci pour ce petit compte rendu pour celles qui n’ont pas pu venir !
    Par contre, tu vois que parfois, il ne faut pas remettre ses achats à plus tard 😉 Il ne sert à rien d’être raisonnable !

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    1. N’empêche que, d’habitude, entre deux Lehane, je laisse passer un peu (beaucoup) de temps, parce que c’est bien sombre (même si c’est excellent, comme « Prières pour la pluie ») : du coup, même si je lis prochainement « Gone, Baby Gone », pas sûr que j’embraye avec le suivant dans la foulée…

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  3. Quel plaisir de lire ton compte-rendu, c’est marrant comme nous avons chacune notre façon de le vivre ce Salon, et cela me permet de voir tout ce que j’ai pu rater ! merci donc !

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  4. Pour ma part, je n’ai pas eu la force d’aller me mesurer aux foules parisiennes en ce week-end où j’avais déjà programmé plusieurs sorties! Mais tu as fait une bien belle pêche! Et bienvenue chez WordPress!

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  5. Je n’ai pas vu les mêmes choses que toi et vu la grandeur (quand même) du salon, ce n’est pas étonnant. Cette année j’ai mis du temps à me repérer dans les stands, d’ailleurs je me suis trompée jusqu’au bout et le programme que je m’étais soigneusement préparé était sans cesse bousculé sur place. Je crois que je vais faire plusieurs billets, un seul serait trop long. Merci pour le lien sur les podcasts, il fallait que je le cherche.

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  6. J’y suis passé vendredi soir, et c’était étonnament calme. Même Amélie Nothom n’avait « que » deux ou trois dizaines de personnes en attente devant son stand dédicace pendant qu’Olivier Adam dédicaçait quelques vieux livre rabougris à la couverture cornée. C’est dur dur, semble-t-il lorsque l’on n’a pas d’actu chaude pendant le salon :))

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  7. Merci, je viens de lire le compte-rendu d’Aifelle et j’ai vraiment l’impression de rattraper ce que j’ai manqué grâce à vous… et sans le bruit et la foule ! Dommage pour les achats manqués, j’avais eu la même mésaventure l’année dernière à Lyon avec Craig Johnson dont tous les Little Bird s’étaient envolés ! 😉

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    1. Les petits oiseaux qui s’envolent, ça doit être la conséquence du chapeau de cow-boy de Craig Johnson : il séduit les foules, avec un tel couvre-chef !

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  8. Je rêve d’aller à ce salon et tous les ans, les compte-rendus me donnent encore plus envie ! Mais pas facile de monter à Paris un week-end. Tu as passé une belle journée et je suis hyper jalouse de tous les auteurs que vous avez pu voir, ta fille et toi 😉

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  9. A vrai dire, les lectures de l’imaginaire ont moins de succès que le reste (évidemment!) Et surtout peu ont fait le déplacement, Bragelonne (&Co) n’y étant pas, et les stands des lectures imaginaires ne se déplaçant pas particulièrement pour un tel salon.
    Ma foi, tu as été bien sage dans tes achats, bravo 😉
    Ta cadette t’as suivie toute la journée ? Elle n’était pas trop crevée ?

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    1. C’est une grande cadette, âgée de 16 ans, donc ça tient la route, à c’t’âge-là !
      Et pour les littératures de l’imaginaire, tu as entièrement raison, je l’ai constaté.

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  10. Bonjour Brize, d’abord, j’avoue que je ne connaissais pas encore ton nouveau blog: très bien (j’ai mis à jour mes liens). J’ai eu l’occasion d’aller au salon vendredi soir 18/03 en nocturne: très agréable. Il y a un côté feutré et calme qui fait du bien. Les auteurs ne sont pas assaillis et on arrive à discuter avec eux. Je n’ai pas trop fait de folie mais j’ai eu une signature de Sofi Oksanen, de Jo Nesbo et d’une autre écrivain islandaise dont Aifelle (qui m’accompagnait) m’a dit du bien. En tout cas, tu sembles avoir passé un bon moment sans avoir fait de folie (très raisonnable). Bonne journée.

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    1. Bonsoir Dasola ! Je suis ravie de t’accueillir dans mon nouveau blog 🙂 ! J’aime bien ce que tu racontes du vendredi soir, ce « côté feutré et calme » que je me représente parfaitement, ça m’aurait plu aussi.

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    1. Peut-être y-a-t-il aussi des lecteurs/lectrices timides qui n’osent pas les aborder, dès lors qu’ils n’ont pas le prétexte de la dédicace ?

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  11. j’y étais aussi je ne sais pas si le salon était plus petit que l’année dernière Il m’a semblé bien suffisant et je n’ai pas pu tout faire en ce qui me concerne. Mais je ne suis pas rentrée bredouille C’est amusant de croiser nos témoignages sur cet événement utile

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  12. J’y suis allée aussi mais seulement à partir de 15h30, moment où la foule est la plus intense. J’aurais aimé rencontrer Mourlevat aussi, au moins juste « le voir en vrai ». Je voulais rencontrer Pierre Bordage et je l’ai raté de peu. Déçue !!
    Tiens tiens, cette tablette numérique a l’air vraiment chouette !
    Et j’ai acheté « Oeil de chat » 2 jours après le Salon du Livre (on ne se refait pas). Je n’ai jamais lu Margaret Atwood, j’espère ne pas être déçue.

    Merci pour ton compte-rendu !

    Aimé par 1 personne

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