« Le journal de Yaël Koppman »… chick-lit intello ?

Yaël, la trentaine, célibataire, est prof d’économie en fac. Elle vit à Paris, en colocation avec Eric, homosexuel. Sa cousine, Clara, éditrice, lui propose d’écrire de la chick lit, genre qui connaît un succès indéniable.

Yaël hésite, car elle préfèrerait rédiger un essai au sujet d’Angelica Garnett, la fille de Vanessa Bell, sœur de Virginia Woolf.

Dans son journal, elle raconte ses recherches concernant Angelica et le milieu artistique anglais de Bloomsbury, au milieu duquel la petite fille a grandi.

Surtout, elle se raconte, elle, avec beaucoup de verve : ses difficultés avec sa mère, sa vie de jeune femme avec ses aventures amoureuses, celle de sa cousine Clara et de son ami Eric, ses inquiétudes concernant son avenir avec ou sans mari + enfant etc.

Serait-elle notre Bridget Jones à la française… en un peu plus intello ?

Je vous laisse le soin de répondre à cette question… si du moins vous lisez ce livre, ce que je vous recommande !

Les premières pages m’ont immédiatement accrochée (en plus, j’étais toute fière d’avoir reconnu dans la première phrase du roman un emprunt à l’incipit de « Mrs Dalloway », de Virginia Woolf… même si je n’ai jamais achevé la lecture de cet ouvrage), avec le bilan que Yaël, après avoir lu « Le journal de Bridget Jones », dresse des codes en vigueur dans la chick lit : c’est très marrant !

Ensuite… ça s’est légèrement gâté, pour moi qui ne suis pas une familière du milieu de Bloomsbury, parce que je trouvais le compte-rendu des recherches de Yaël dans ce domaine un peu fastidieux, même si je reconnais que ses découvertes sur Angelica éclairent sa propre relation avec sa mère.

Cette unique réserve mise à part (et qui ne s’étend pas à l’interprétation du roman « La Femme changée en renard », laquelle m’a séduite), j’ai poursuivi avec grand plaisir la lecture de ce roman, très intéressée par la piquante chronique de l’héroïne !

Les observations sont fines (parfois mises en relation avec le « Journal » de Virginia Woolf, ce que j’ai beaucoup apprécié), souvent pétries d’humour (voir, en particulier, la manière dont notre prof d’éco applique sa discipline à la résolution des problèmes domestiques !), les personnages attachants et le rythme enlevé, car la vie d’une trentenaire célibataire n’est pas de tout repos !

Cerise sur le gâteau, l’épilogue nous invite à nous demander (ce qu’on avait déjà entrepris en cours de lecture) quelle est la part du vécu et celle de l’imaginaire dans ce livre plaisant, qui devrait vous faire passer un moment bien agréable !

« Le journal de Yaël Koppman », Marianne RUBINSTEIN

éditions Sabine Wespieser

(réédition d’un article paru le 6/06/2008)

Pour commenter, c'est ici :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Un site WordPress.com.

Retour en haut ↑